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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 13:08


ghost writer-poster

UN FILM DE ROMAN POLANSKI

 

Un auteur (Ewan McGregor) est engagé pour devenir le nègre d’un ancien minsitre britannique, Adam Lang (Pierce Brosnan). Son job : aider l’homme à écrire ses mémoires. Il se rend donc dans sa vaste demeure isolée où il rencontre la femme, la secrétaire et tout le staff de son homme sujet. Mais les choses commencent mal : le prédécesseur de notre nègre est mort de bien mystérieuse façon. Et s’il s’agissait d’un assassinat ? Alors que la rédaction des mémoires avance doucement, une enquête est officiellement lancée contre Adam Lang suspecté d’avoir autorisé l’enlèvement et la torture de ressortissants britanniques par les services secrets américains, au nom de la lutte contre le terrorisme. Lang est-il vraiment coupable ? Alors que son nouveau nègre trouve des archives énigmatiques, tous les doutes sont permis…

 

Il faut d’abord revenir sur le titre du film, The Ghost Writer (équivalent de "nègre" en anglais, vous conviendrez que c’est nettement plus poétique – il y a d’ailleurs tout un tas de jeux de mots autour du « ghost » à savourer en VO). Ewan McGregor campe ce personnage fantôme, dont le travail ne sera jamais reconnu, dont la personnalité compte peu face à son sujet. Sauf que de simple nègre, le jeune homme va vite passer au stade d’enquêteur, cherchant à tout prix à déceler la vérité sur la vie et la carrière d’Adam Lang.



ghost-writer-kim-catrall
 

Jusqu’à quel point les autres peuvent-ils influencer notre vie, notre travail ? Derrière les « héros » visibles se cachent forcément des talents de l’ombre, peut être pas aussi dociles qu’on ne pourrait le penser. Dans The Ghost Writer, personne ne semble vraiment à l’aise avec son statut. Le nègre peine à s’affirmer et fait son détective, l’ex ministre semble largué (il se fait toujours rédiger ses discours, consulte toujours sa femme pour prendre des décisions), la femme de ce dernier se sent délaissée et jalouse sa secrétaire (qui doit probablement de son côté jalouser sa femme). Accumulation de faux semblants, chacun grignote ou pique la place de l’autre.

 

Si quand on y réfléchit bien l’intrigue de ce long-métrage n’a rien d’original ou de novateur, force est de constater que le tout est incroyablement bien ficelé. Du début à la fin, le mystère est entretenu. On oublierait presque même parfois autour de quoi l'intrigue tourne, on est juste scotchés, totalement embarqués dans l’investigation du personnage principal. La réalisation est diablement efficace tout en restant toujours dans la sobriété, le casting est parfait. Voici un divertissement de haute volée qui parvient à instaurer un suspense fou avec très peu de choses (un itinéraire guidé par GPS, un bout de papier qu’on passe de main en main) : Polanski a signé un film qui ne manque ni de souffle, ni d’intelligence. Réjouissant.

 

Film sorti le 3 mars 2010

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 13:02


fantastic mr fox

UN FILM DE WES ANDERSON

 

Mr Fox, sauvage et élégant renard, a promis un jour à sa femme qu’il n’irait plus jamais voler dans les poulaillers. Promesse tenue. On le retrouve des années plus tard, en journaliste, père d’un petit renardeau. Mr Fox rêve d’une vie meilleure, sort de son terrier pour acheter un bel arbre. Mais ses vieux démons refont surface : il a préparé un dernier grand coup qui consiste à piller allégrement les trois fermiers du coin. Il entraine dans son plan son ami Kylie, opossum particulièrement maladroit. Si au début tout roule, les fermiers vont finir par identifier Fox et tout faire pour mettre fin à sa vie…

 

Film d’animation, image par image, adapté de l’œuvre de Roald Dahl, Fantastic Mr Fox enchante directement ses spectateurs par une esthétique à la fois ancienne et moderne, toujours somptueuse, unique, poétique. Conçu pour séduire le plus grand nombre, ce long-métrage ludique charmera aussi bien les enfants que les adultes avec ses personnages attachants, rigolos (on est pas prêts d’oublier Kylie et ses gros yeux), son intrigue assez simple dotée d’une belle morale (valeurs familiales, hymne à la tolérance) mais aussi son humour ravageur.

 


george-clooney renard

J’avoue ne pas être un grand fan de Wes Anderson dont les films à la coolitude extrême génèrent souvent chez moi un rejet. Fantastic Mr Fox est indéniablement le film de la réconciliation, qui malgré son charme calculé finit toujours par nous emporter. Mr Fox est un personnage certes branché (il a ses tics, sa « marque de fabrique », est toujours parfaitement habillé) mais jamais creux. Le film questionne les instincts sauvages du renard, montre l’envie d’évasion d'un homme posé qui a besoin de retrouver l’ivresse de sa jeunesse, de se lancer dans une grande aventure. Mr Fox redevient ainsi un ado fou, prêt à risquer sa vie pour quelques bouteilles de cidre.

 

L’œuvre est avant tout une chronique familiale très tendre. Elle sonde le couple, le rapport aux enfants (très intéressante rivalité entre le fils de Fox –dit « différent »- et son cousin qui est le chouchou de tous, qui lui vole sans cesse la vedette et lui donne ainsi de nombreux complexes), les concessions qu’impliquent la vie de famille, la frustration et les richesses personnelles qui vont avec. Il faut absolument voir le film en version originale pour se délecter des voix de George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray et tous les autres. En effet, je me suis rarement laissé autant bercer par des voix. On retrouve un plaisir enfantin, à se laisser conter une histoire, à découvrir un univers original, inconnu, plein de couleurs et de fantaisie. Un véritable must pour toute la famille, avec en bonus une vraie réflexion sur la différence, assez osée (le fils de Mr Fox aime parfois s’habiller comme une fille…). Craquant.

 

Film sorti le 17 février 2010

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 14:03


amer-poster
Copyright : Zootrope Films

UN FILM DE HELENE CATTET ET BRUNO FORZANI

 

Une vaste villa de la Côte d’Azur, la nuit. Une petite fille a peur. Ses parents s’engueulent au sujet de la bonne, qui a recommencé quelque chose. Mais qui est donc cette bonne toute vêtue de noir, aux accessoires bien étranges ? Une sorcière ? Une tordue nécrophile ? Tout reste ouvert, et ce n’est qu’un début. Ainsi sera l’univers d’Amer. Dès les premières minutes, on plonge dans une ambiance extrêmement oppressante, on est invités à se mettre à la place de cette petite fille qui avance et angoisse vers l’inconnu. Ca zoome, ça dézoome, on s’approche, on s’éloigne, on se focalise, on replace les choses comme on peut dans leur contexte. Difficile de ne pas être intrigué, le voyage s’apparente à un énorme labyrinthe qui sera forcément ouvert aux interprétations les plus folles. La petite fille descend, retrouve son grand père mort, elle se cache sous son lit. Il y a une étrange matière blanche au sol. Matière qu’on avait déjà plus ou moins aperçue auparavant. Est-ce de la cocaïne ? Non, on pencherait plutôt pour du verre. On croit bien d’ailleurs à un moment que la fillette se charcute jusqu’au sang. Et puis soudain on a plutôt l’impression qu’il s’agit de sperme…Vous l’aurez compris, il y a matière à partir dans de nombreux délires, fantasmes. Et quand une enfant est déjà angoissée et traumatisée à ce point, la suite ne pourra être autre que terrible.

 

Amer fait rimer désir et cauchemar, plaisir et souffrance. La petite fille découvre la sexualité en voyant ses parents en pleine étreinte. Le sexe apparaît comme quelque chose d’étrange, de secret, d’effrayant. Premier tour de force du duo de réalisateurs : nous ramener à des sensations qu’on ne pensait plus pouvoir retrouver. Leur exploration de l’enfance est incroyablement troublante, réveille des souvenirs enfouis, des traumatismes potentiels, de vieilles peurs qu’on pensait avoir surmonté mais qui face à l’écran resurgissent. Sensation dérangeante, connivence immédiate. L’œuvre a pour parti pris de se passer globalement de la parole. Les dialogues doivent tenir sur une page à tout casser. Tout passera par les images, les sons, la musique. Ce qui frappe alors qu’on assiste à cette séance, c’est la foi qu’ont les cinéastes en le septième art. Leur référence semble être le cinéma bis italien des années 60/70, le giallo en particulier (je ne connaissais pas ce genre avant de voir le film, maintenant je suis curieux). Sous nos yeux se déploie un univers très codé mais en même temps d’une liberté inespérée. Il y a là une audace, un style qui force l’admiration, un univers, un regard. Amer est le genre de film que j’ai envie d’aimer très fort car il décuple chaque émotion, car il ne se refuse absolument rien. Combien d’artistes peuvent dire aujourd’hui qu’ils ont été au bout de leur projet, de leur envie, sans compromis ? Voici une proposition de cinéma folle, radicale, à la frontière de l’art expérimental. Nul doute que cela en rebutera plus d’un, qu’il y aura des malheureux qui ne trouveront pas la porte d'entrée et passeront un sale moment. Mais pour les autres, le plaisir sera quasi total.



amer film-giallo
 

Je dis quasi-total car il faut bien admettre que par moments le film souffre de quelques longueurs. Mais quelles longueurs en même temps ! Chaque plan rend fou, subjugue par sa beauté formelle, ses intentions floues mais ô combien universelles. Amer est avant tout une question de regards. On ne compte plus les gros plans sur les yeux des trois actrices incarnant le même personnage féminin à trois étapes de sa vie. Un regard curieux, vif et souvent effrayé. Nos yeux nous font voir le monde, nous offrent des images. Mais notre esprit peut tout transformer, déformer. Et si nous pouvons observer la beauté du monde, nous enivrer, le regard des autres ou notre propre regard sur nous-mêmes peuvent s’avérer fatal. Le regard d’une mère autoritaire face à son enfant, le regard d’une mère soudain menacée par la beauté insolente de sa progéniture devenue adolescente, le regard troublant des hommes qui perturbe dans le bon comme dans le mauvais sens. Rarement un film aura si bien traduit les paradoxes du désir, exploré ses extrêmes. Rarement œuvre de cinéma aura autant été sensorielle. C’est un voyage des sens à en perdre la tête.

 

Si les artifices ne manquent pas, si tout est stylisé à l’extrême, si le projet prend à maintes reprises la pose, c’est pour mieux nous étourdir. Tout apparaît comme excessivement calculé mais en même temps on ne peut résister à la force des plans. La claque cinématographique est là, on est face à deux réalisateurs en totale maitrise de leur art. Et attention, ils ont en plus l’air d’être en totale roue libre. Il n’y a alors plus aucune limite. Certes, Hélène Cattet et Bruno Forzani sont loin d’être les premiers à faire un film concept, à nous embarquer dans un trip expérimental. Mais à cette aventure, ils sont parvenus à donner une dimension pop et se jouent des genres avec une malice peu commune. Une fois devenue ado puis femme, leur héroïne sera plus sexy que jamais et quelques délires seront autorisés. L’opposition subtile et bitchy entre la mère et la fille, la façon de filmer avec une envie folle la poitrine et les formes pulpeuses du personnage principal : on sourit, on s’amuse, on se régale !



amer forzani
 

Définitivement attirée et terrorisée à la fois par le sexe opposé, la fille d’Amer ne cessera plus d’envoyer des signes contradictoires, de se perdre entre fantasme et réalité. Et plus elle grandit, plus elle s’enfonce dans la névrose, se perd dans ses cauchemars, s’oublie. Un monstre veut sa peau, la rattrape toujours alors qu’elle commence à fantasmer. Ce monstre c’est les autres. C’est les hommes. C’est elle-même. Que le sexe est beau, excitant (les bouches des hommes, leurs gestes, la tension érotique de leur regard, leurs gants en cuir, leurs grosses voitures rouges, leurs cigarettes avec l’épaisse fumée qu’elles génèrent) mais comme il peut aussi salir, renvoyer à une image de nous-mêmes peu flatteuse, insupportable pour peu qu’on ne s’assume pas, qu’on ne se connaît pas. L’œuvre finira comme elle a commencé : dans la villa de l’enfance. La petite fille est devenue femme, la demeure est abandonnée, presque hantée, les peurs sont les mêmes (en pire). L’issue ne peut être que tragique. Je suis ressorti de la salle de cinéma complètement retourné. Avec dans la tête des images inoubliables, des sensations indescriptibles, des musiques entêtantes, des bruits. Tout n’a pas forcément été une partie de plaisir, j’ai eu parfois très peur, je me suis parfois senti très mal, dans une position inconfortable. Mais j’ai aussi ressenti une étrange jouissance. Bref, je me suis senti en phase avec cette fille, cette femme. Et quand je repense à Amer, je pense juste à une énorme baise. Ca peut parfois faire mal, il y a des moments où on s’ennuie un peu mais c’est pour mieux finir par jouir, par perdre la tête, ressentir un truc dingue, inexplicable. Assurément le meilleur coup de l’année.

 

Film sorti le 3 mars 2010

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 13:54


nuit-morts-vivants-film-dvd

UN FILM DE GEORGE A. ROMERO

 

Barbra  (Judith O’Dea) et son frère Johnny ont fait un long voyage pour poser une gerbe de fleurs sur la tombe de leur défunt père. Si Barbra se recueille avec émotion, Johnny n’a qu’une hâte : rentrer chez lui. Il s’amuse à faire peur à sa sœur alors qu’un inconnu se dirige vers eux. Mais l’inconnu en question est un mort vivant qui saute rapidement sur Johnny. Paniquée, Barbra laisse son frère derrière elle et fuit le plus vite et le plus loin possible. Elle se réfugie dans une maison inhabitée où traîne un cadavre. Puis elle fait la rencontre d’un jeune black, lui aussi en fuite : Ben (Duane Jones). Alors que ce dernier s’active à barricader les lieux et à tenter de trouver des solutions pour survivre aux morts vivants qui s’accumulent à l’extérieur, Barbra perd peu à peu la tête. D’autres personnes sont présentes dans la maison : un certain Harry Cooper (Karl Hardman) sort de la cave où il s’était réfugié avec sa femme, sa petite fille blessée et un jeune couple du coin. Alors que la menace des morts vivants est de plus en plus imposante, les tensions entre les survivants se multiplient…

 

Film culte absolu, tourné avec peu de moyens, La nuit des morts vivants s’est imposé avec le temps comme un chef d’œuvre du film de genre. Si les effets de l’époque ne terrorisent pas forcément comme auparavant, l’ambiance reste intacte. Une ambiance curieuse, avec un noir et blanc qui capte toute la fureur de la nuit et donne à l’œuvre un côté étrangement fantomatique. On trouve de nombreux gros plans, aussi esthétiques que terrorisants, qui s’impriment dans les mémoires à jamais. Très vite, le film tourne au huis clos, et la tension sera aussi forte à l’extérieur qu’à l’intérieur de la maison.



nuit-des-morts-vivants-ben
 

Contraints de cohabiter ensemble le temps d’une nuit, des inconnus vont espérer survivre. Mais dans un climat considérablement tendu, chacun révèle ses propres failles. Barbra aurait pu être l’héroïne du film : c’est elle que l’on suit dès le départ, c’est avec elle qu’on plonge dans cette nuit cauchemardesque. Mais plutôt que de dompter sa peur, elle se laisse tomber dans la folie, devient un véritable légume. C’est plutôt Ben qui va s’imposer comme le héros inattendu de l’histoire. Pour l’époque (la fin des 60’s), désigner un black comme héros est un acte assez politique de la part de Romero. Les rapports entre Ben et les autres seront d’ailleurs toujours plus ou moins teintés d’un racisme latent. La confrontation entre Ben et Monsieur Cooper (qui représente en quelque sorte l’américain beauf de base) aura bien lieu. Et plutôt que de s’entraider pour leur survie, les deux hommes ne cesseront de se provoquer et de se détester.

 

A quel point une situation de crise peut modifier le comportement humain ? Quelles conséquences désastreuses peut avoir la peur de la mort ? Chacun réagit à sa façon (folie, maladresse fatale, excès d’autoritarisme, égoïsme). En plus d’être un film de genre palpitant et très réfléchi dans sa mise en scène, La nuit des morts vivants est également un film social assez impitoyable, un point de vue très pessimiste sur la société américaine. En témoigne la fin injuste au possible où les humains sont dépeints dans le générique comme des monstres semblables aux morts affamés qu’ils combattent.

 

Film sorti en 1968

Disponible en dvd dans la collection Vintage Classics éditée par Wild Side.

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Instants DVD
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 07:28


eastern-plays poster

Aujourd’hui, mercredi 10 mars, sort sur les écrans le film Eastern Plays. Un premier long très prometteur, à voir et ressentir. Je vous invite à lire mon billet sur le film que j’avais vu à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Mais surtout, cette sortie en salles est l’occasion pour moi de partager avec vous un titre de la bande-originale (qu’on peut entendre dans la bande-annonce) et que j’aime particulièrement. Il s’agit du morceau Lady Song de Nasekomix. Enjoy.



Par Voisin Blogueur - Publié dans : Agenda
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