Mercredi 28 juillet 2010
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UN FILM DE MANUEL PRADAL
Julien (Nicolas Duvauchelle) squatte avec son petit frère Louis (Steve Le Roi) une
péniche au cœur de Paris. La péniche appartient à leur père, un père absent qui ne les a d’ailleurs jamais reconnu et qui est sur le point de mourir à l’hôpital. Les deux garçons espèrent hériter
de ce qui constitue leur seul refuge depuis un bon moment. En effet, Julien et Louis ne survivent que grâce à de menus larcins.
Julien (la trentaine) , voyou, n’hésite pas à entrainer son frérot (à peine sorti de l’enfance) dans ses mauvais
coups. Sa nouvelle mission : dérober l’œuvre « La blonde aux seins nus » d’Edouard Manet, exposée au Musée d’Orsay. Il y a quelques centaines de milliers d’euros à la clé…C’est
Louis qui se charge du vol mais il est suivi par l'une des gardiennes. Cette dernière s’appelle Rosalie (Vahina Giocante) et va se faire kidnapper. Commence alors un périple plus
ou moins dangereux sur l’eau. Rosalie se révèlera ne pas être une prisonnière ordinaire : elle proposera aux deux frères son aide, désireuse de se joindre à leurs combines, ravie de mener
une nouvelle vie faite d’aventure, loin de son bourgeois de père…Cette belle inconnue qui ressemble mystérieusement au tableau de Manet est-elle sincère ? L’opération
fonctionnera-t-elle ?
Paris de carte postale, les bords de Seine, un casting hot…Etrange « river movie », La blonde aux
seins nus avance en eaux troubles sans que l’on parvienne vraiment à cerner de quoi il est question, vers quoi on se destine à dériver. Il y a en tout cas du désir et de la sensualité
dans l’air…Nicolas Duvauchelle, plus bad boy et chaud que jamais et Vahina Giocante dans un nouveau rôle de bombasse allumeuse forment un duo particulièrement
sexy. Et les deux acteurs parviennent toujours à rendre attachants leurs personnages frôlant la caricature. Celui de Rosalie en particulier : blonde un peu bête, aux répliques parfois
imbrobales (quelle vision de la femme !)…Vahina Giocante nous livre un véritable festival : on la voit ivre, nue, aguicheuse, tentant d’être mystérieuse, maternelle aussi…
Progressivement l’histoire de vol passe au second plan, Manuel Pradal semblant plus soucieux de
délivrer un film sur la famille. Julien et Louis n’ont reçu de leur père que des coups, leur mère est morte. Ils forment une famille fusionnelle à deux. Rosalie pour sa part vient d’un milieu
plus aisé mais a l’impression de faire constamment tapisserie face à un père indifférent, et sa mère est elle aussi disparue…Ces trois personnages vont être amenés à former une sorte de famille
de substitution. Rosalie se plaira à emprunter dans la péniche les tenues de la défunte mère de Julien et Louis. Elle essaiera d’instaurer avec ce dernier un rapport maternel tandis qu’avec
Julien, elle essaiera de prendre le rôle de l’épouse. Pas facile : Julien jouant constamment les durs et Louis entrant en plein dans l’adolescence et tombant amoureux d’elle. Il va y avoir
de la rivalité.
D’une certaine beauté formelle, doté d’une atmosphère particulière (le long voyage sur l’eau n’y est pas pour rien) ,
La blonde aux seins nus est un agréable divertissement familial, ni plus ni moins. Assez calibré (certaines scènes d’émotions faciles ou effets un peu ringards pointent de temps en temps le bout
de leur nez) , un peu dispersé, le divertissement séduit pourtant sur la durée grâce à des personnages excessifs mais attachants. Un voyage en péniche, ça ne se refuse jamais , non ?
Film sorti le 21 juillet 2010
Autre film de Manuel Pradal : Un Crime
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