UN FILM DE GERARD DAMIANO
« Au commencement est la naissance. A la fin, la mort. Entre les deux, nous l’appelons la vie », nous dit un panneau en introduction du film. Odyssey nous entraine dans un club la nuit où deux couples prennent un verre. Charlie et sa copine s’engueulent. Rien ne va plus entre eux depuis quelques temps : ils ne couchent plus ensemble, n’ont plus de désir l’un pour l’autre. Un exemple parmi tant d’autres, le film nous montrant plusieurs femmes se livrant lors de thérapies. Chacune s’interroge face à son identité, face à la représentation honteuse du sexe qu’on leur a inculqué. Certaines oseront aller au bout de leurs envies, d’autres se contenteront du fantasme…Sexe et culpabilité : vaste dossier, exploré ici dans un New York Underground.
Comme beaucoup de films de Gerard Damiano, Odyssey est loin d’être un simple film porno. S’alternent ici scènes de cul et moments de réflexion. Dès le plus jeune âge, on nous met dans la tête que le sexe hors mariage, hors couple, est quelque chose de sale, de déviant. Et même si une fois adulte, on découvre que l’on peut jouir sans engagement, il reste toujours un zeste de mauvaise conscience, de culpabilité. Cela vaut pour les hommes comme pour les femmes même si ces dernières sont, il faut bien l’avouer, encore plus touchées par la chose (on ne reviendra pas sur le fait qu’un mec qui couche avec pleins de filles est un « tombeur » et qu’une fille qui couche avec pleins de mecs est une « salope »).
Damiano montre des femmes prisonnières d’une certaine morale. Elles restent avec des hommes qui ne leur donnent pas de plaisir, s’interdisent des rapports charnels, acceptent la frustration…avant d’exploser. Elles se mettent alors à se masturber pendant qu’un autre couple couche à côté d’elles, à fantasmer sur des rapports SM ou des caresses lesbiennes, à goûter au X ou à la prostitution. Nous suivons plusieurs itinéraires, plutôt bien croqués et débordant de sensualité. Il est avant tout ici question d’identité, d’image. Nos désirs font parfois désordre avec la bonne image qu’on veut se donner de soi. Des femmes avouent vouloir être dominées, n’être que des objets sexuels. Mais comment gérer la culpabilité après l’orgasme procurée par un beau maitre en cuir ?
Il n’y a pas que les femmes qui s’interrogent. On trouve le personnage masculin de Charlie qui n’a plus de rapport avec sa copine et qui finira dans un bordel. La seule chose qui l’excitera sera de voir une femme et un homme déguisés en l’autre sexe. Homosexualité refoulée ? Possible. La copine de Charlie sera d’ailleurs présente dans ce bordel et se révèlera comme une sorte de « Belle de jour ». Pour mieux jouir vivons cachés ? Faut-il adopter une double vie pour avoir à la fois plaisir et stabilité ? Le film ne donne pas de leçons de morale, offre quelques pistes intéressantes et aussi un dénouement assez cruel. Troublant.
Disponible en DVD chez Wild Side depuis le 8 avril 2010 dans la collection L’âge d’or du X Américain
SUPPLEMENTS DVD
Un passionnant reportage intitulé L’Odyssée sexuelle de Sharon Mitchell. L’ex star du porno nous raconte sa carrière, sa vie. Comment elle a aimé découvrir l’univers du x mais aussi comment elle est tombée dans la drogue, a été agressée, violée…avant de se battre, de reprendre ses études et diriger une fondation pour aider les gens atteints du SIDA. Très beau portrait.
Lire aussi : Debbie does Dallas, Devil in Miss Jones
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager










Derniers Commentaires