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Tadah ! Ciné club

Dans mes oreilles


 



De gauche à droite et de haut en bas :
White Fence, James YuillArlt, Memoryhouse
Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 22:24


Crédit Photo : Pyramide Distribution


Une tragédie familiale, un film social anglais ? La guitare éléctrique triste nous laisse présager qu'Irina Palm ne sera pas La Mélodie du Bonheur. Un petit garçon gravement malade, pas assez d'argent pour le soigner : autour de la brave et veuve Maggie , le monde s'effondre. Pour sauver son petit fils, elle va accepter un poste d'hotesse assez particulier puisque celui-ci consiste à masturber des hommes à travers un glory hole. Sam Gabarski évoque avec tendresse un sujet graveleux et ne tombe jamais dans le voyeurisme. Ne comptez pas voir le zizi sortir du trou ! Si ça avait été le cas, Marianne Faithfull aurait décliné le rôle, dixit ses propres propos. Marianne Faithfull, parlons-en. Ancienne icone pour avoir fricoté avec Mick Jagger et sombré dans la drogue, la miss à la voix délicieusement rauque s'empare complètement du rôle. Look de Madame Pipi, attitude coincée...elle nous réserve de bons moments de franche rigolade dans son rôle de Irina Palm. Mais si les passages dans le bar érotique où travaille Maggie réservent d'agréables moments entre tragique et comique, les passages en famille s'avèrent assez lourds. Comme on pouvait s'en douter, les activités de Maggie (devenue la meilleure masturbatrice de la ville) vont être révélées et faire scandale dans sa famille. Dans le scénario comme dans la réalisation, on regrettera que Sam Gabarski soit resté si académique et nous livre un film si linéaire. On a l'impression qu'il ne va pas au bout de ses idées et la fin,un brin convenue,déçoit un peu. A voir pour Marianne.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 22:02


Crédits Photos : Bac Films


Ils s'appellent Ismaël, Julie et Alice. Ils sont jeunes, se baladent énergiquement dans Paris et vivent près de la Place de la Bastille. Dans les rues, près d'eux, des gens de tous les jours, des clochards, une affiche du Parti socialiste déchirée. En fond, des marins. En fond, des références : il y en a toujours dans le cinéma de Christophe Honoré. 17 fois Cécile Cassard laissait ainsi place à un numéro inattendu et ensoleillé où Romain Duris reprenait la chanson du Lola de Demy. Avec Dans Paris, notre réalisateur-écrivain-scénariste-auteur de pièce de théâtre filmait la capitale tel un musée du cinéma post Nouvelle Vague, tout en faisant chanter Romain Duris et Joana Preiss afin qu'ils se déclarent avec pudeur leur amour. Dans Les chansons d'amour, la référence à Demy est claire de par son découpage en trois parties identique à celui des Parapluies de Cherbourg. Et puis Ludivine Sagnier décolorée en blonde évoque Deneuve. Louis Garrel reprend quelques mimiques à la Léaud tout en apportant sa touche personnelle... Le cinéma de Christophe Honoré, certains le qualifient d'un vulgaire copier/coller de la Nouvelle Vague. un cinéma pompé sur Truffaut, Godard et consorts. Qu'ils retournent dans leur dictionnaire et cherche la signification du mot "influence" ou "référence". Car si le réalisateur déclare sans complexes son amour à la période de l'âge d'or du cinéma français, il possède bel et bien sa propre façon de filmer et une véritable personnalité. Les chansons d'amour confirme ce désir d'un cinéma libéré, tourné dans l'urgence avec tout ce que cela peut apporter de justesse et de fraicheur.


Mais de quoi ça parle au juste ces Chansons d'amour ? C'est l'histoire d'Ismaël (Garrel) et de Julie (Ludivine Sagnier). Ils sont ensemble depuis 8 ans, il est adoré de sa belle famille et fait marrer tout le monde...mais leur couple bat de l'aile. Depuis un mois, ils testent un ménage à trois avec Alice (Clothilde Hesme) , une collègue de bureau d'Ismaël. Voilà pour planter le décor. Au début, on hésite à rentrer dans le film : se mélangent moments d'un cinéma touché par la grâce (lors des chansons De bonnes raisons ou Je n'aime que toi) et scénettes maladroites (début de la chanson La Bastille). Mais ,très vite, le spectateur est susceptible de tomber follement amoureux du film. Car on a l'impression de se balader avec les personnages dans les rues populaires de Paris, de partager leur intimité dans leurs petits appartements. Les scènes avec le trio Garrel/Sagnier/Hesme se révèlent jubilatoires et les dialogues font mouche. De même, aucun second rôle n'est sous exploité. Les scénes parlées et les scènes chantées se succèdent avec brio, de façon assez magique. Ca fonctionne. Peut-être parce que les paroles des chansons nous touchent, peut-être encore parce que Christophe Honoré les exploite d'une formidable façon. Les passages " en chanté" ne sont pas là pour faire joli, ils dévoilent les sentiments profonds des personnages, ce qu'ils ne sauraient dire en parlant normalement, leurs pensées intimes. Et par la chanson, on peut faire passer des tas d'émotions, le réalisateur l'a compris et utilise avec malice la recette. Les chansons du film nous émoustillent, nous transpercent. La caméra légère, on trouve le spectacle plaisant.


Et puis Boom, survient la mort de Julie. Dès lors, le film prend un grand tournant. L'ivresse de la jeunesse laisse place au deuil. Et le deuil, Christophe Honoré ça le connait : de 17 fois (mari mort) à Dans Paris (soeur décédée) en passant par Ma mère (père mort) ou encore son téléfilm Tout contre Léo (mort annoncée), le réalisateur a toujours placé un cadavre quelque part. La mort de Julie donne une dimension dramatique au film mais la magie ne s'éteint pas. Jusqu' à son final, le film sera touché par la grâce , parfait de bout en bout. Si Ludivine Sagnier n'est plus à l'écran , elle hante tout le monde, le spectateur compris. Sa réapparition pour la chanson Si tard est à tomber à la renverse tant le plan de Garrel pleurant et avancant dans le noir avec elle bloquée au loin est sublime. Face au deuil , les réactions varient : on fuit le problème ou on l'affronte. Chacun cherche à se reconstruire , parfois maladroitement au point de se détruire. La soeur de Julie ,interprétée par Chiara Mastroianni, se révèle alors être un personnage particulièrement touchant. Et l'introduction inattendue et légère du jeune breton Erwann (Grégoire Leprince-Ringuet) dans l'intrigue vient une fois de plus chambouler le scénario. Car la vie est imprévisible, car l'amour tombe quand on ne s'y attend pas. Légèreté et gravité cohabitent encore et encore, le jeu de Garrel s'étoffe, l'androgyne Alice cède sa place au prince charmant blond. Honoré nous offre un film ouvert, sensible et sans tabous. Un long-métrage où l'homosexualité est filmée avec bon goût et une rare tendresse. Dans la grisaille de Paris, les coeurs s'ouvrent, se ferment, se parlent.


Un film qui vous fait rire, rêver, vous sentir léger, qui vous donne la chair de poule, vous fait même pleurer par la beauté de ses scènes et la justesse de son histoire : ça existe et ça s'appelle Les chansons d'amour. Un grand film est dans les salles, une histoire universelle qui fera vibrer les cinéphiles pendant quelques temps (sinon longtemps). Dans Paris était mon film français préféré de 2006, en 2007 je n'ai pas pu trouver de films aussi sublimes que celui-ci. Je suis amoureux. 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 21:57


Crédit Photo : La fabrique de films


Sarah Polley passe à la réalisation et s'attaque à un sujet fort : la maladie d'Alzheimer. Avec en tête d'affiche la mythique Julie Christie, l'actrice canadienne qui a souvent témoigné d'une délicieuse pudeur dans ses rôles nous révèle qu'elle est tout aussi pudique derrière la caméra. Une femme qui perd de plus en plus sa mémoire et qui du coup en vient à oublier son grand amour : il y avait de quoi faire un long-métrage ultra pathos. Au final, il n'en est rien et c'est la justesse qui est de mise. Dans le décor froid du Canada, au milieu de l'éphémère neige (comme la mémoire du personnage de Fiona?) , une vie s'achève puis recommence. Plongé dans un centre hospitalier peu chaleureux, le spectateur s'attache aux personnages et ressent une douce émotion. Oui, Loin d'elle est un film doux et sentimental. Une belle oeuvre sur le temps qui passe et les choses qui se perdent. Certains seront peut être rebutés par les quelques lenteurs du film mais honnêtement çela vaut la peine de les "supporter". Un sujet rare au cinéma pour une nouvelle réalisatrice qu'on espère retrouver très vite.

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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 21:35


Source Photo : edenville.wordpress.com


Le film s'ouvre sur une usine. La situation est atypique : le patron a laissé les clés aux ouvriers et s'en est allé. On ne comprend pas trop bien ce qui s'est passé. Suit un plan du désert , le sable est recouvert comme par une onde mystérieuse : fumée ? nuages ? lumière du soleil ? En tout cas cette "onde" fait changer le paysage. Puis, on découvre une famille, celle que l'on va suivre tout le film durant. Patron d'usine (tiens,tiens), femmes frustrées et renfermées sur elles-mêmes, jeune fille qui ne parvient pas à enlever l'image de son père comme celle de l'homme idéal, fils qui parade avec ses amis, en plein dans l'âge bête. Nous sommes au coeur d'une famille bourgeoise qui semble moyennement épanouie mais qui au moins sait où elle en est. Et puis il arrive. Lui, le visiteur. Un homme venu d'ailleurs, on ne sait pas vraiment d'où. Il a la beauté mystérieuse et venimeuse de la jeunesse. A peine planté dans le décor, il va tout remettre en cause , malgrè lui. Chaque personnage qui y est confronté est épris d'un violent désir. Un désir pas facile à assumer puisqu'il inclut de s'accepter soi-même dans le fond.
Mais ils vont tous plus ou moins passer à l'acte. Car on ne résiste pas longtemps au magnétisme sexuel d'une si étrange créature.

La montée du désir, Pasolini l'insuffle à merveille. La tension sexuelle qui plane sur son Théorème donne le vertige au spectateur. Le réalisateur n'a peur de rien et s'obstine à filmer l'entre jambe de son "héros" , livre quelques plans fétichistes et aborde le thème de l'homosexualité, l'air de rien. Qui est donc ce visiteur interprété avec une ambiguité sans faille par Terence Stamp ? Chacun est libre de faire sa propre interprétation. Apparition divine ? Possible puisqu'il va au fond révéler à chacun sa nature profonde, ses angoisses. Mais en même temps, il libère les gens en les amenant au pêché charnel...Comme le désert sous influence, les personnages basculent, se perdent, se trouvent. Aux côtés de leur nouvel ami, ils éprouvent tous un sentiment de plénitude, une excitation sans bornes. Comme cette sensation bizarre lorsque l'on a un coup de foudre ou lorsque l'on s'apprête à faire l'amour pour la première fois. Et quand on aime et désire si fort, on voudrait bien sûr que cela ne s'arrête jamais. Pas de chance : le visiteur va s'en aller du jour au lendemain, laissant tout le monde face à ses propres quêtes spirituelles. Son départ va provoquer un séisme et c'est peu de le dire : qu'ils deviennent plus bons ou qu'ils se renferment de l'intérieur, les personnages ne parviendront pas à retrouver le bonheur ultime qu'ils avaient connu avec ce garçon sexuellement ambigu. On remarquera même que l'espoir de le retrouver est de tous les plans, les nouveaux personnages apparaissant ayant tous un je ne sais quoi qui nous le rappelle, lui.
Oeuvre aussi provocante que spirituelle, Théorème est un dépucelage cinématographique en règle. Pasolini livre un film obsédant duquel on ressort particulièrement sonné. Plénitude cinématographique.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 21:29


Crédit Photo : Fox


En 2057, le soleil se meurt , les coeurs sont glacés. 7 hommes et femmes embarquent pour l'espace à bord du vaisseau Icarus 2. Ils sont passionnés, volontaires, prêts à tout pour mener à bien leur mission. Malgré l'échec de Icarus 1, dont l'équipe n'est jamais revenue, ils y croient et espèrent remettre un peu de chaleur dans le monde. Mais comme vous vous en doutez, les obstacles ne vont pas manquer...


Quiétude au milieu des étoiles. La serrenité est de mise au début du film.  Le Capitaine Kaneda admire le soleil, semble fasciné, attiré. Il semble déjà prêt à jouer avec le feu. A bord, on repère quelques tensions bien viriles mais on se dit qu'il n'y a rien de bien important. Et puis ,petit à petit, ça dégénère. Trahisons, interrogations, choix aussi cruciaux qu'insoutenables : le rêve de changer le monde devient un cauchemar face auquel on se sent bien impuissant. Car l'homme, aussi idéaliste puisse-t-il être, n'est en fait que poussière. Des étoiles filantes.


On sent le film de studio mais on admire la beauté visuelle de l'entreprise. Danny Boyle nous offre un voyage d'une grande beauté et il a bien choisi son casting. Cillian Murphy et Chris Evans sont particulièrement convaincants et leur jeu dépasse largement les performances des pseudos films de science fiction peuplés de gros bras débiles. Côté suspense, Sunshine marche toutefois assez moyennement. Peut-être parce qu'il reste toujours cette froideur des personnages (opposition au soleil?) et tout ce charabia technique qui pour les non initiés finit par un peu lasser. Oui, on finit par être un peu indifférent à la mission. On sent que ça va mal tourner, qu'ils vont tous finir en cendres. Mais si on décroche côté mission, le spectacle visuel nous tient un peu en haleine et s'accompagne de réflexions intéressantes. Diagnostic du genre humain, des peurs et des espoirs, des questions existentielles que nous avons tous eu : Sunshine est plus réfléchi qu'il n'y parait. Si les rebondissements sont parfois maladroitement amenés, si le côté métaphysique n'est pas assez creusé et exposé, on ne peut nier qu'il y a là quelque chose. Certains jubileront, crieront à un futur chef d'oeuvre, d'autres resteront comme les héros du film : impuissants. Impuissants et inaptes à rentrer dans ce long-métrage qui a du mal à choisir entre blockbuster calibré et parfois tape à l'oeil et film de science fiction d'un auteur inspiré. Le genre de film qui fait débat à la sortie de salles.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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