Le blog musique

Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 12:59


komakino_project_album.jpg

Etrange sensation à l’écoute de The struggle for Utopia, premier album de Project : Komakino. Une formation anglaise, menée par un certain Kris Kane et sur laquelle plane inévitablement l’ombre de Joy Division (le titre même du groupe est une référence à la bande de Ian Curtis). Mais il serait bien triste de rester sur un à priori et de décréter que ces mecs-là ne sont qu’une pale copie de plus. Il suffit de tendre un minimum l’oreille alors que l’imparable Nebula déploie sa noirceur entêtante. C’est à la fois entrainant et d’une tristesse sans nom. N’importe quel amateur de new wave ne pourra pas résister longtemps. Et les autres non plus, qu’ils soient nostalgiques de l’âge d’or de ce genre musical ou qu’ils le découvrent par hasard.

 

The struggle for Utopia surprend par son extrême maitrise et place la barre très haut. Les titres excellents se succèdent. L’instrumental KV-1 est déconcertant : on ne sait pas si on flotte ou si l’on tombe doucement dans un gouffre. Si on a envie de se laisser entrainer ou de sombrer. Project : Komakino réussit l’exploit assez rare de combiner son exigeant, recherché, et mélodies irrésistibles qui restent très vite en tête (les très beaux refrains de Nebula et Civility, la grâce fragile de Walking on glass en sont de parfaits exemples). D’autres morceaux nous scotchent en cour de route comme Age of satisfaction et son solo électrique à couper le souffle ou Temple et ses échappées légèrement noisy. Un trou noir sonore. Une musique furieuse, vénéneuse,  qui donne envie de bouger sur une ambiance de fin du monde.  Project : Komakino délivre un sacré coup de maitre dès son premier essai. Si les concerts suivent, nul doute que le succès pourrait être au rendez-vous. Page Myspace de Project : Komakino.

En bonus le clip de Nebula :




Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 20:40



sheraf no gatecrasher

Après un premier disque intitulé Just a boy, Sheraf a sorti en septembre 2009 son deuxième album, No Gatecrasher. Peu de chance que vous en ayez entendu parler, le disque n’étant physiquement pas disponible à la vente en dehors du Havre (où Sheraf vit et compose). C’est après avoir lu une chronique intrigante dans la revue Magic que je me suis empressé d’aller découvrir sa page Myspace. Le premier titre se lance, il s’agit de No Gatecrasher. Coup de foudre. Ca commence comme une boite à musique, un morceau pop et mignon, avant de totalement nous emporter. Où ? On ne sait pas bien tant les genres et les influences se mélangent. Mais ce qui débutait avec une belle mélancolie se termine avec un air entêtant en diable qui donne juste envie de sauter et de chantonner jusqu’à la fin des temps. Inutile de préciser que ce morceau n’est pas prêt de me lâcher, sa savante composition créant une addiction quasi-immédiate. Voix masculine presque désinvolte, un accent frenchy sur des paroles anglaises qui devient vite irrésistible…Quand on a une pépite pareille sur un disque, on ne peut éviter la fatale question : le reste est-il à la hauteur ?

 

Sheraf semble bien décidé à nous emmener dans un univers complexe, aux multiples couleurs et émotions. The light , titre down tempo aux influences trip-hop, nous laisse sur un beau vague à l’âme. Black days nous plonge un peu plus dans la noirceur. Une noirceur divine, sophistiquée, qui nous fait rêver avant que la fureur du rock ne reprenne de façon surprenante le dessus. Entre pop et folk, Take your hopes high et It’s my home nous ramènent à des ambiances colorées et aériennes. Mais c’est pourtant bien lors de ses moments les plus sombres, dans les atmosphères les plus brumeuses, que No Gatecrasher brille de mille feux. Le temps d’un Magnolia où une mystérieuse jeune fille nous caresse l'oreille ou d’un Golden Stars à l'ambiance western recouverte par des chants robotiques. En résumé, No Gatecrasher est un curieux voyage qui redonne à la pop toute sa richesse et sa complexité. Une pop malicieuse, aux humeurs changeantes, qui n'hésite pas à flirter avec l'obscurité.

 

Alors oui, foncez sur la page Myspace de Sheraf et comme moi tentez votre chance pour vous procurer son formidable album. Je me suis en effet permis de le contacter directement via sa page et il m’a gentiment envoyé par la Poste mon CD. Pour seulement 8 euros. A l’évidence, il reste encore bien des trésors en France qui méritent d’être découverts. Page Myspace de Sheraf.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 20:21


suzanne the man

Deux concerts ces derniers jours. Tout d’abord passage samedi en début de soirée à la BS Party pour assister au concert de Suzanne The Man. La deuxième fois que je les vois après un premier set à l’International avant les Konki Duet. Si au départ je trouvais ça plutôt sympa mais sans plus, je dois avouer avoir quelque peu bloqué sur leur page Myspace ces dernières semaines. Leaves clap your hands et Stargazing sont des morceaux qui m’obsèdent et qui me font terminer mes journées dans une certaine mélancolie, loin d’être déplaisante. Ce soir-là Suzanne et sa comparse Sonia se produisaient aux Trois Baudets. Ambiance supra-intimiste, bon son. Il y a encore quelques hésitations, un peu de timidité mais le plaisir est là. Suzanne the man est une promesse et il me tarde de recevoir chez moi leur EP Let’s Burn (un « split ep » avec celui des Konki Duet) que j’ai pris en pré-commande et qui devrait être dispo fin janvier. Page Myspace de Suzanne the Man.

 


1973 live casino paris

jerome 1973 group

Dans un tout autre registre et dans une salle beaucoup plus grande, hier Lundi 11 janvier 2010, je me suis retrouvé au Casino de Paris pour le concert de Air. Salle bondée, première partie avec 1973. J’étais déjà tombé sur leur page Myspace et je n’avais pas accroché plus que ça. Bonne nouvelle : leur set m’a plutôt emballé. Les trois mecs sont sympas et délivrent une musique pas très originale mais souvent très charmante. A l’image de Simple song (for a complicated girl) , petit moment de bonheur. Bien entendu j’ai bloqué sur le charmant brun à gauche (je crois qu’il s’appelle Jérome), inutile de préciser que le temps est passé vite ;) Page Myspace de 1973.
 

 

air-visuel

air live 2 casino

Après une petite mise en place, Air débarque. Entrée maitrisée avec Do the Joy. On frémit même si sur scène les deux garçons sont un peu trop sages, donnant la sensation de presque s’excuser d’être là. Il faut avouer qu’ils pourraient avoir honte après nous avoir balancé un dernier album (Love 2) des plus médiocres ;) Heureusement, nos amis ne sont pas juste là pour promouvoir leur dernière galette et vont apporter totale satisfaction à tous leurs fans en jouant de nombreux morceaux qui ont contribué de faire de ce duo une référence pop absolue. People in the city et How does it make you feel (de l’excellent 10 000 hertz legend dont Nicolas Godin se dit très fier) , Sexy Boy et Kelly watch the stars, musique de Virgin Suicides, Cherry Blossom Girl, La femme d’argent…Air a beau décevoir avec ses dernières productions (à noter que ce soir-là aucun titre de Pocket Symphony n’a été joué) , il y a toujours sur chacun de leur opus deux ou trois bombes (et même sur Love 2). Et quand on les retrouve en concert et qu’ils nous font leur best of live, on ne peut que prendre son pied. Au fil du spectacle, Nicolas et Jean-Benoit semblent se sentir de plus en plus à l’aise, en phase avec leur audience conquise d’avance. Pour ma part, c’est le sourire aux lèvres que j’ai constaté le côté un poil « queer » de cette formation. Jean-Benoit Dunckel et sa voix retouchée féminine qui se trémousse, c’est quelque chose. En live, Air reste une valeur sure. Page Myspace de Air.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 13:13



washed out music

Première chronique musicale de 2010, il fallait bien un coup de cœur. Et il est de taille : Washed Out (Ernest Greene de son vrai nom) est une révélation électro tonitruante.

Le coup de foudre a lieu sur sa Page Myspace alors que j’écoute You’ll see it. C’est bien simple, tout y est : un morceau qui donne envie de danser, qui nous amène à nous demander si on est le jour ou la nuit, un rythme entrainant et mélancolique, un mélange de dance vintage et d’électro tout ce qu’il y a de plus moderne. You’ll see it fait partie de l’EP Life of leisure sur lequel on retrouve d’autres excellents titres. Parmis eux, les délicieusement funky Get Up (réarrangement de Got to Get up de Change) et Hold out ou le cosmique New Theory. Productif, Washed out l’est indéniablement : en plus de l’EP Life of Leisure, on peut trouver un single , Feel it around (trip aquatique qui vous emmène très loin, au soleil, là où l’eau est toujours plus bleue), et un autre EP High Times.

 

High Times, parlons-en. C’est la dernière production de ce charmant bidouilleur de son et c’est une véritable claque. Un morceau comme Phone Call mérite à lui seul d’acheter la galette (ou plutôt la cassette, voir plus loin). Le sample se répète, une voix féminine plane, la magie opère nous emmenant dans un ailleurs exotique à la sensibilité infinie. L’espace de 4 minutes on se retrouve dans un eden musical et on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Ca tombe bien, il y a du rab. Belong est une échappée aussi kitsch que sentimentale, Luck démontre les influences hip-hop qui habitent le génie créatif de l’artiste et Good Luck, un des titres les plus tristes, évoque un coucher de soleil, la fin des beaux jours, le retour à la réalité.


lifeofleisure washed out

washed-out-high-times

La réalité de Washed Out semble pourtant bien être une sorte de rêve éveillé. Fou amoureux de sa girlfriend avec laquelle il s’est marié en 2009, il se plait à la mettre à l’honneur sur les pochettes de ses disques. Disques, pas vraiment en fait, le bonhomme ne faisant rien comme personne, vendant ses créations uniquement en séries limitées sur vinyles ou K7 audio (c’est le détail hype qui pourrait fâcher). Sur son blog, Washed Out redevient Ernest Greene, un jeune mec charmant et bien dans ses pompes, qui préfère passer du temps dans des lieux tropicaux avec son amoureuse que de faire des concerts et des tournées promo. Vous trouverez ainsi dans son espace d’expression des vidéos plus ou moins intimes où Ernest filme ses amis, la nature, l’eau. Des moments de vie simples qui nous donnent l’impression de pénétrer encore plus dans son univers coloré, fait de soleil et d’insouciance. On adorerait l’avoir comme meilleur pote, on se contentera de se régaler de ses lumineuses créations. Comme dirait un fan sur sa page Facebook : « Washed out : this is THE shit ! ». Page Myspace de Washed Out.

En écoute : You'll see it (première vidéo) et Good Luck + Phone Call (deuxième vidéo) :






Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 17:52


lone rita cutler

Alors que je suis complètement obsédé par son dernier opus Ecstasy and Friends, je découvre qu’avant Lemurian (connu pour être son premier album), Lone avait déjà livré un premier LP. Ce premier disque s’appelle Everything is changing colour et il n’est disponible qu’en import. Vous pouvez toutefois le trouver en mp3 légal (donc payant) sur ce site (du moins pour le moment).

 

La découverte inespérée de ce disque c’est un peu mon gros cadeau de Noël. Lone a été ma plus grande révélation electro (et tout court d’ailleurs) de cette année 2009 et savourer des morceaux inédits, replonger dans son univers, est toujours un plaisir sans nom. Everything is changing colour se veut plus lent que Lemurian ou Ecstasy and Friends. Oubliez donc le côté dansant pour ne plus garder que l’abstraction de ce jeune génie qui parvient à transmettre des émotions folles avec ses créations 100% instrumentales. Il y a sur ce disque un titre en particulier qui m’obsède : Pure White Light. Mélancolique à souhait, à la frontière de la noisy music, c’est un voyage sinueux, une sorte d’étrange parenthèse, un entre deux qui n’en finit plus alors que les vagues sonores caressent et provoquent un sentiment d’instabilité. Un morceau qui joue comme d’habitude sur la répétition pour mieux nous hanter.




 

Everything is changing colour est un album diablement cinématographique : libre à votre imaginaire d’y ajouter les images, les émotions, ou pour aller avec le titre les couleurs. Light from the heart nebula a des allures de trou noir dans lequel on plonge avec plaisir, Duelling auroras nous replace la tête vers le ciel, Time was a spiral nous ensorcelle avec cette étrange flûte qui donne envie de rêver les oreilles grandes ouvertes. Il y a dans cette entreprise quelque chose de terriblement hypnotique. C’est à la fois doux et assez terrible car chaque morceau est un concentré de spleen. Les mélodies sont imparables mais vénéneuses et  renvoient à des sensations étrangement intimes (A quadruple sky rejoint la collection d’œuvres obsédantes signées par ce jeune artiste qui gagne vraiment à être connu). Comme une succession de tableaux sonores touchés par la grâce, Everything is changing colour est vivement conseillé à tous les curieux et amoureux de musique électronique. A noter que vous pouvez également écouter les morceaux de l’album en preview sur le site qui vend l’album. Bon voyage.


Copyright Photo : Rita Cutler

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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