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Dans mes oreilles...

 




De gauche à droite et de haut en bas :
Jack PenateDiving with AndyHolden,  My girlfriend is better than yours
Men without Pants, Junesex, ToscaArlt

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Samedi 27 juin 2009



Copyright : Rezo Films


UN FILM DE KEREN YEDAYA

 

Bienvenue dans la famille Reuven, propriétaire d’un garage. Le père est le patron, la fille Mali (Dana Ivgy) donne un coup de main et le fils Meir (Roy Assaf) est sensé prendre la relève. Mais Meir est loin de coller aux attentes de son paternel : un peu feignant, colérique, il ne parvient pas à briller par son travail. Dans le garage travaillent également Hassan et son fils Toufik (Mahmud Shalaby). Ce dernier, doux et travailleur, fait de l’ombre à Meir et l’exaspère de plus en plus. Ce que Meir ne sait pas, c’est qu’en cachette Toufik vit une romance intense avec Mali. Le jeune couple envisage de se marier et fonder une famille : Mali est enceinte et prépare à lui dire oui dans le plus grand des secrets. Ou comment s’aimer loin de ce terrible conflit israélo-palestinien. Malheureusement, le destin va se charger de les rattraper…

 

Jaffa ou la ville que l’on ne quitte pas ? Ce qui anime le couple de Mali et Toufik, eux qui travaillent dans un garage –donc des voitures incapables de bouger- , c’est l’idée de partir et mener une vie paisible, sans avoir à supporter les jugements. Et des jugements, il y en a beaucoup dans la famille de la jeune fille. Personnage très antipathique que celui de son frère Meir qui passe son temps à provoquer le tendre Toufik. Mais on comprend Meir pourtant : son père ne l’estime pas, ses parents l’ont définitivement étiqueté comme le vilain canard de la famille. Sa mère Osnat pense qu’il est « une plaie ». Pour la peine, Meir se rebelle de plus en plus, instaurant un quotidien de plus en plus tendu, douloureux. Au milieu des conflits, Mali reste discrète, fait bonne figure tout en songeant à sa fuite…



 

Keren Yedaya livre avec Jaffa un drame familial assez tragique et efficace. Les scènes de règlements de comptes fonctionnent bien, souvent portées par une Ronit Elkabetz plus bitch et enragée que jamais. Formellement nous avons droit à des plans parfaitement composés, une très belle photographie et une utilisation cohérente du zoom. Les gens ne sont jamais ceux que l’on pensent. Il suffit de se rapprocher du visage de Meir pour y voir la douleur du mal-aimé loin de l’agitateur. Il suffit de regarder autour de Mali pour comprendre que la jeune fille est amoureuse et déjà dans un autre monde. Alors que les zooms avant offrent au spectateur des émotions de par les visages des interprètes, les zooms arrières nous montrent leur environnement.

 

Flirtant avec le pathos pour instaurer une intensité dramatique, Keren Yedaya n’est pas toujours hyper subtile. Mais il semblerait qu’elle ait voulu Jaffa comme une œuvre à fleur de peau, qui bouillonne et éclate. Le pari est réussi et nous sommes là devant un habile portrait de famille brisée, d’un amour interdit et donc irrésistible. Souvent percutant.

 

Film sorti le 10 juin 2009

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Samedi 27 juin 2009




Ce mercredi 24 juin 2009, les Diving With Andy investissait l’Alhambra pour un concert 100% sucre. Après moultes écoutes, je pense pouvoir dire aujourd’hui que leur deuxième opus intitulé Sugar Sugar est tout simplement un des meilleurs albums de l’année. Songwriting délicat, compositions classieuses, mélancolie…De la pop très inspirée qui fait un bien fou et qui dévoile toute son ampleur et sa magie au fil du temps. Que de chemin pour ce trio que j’avais découvert il y a quelques années en première partie d’un concert d’Holden (il n’y avait pas meilleur commencement)…

 



En attendant de retrouver Juliette et sa clique, place à la traditionnelle première partie. Un groupe s’appelant The Popopopops et qui délivre de la pop-rock pas du tout désagréable. Ca reste quand même dans le cliché du petit groupe sous influences, composé de jeunots jouant la carte rétro…Les chansons s’enchainent pourtant bien et une partie du public s’est complètement laissée séduire, se trémoussant non sans envie. Page Myspace de The Popopopops.

 



Après une entracte de 20 minutes, les Diving with Andy arrivent enfin. Visiblement très heureux d’être là, souriants mais un peu paniqués. Les enchainements entre les morceaux sont un peu maladroits, pas facile d’instaurer un dialogue avec le public. Mais les chansons suffisent. Ce jour-là, j’avais passé une journée absolument atroce et stressante. Je peux vous assurer que je suis ressorti du concert le sourire aux lèvres, bercé par toutes ces belles mélodies. Comme je l’avais déjà souligné après avoir vu le groupe au Festival Les femmes s’en mêlent : Diving with Andy a retravaillé ses morceaux pour le live, que ce soit ceux du premier ou du deuxième album. Le résultat est très beau et assez bluffant. On se sent invités dans un autre monde, un univers chaleureux et extrêmement doux bien que parfois très triste.

 

En seulement deux disques, les Diving with Andy sont entrés dans ma vie, sont devenus mes compagnons de soirées ratées, s’infiltrant dans mes oreilles tard la nuit sur des chemins retours. Quand je les vois sur scène s’échanger des sourires, quand je décolle avec la chanteuse le temps d’un Nether Town, je me sens étrangement proche d’eux. Je me sens avec eux. Bref, Sugar Sugar c’est à écouter d’urgence. Page Myspace de Diving with Andy.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Mardi 23 juin 2009



Copyright : Jour2fête

UN FILM DE CLAUDIA LIosa

 

Une vieille dame proche de la mort communique avec sa fille en chantant. C’est son moyen de faire passer ses émotions, ses souvenirs les plus douloureux. En période de guerre, elle fut violée alors qu’elle était enceinte, après avoir assisté à la mort de son mari. Elle ne s’en est jamais remise et a transmis sa douleur à sa progéniture, Fausta (Magaly Solier). Alors que la mère meurt, la jeune fille reste muette et se sent terriblement seule dans un monde hostile où les hommes rodent. Fausta a ce que l’on appelle dans son village « Le lait de la douleur ». Ou comment la mère traumatisée a enterré l’âme de sa fille…Terrorisée par les hommes, persuadée qu’elle peut se faire violer à chaque coin de rue, elle introduit dans ses vagins des patates qui germent. Désormais, notre jeune péruvienne ne pense plus qu’à une chose : enterrer sa maman dans les conditions qu’elle mérite. Mais l’argent manque. Fausta se fait alors engager comme bonne à tout faire dans la maison d’une pianiste bourgeoise. L’occasion d’une ouverture sur le monde ?

 

Ours d’or 2009 à Berlin, Fausta est une curiosité. Il est assez rare de voir débarquer sur notre sol des films péruviens et celui-ci se révèle assez intéressant. Si les plus frileux risquent d’être découragés par des chants péruviens stridents, les autres se réjouiront de cet « exotisme ». Fausta ou le pitch de l’impossible ? Alors oui, il est bien question d’une jeune fille qui s’enfonce des patates dans le vagin pour « chasser » les hommes de son territoire mais réduire le film à cela serait assez crétin. La réalisatrice explore différents thèmes avec brios tels que le deuil, l’engagement, la fin de l’enfance, les rapports hommes/femmes suite à un grand traumatisme collectif…



 

Formellement, il n’y a rien à redire : c’est irréprochable. De magnifiques plans fixes, quelques travelings de toute beauté : difficile de ne pas apprécier. Et du côté de l’émotion, cela marche plutôt bien aussi : Magaly Solier avec son jeu très intériorisé nous entraine dans le quotidien solitaire de Fausta. Elle avance, elle découvre le monde sans sa mère, telle une enfant terrorisée et pleine de préjugés. Autour d’elle, une succession de mariages (l’occasion de nous apporter un peu de folklore local, non dénué d’humour), des femmes qui se lient à des hommes.

 

C’est ce que l’on retiendra principalement du film, ce rapport complexe aux hommes. Fausta est une très jolie jeune fille et elle attire les regards. Mais comment savoir si elle peut faire confiance à l'autre sexe ? Comment accéder à une féminité qui lui semble interdite ? Œuvre sensible et souvent hypnotique, au sujet peu traité-du moins dans le contexte du Pérou, Fausta intrigue et séduit.

 

Film sorti le 17 juin 2009


 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Mardi 23 juin 2009



Copyright : Memento Films


UN FILM DE CHERIEN DABIS

 

Alors que les territoires palestiniens sont sous occupation, Muna (Nisreen Faour) et son fils Fadi (Melkar Muallem) décident de partir tenter leur chance aux Etats-Unis. Ils sont hébergés dans l’Illinois chez la sœur de Muna, Raghda (Hiam Abbass), qui vit avec son mari américain et médecin et leurs enfants. Très tôt, les espoirs volent en éclat. Alors que l’armée américaine sévit en Irak et que le traumatisme post 11 septembre règne, nombreux sont ceux à devenir parano. Muna et Fadi ne sont pas musulmans mais personne ne fait la différence, et puis même s’ils l’étaient qu’est-ce que cela voudrait dire ? Quand l’Amérique d’en bas balance ses préjugés et ne prend pas les gens pour ce qu’ils sont, l’intolérance fait des ravages. Victime de railleries dans son nouveau lyçée, Fadi perd ses illusions et se rebelle. De son côté, sa mère doit faire face à des problèmes d’argent. Personne ne veut d’elle dans une banque malgré ses diplomes et son expérience de dix ans. Elle décide alors de travailler dans un fast food (qui s'appelle "White Castle" haha) et fait croire à son entourage qu’elle a trouvé un poste prestigieux. Portrait d’une famille qui peine à s’adapter et à être acceptée par le modèle américain…

 

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2009, Amerrika vaut avant tout pour son sujet. Le portrait d’une mère courage, loin de tout pathos trop forcé, qui ne sait plus quelle est sa nationalité, qui n’a plus de repères et tente d’évoluer dans une Amérique très peu chaleureuse. Surfant sur un sujet encore d’actualité, Amerrika propose donc un regard sur le monde et la société contemporaine et livre une critique plutôt subtile (bien que peu originale) des Etats-Unis. L’armée, la censure aux infos, l’intolérance…Nombreux sont les thèmes abordés avec un regard assez personnel.



 

Si la photographie du film est un peu cheap et que la réalisation n’a pas de quoi nous clouer sur notre fauteuil, ce long-métrage typiquement indé séduira les amateurs du genre, friands de quêtes identitaires, de questionnements sur notre monde et de beaux personnages. Les personnages parlons-en : c’est sans doute la plus grande réussite du film. Muna est un personnage en or, terriblement attachant, drôle de naïveté par moments et toujours touchant. Chaque protagoniste existe ici et permet à Amerrika d’être une œuvre en un sens humaniste.

 

Cherien Dabis critique mais impose aussi et surtout une grande douceur. Un étonnant mélange entre social et feel good movie. Voilà qui promet un moment de cinéma des plus agréables et pas du tout futile.

 

Film sorti le 17 juin 2009

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Lundi 22 juin 2009




C’est l’été ! Et pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, le nouvel album de Jack Penate est là pour vous le rappeler. On ne pouvait pas trouver meilleur titre pour cet opus que Everything is new. En effet, le changement par rapport au premier album de l’artiste, Matinée, est on ne peut plus déroutant. Jack Penate abandonne ses mélodies pop rock pour explorer de nouveaux territoires surprenants. Nous nous retrouvons ainsi à écouter un curieux mélange de pop et de world music.

 

Everything is new ne manque pas de titres tubesques qui auront de quoi enflammer votre été. Tonight’s today et son refrain entêtant ne vous lâchent plus une fois que vous les avez écoutés. On pense au clip du morceau, en noir et blanc, où tout le monde danse, se croit dans une comédie musicale alors que le soleil illumine tout, nous aveugle, nous enivre. La voix du chanteur nous emporte. Je me surprends encore tous les matins à fredonner dans ma douche « Tonight’s today, tonight’s today, todayyy’s toniiight ». Ma chanson de l’été.



 

Plus pop, le single Be the one nous ramène à ces petites amourettes qui tournent mal, là encore si nombreuses pendant l’été. Et c’est parti pour des moments mélancoliques au bord de l’eau…Comment ne pas craquer face au titre/bluette, Every Glance ? Jack Penate est définitivement un garçon sensible. Alors que les sonorités africaines ponctuent les titres, les paroles mêlent l’amour à la foi. Le clip de Be the one a été tourné dans une église et les références religieuses hantent certains titres. Le chanteur semble obsédé par les failles, les péchés…Pas grenouille de bénitier, Jack aimerait bien être un enfant de chœur, croire éperdument en quelque chose. En l’amour par exemple ? Encore un autre titre très romantique que ce Body Down.

 

Mêlant euphorie et moments de spleen, Everything is new est la sucrerie estivale ultime. Un album qui nous donne même envie de célébrer la mort en tapant dans ses mains avec une chanson comme Let’s all die. Si l’ensemble est parfois « easy », la bonne humeur, l'inspiration et le charme débordent et emportent tout sur leur passage. Ce virage musical sied à merveille au beau brun. Et nous de chantonner « Everything is new, dance away defeat ». Et si l’été 2009 se placait sous le signe de l’espoir, du soleil et de la danse ?  Pour ma part je ne serais pas contre me tortiller avec ce sacré Jack J Page Myspace de Jack Penate.

Pour la peine, pas de Tadah Sound cette semaine ou plutôt un Tadah Sound spécial Jack.


Découvrez Jack Peñate!




Copyright Photo 2 : Ryan Muir

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Lundi 22 juin 2009



Copyright : Pierre Grise Distribution

UN FILM DE LIONEL BAIER

 

Bienvenue à Bulle, en Suisse, où vit Loïc (Pierre Chatagny), un jeune gay un poil décérébré. Il n’a jamais connu l’amour et passe son temps à faire des rencontres Internet. Les amants se multiplient, les conversations sont inexistantes ou très réduites : Loïc consomme et se fait consommer. A Bulle, il travaille à la chaine dans une usine de chocolat. Mais souvent il va à Lausanne voir sa meilleure amie Marie (Natacha Koutchoumov), étudiante et hôtesse dans un musée. Marie l’instruit, le conseille, s’amuse de son regard d’enfant. Mais quelque chose va changer. Loïc n’est jamais tombé amoureux. Il rencontre pour la première fois un homme (Lionel Baier, majoritairement hors champ) qui s’intéresse à lui, lui pose des questions, est attendri. Est-ce la naissance d’un amour ? D’une amitié ? Ca fait quoi d’ailleurs l’amour, on se sent comment ? Alors que Marie est courtisée par un garçon, Loïc devient maladivement jaloux avant de vouer un culte à un joueur de foot local. Tranche de vie d’un gay parmi tant d’autres qui cherche sa voie…

 

Pour son premier long-métrage, Lionel Baier nous offre un film d’une spontanéité rare. Portrait fauché et intimiste d’un jeune gay suisse, Garçon stupide –comme son titre l’indique- se moque pas mal de son personnage principal qui ne sait pas qui est Hitler ou se rêve en photographe suite à quelques clichés pris avec son téléphone portable. La candeur de Loïc peut donc paraître risible mais elle devient surtout rapidement touchante. Par le biais du personnage de Marie, nous apprenons à regarder Loïc avec tendresse et amusement. Pierre Chatagny interprète son rôle avec un naturel ravageur, à un tel point que l’on finit par se demander ce qui est réel ou fictionnel.



 

Si la photographie du film est cheap, le réalisateur livre des plans souvent travaillés et non dénués de poésie. Il expérimente, s’adonne au split screen, parvient à nous faire partager la quête de repères de ses protagonistes. Il porte surtout son regard sur une jeunesse pas très futée, qu’on serait tentés de juger trop vite. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un accès facilité à la culture, d’être entouré de personnes curieuses nous faisant partager leurs découvertes. Loïc est inculte mais curieux. Et c’est sans doute un des plus beaux aspects de Garçon stupide : suivre l’éveil à la curiosité d’un jeune homme, découvrir avec lui ce qui sera peut-être sa vocation.

 

Lionel Baier signe une œuvre sentimentale qui dévoile aussi bien le portrait d’une amitié très forte mais aussi sensible, le récit d’une rencontre Internet pas comme les autres et l’itinéraire d’un garçon qui va s’ouvrir et découvrir le monde dans lequel il vit. Excellent mélange d’humour, de situations incongrues (les dialogues entourrant les « plans cul » de Loic) et de moments fragiles et tendres, ce premier film traine quelques maladresses qui finissent toujours par devenir des forces. Ainsi, le final à l’eau de rose passe diablement bien. Lionel Baier se révèle alors comme un cinéaste sensible, inspiré et en quête d’un cinéma libre et sans tabous. Un grand bol d’air frais.

 

Film sorti en 2005

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Dimanche 21 juin 2009



Copyright : Films sans Frontières


UN FILM DE RADU MUNTEANU

 

Bogdan (Dragos Bucur) emmène sa femme Smaranda (Anamaria Marinca) et son petit garçon à la mer pour profiter du 1er mai. Mais ce qui devait ressembler à un séjour au calme et en famille va être bousculé par les retrouvailles de Bogdan avec ses amis d’enfance perdus de vue depuis plusieurs années. Autrefois, Bogdan était surnommé Boogie et il s’éclatait avec ses potes sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Les temps ont changé : il passe désormais son temps à travailler et à faire des concessions pour sa famille. Le temps d’une nuit, il décide de délaisser sa compagne pour retrouver ses vieux amis et s’offrir une nuit d’ivresse et d’insouciance. La crise de la trentaine n’est pas loin, son couple semble de plus en plus en danger…Ce week end sera-t-il fatal pour le couple ?

 

A la découverte du synopsis de Boogie, on serait tentés de croire que nous allons être devant un nouveau film de trentenaires articulé autour de gags éculés et de questions pseudo-existentielles. Sauf qu’ici il s’agit d’un film d’auteur roumain et que la forme est très éloignée des productions françaises ou américaines. Long-métrage très sensible, Boogie dresse le portrait d’un homme perdu, qui voit sa vie défiler à toute vitesse entre boulot et famille et craint d’aller vers une direction pas vraiment faite pour lui. C’est une vision du couple parfois très difficile mais cruellement honnête. On rencontre notre moitié et puis soudain on s’engage. Dès lors on perd du terrain, on finit par penser à deux, à faire des concessions, à endosser des responsabilités. On ne peut plus sortir le soir quand on le veut, on ne peut plus agir comme un adolescent.



 

Si le personnage de la femme semble s’être accoutumé à cette nouvelle vie, l’homme à plus de mal à renoncer à ses libertés. Boogie est très intéressant lorsqu’il questionne sur les conventions qui nous façonnent, des conventions que l’on s’impose pour coller à la norme, pour être conformes à l’image de la famille que l’on se fait, que l’on doit renvoyer. Cette œuvre suit l’itinéraire bref d’un homme qui a envie de mettre le « nous » de côté, l’espace d’un instant, pour redevenir un « je » qui passe du bon temps avec ses potes. Le couple apparaît alors comme un piège, une prison. Si Smaranda apparaît comme rabat-joie, on ne peut s’empêcher de la comprendre. Dans le couple chacun a tort, a raison, et chacun finit à un moment donné par se faire du mal.

 

Articulé autour de dialogues simples mais souvent percutants, Boogie est un film sensible et jouant bizarrement sur le charme de son acteur principal. Dragos Bucur se révèle étonamment sensuel par moments et le film contient certaines scènes déroutantes comme ce passage avec une prostituée qui révèle soudain des pulsions infidèles. Qu’on se le dise : ce film n’est pas évident à regarder. Radu Munteanu multiplie les plans fixes et plans séquences et accumule certaines longueurs. Mais cela vaut la peine de s’accrocher car il y a ça et là des fulgurances, des moments de vérité sur le couple et la famille aujourd’hui, très loin des clichés attendus. Boogie avance lentement mais frontalement.

 

Film sorti le 17 juin 2009

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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