Les meilleurs films du moment

Tadah ! Ciné club

Dans mes oreilles


 



De gauche à droite et de haut en bas :
White Fence, James YuillArlt, Memoryhouse
Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 19:04

 

 

vacationland todd-verow

 

UN FILM DE TODD VEROW

 

Dans un coin paumé du Maine, Joe (Brad Hallowell) ne pense qu’à une chose : partir, le plus loin possible. Il espère être admis à l’école d’art et de design de Rhode Island. En attendant, il traine avec son ami de toujours, le beau Andrew (Gregory J. Lucas), qu’il pense hétéro mais qui hante tout de même ses fantasmes. Pas facile d’être gay dans une ville isolée. Joe se retrouve alors à trainer dans les toilettes publics où parfois des rencontres sont possibles. Il tombera notamment par hasard sur un de ses profs…Joe n’est pas le seul à rêver d’un ailleurs : sa sœur , qui travaille comme caissière, espère aussi un jour quitter sa ville natale. Les évènements finissent par se bousculer : Andrew et Joe s’embrassent et se mettent ensemble, la sœur de ce dernier trouve un plan pour payer son billet d’avion pour Los Angeles, Joe pose nu pour un artiste local avec lequel il va tisser une relation amicale…Tranches de vie de personnages perdus et confrontés à un monde violent où parfois la liberté coûte cher…

 

Encore assez méconnu en France, Todd Verow est un cinéaste spécialisé dans les « gay themed movie » qui mérite amplement qu’on s’arrête sur son parcours. Ses productions sont globalement toujours fauchées, ses casting essentiellement amateurs. Les maladresses sont toujours un peu présentes, il a fait du tournage en DV sa spécialité. On le surnommerait d’ailleurs « le roi de la DV ». Car avec ses moyens dérisoires, ce réalisateur parvient à capter l’errance d’une certaine jeunesse avec une force et une authenticité rares. Vacationland ne déroge pas à la règle : nous y suivons Joe, joli garçon un peu stéréotypé « minet qui passe son temps à la piscine », un peu naïf. On découvre son quotidien assez pathétique (mère qui se fait battre, ville où il ne se passe rien, fantasmes sur le meilleur ami présumé hétéro) et on finit par embrasser nous aussi ses rêves d’évasion.

 

 

vacationland-film

 

 

L’œuvre est en partie autobiographique, Todd Verow ayant été à l’école de Rhode Island et ayant lui aussi tout fait pour fuir sa ville natale. Il y a donc quelque chose de très personnel, des passages qu’on sent comme à vif. La DV apporte un côté frontal, presque documentaire même si le scénario se chargera vite de nous rappeler que nous sommes bien en pleine fiction, reprenant les obsessions de l’artiste (l’amour passion, l’addiction, la violence, la mort, la prostitution). Alors que Joe et Andrew se mettent ensemble, qu’Andrew quitte sa petite amie « prétexte », on pourrait croire que le rêve va se réaliser. Les deux amoureux vont à la découverte du club gay du coin, imaginent un chemin à parcourir ensemble. Pourtant ils vont se heurter à leurs paradoxes, à leurs rêves inassouvis et leurs souvenirs douloureux. Joe ayant notamment été abusé étant petit. Beaucoup de rebondissements, de passages difficiles à la frontière du glauque…Todd Verow parvient pourtant à tout gérer, à travailler merveilleusement ses personnages secondaires et à tisser un portrait habile d’une jeunesse larguée qui se fait bouffer par le monde dans lequel elle évolue, dévorer par ses rêves.

 

Tout le monde n’en sortira pas grandi, certains protagonistes connaissant une issue tragique. De banale tranche de vie d’une bourgade isolée, Todd Verow dessine une sorte de thriller sur la fin de l’adolescence, noir, bourré de désillusions mais où un zeste d’espoir subsiste toujours. Il y a dans son cinéma une folle sensibilité, un certain regard qui fait que malgré le côté cheap de l’ensemble on ne peut que se laisser transporter.

 

Film produit en 2006

Disponible en DVD

 

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Todd Verow sur Tadah ! Blog : Deleted Scenes et Herrengedeck

 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 17:35

 

 

k-narf wonderland-street

 

La petite exposition a la boutique parisienne Issey Miyake est terminée mais le livre est toujours disponible à la vente. Raison suffisante pour vous parler de Wonderland Trip, magnifique « beau livre » regroupant plusieurs œuvres de Photograffitis de K-Narf. K-Narf est un artiste franco-australien, un peu nomade mais qui semble particulièrement attiré par Tokyo où il passe une grande partie de son temps. Il apporte un vent de fraicheur à la photographie, inspiré par le street art et combine ainsi graffiti et photographie pour des créations très pop.

 

Quand j’ai tenu la première fois le livre dans mes mains, je ne m’arrêtais plus de pousser des petits « ohhhh » et des « ahhhh ». Car Wonderland Trip est un objet irrésistible. C’est un livre qui brille (dans tous les sens du terme) et qui nous ramène illico à la période de l’enfance. Tous les photograffitis rendent hommage à des parcs d’attractions tokyoïtes des années 70. C’est un véritable feu d’artifices, bourré de personnages mignons à croquer, d’installations décalées, bref le petit livre à regarder le soir avant de se coucher pour s’assurer qu’on fera des rêves colorés.

 

 

wonderland-trip-book

 

 

Un livre original puisqu’il se « déplie » et permet à son possesseur de varier les plaisirs, de reconstituer lui-même les photograffitis. Ces petites œuvres enchantées provoquent aussi bien l’émerveillement que la nostalgie, nous renvoient à des sentiments paradoxaux et à un Japon aux allures de paradis perdu, presque fantomatique. Vraiment amoureux de Wonderland Trip, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire un tour sur le site de K-Narf et ai découvert ses autres travaux, notamment des photograffitis urbains tout aussi pop. A découvrir.

 

Une petite vidéo de K-Narf en train de préparer son expo à la boutique Issey Miyake :

 

 

 

 

 

Livre disponible en vente par correspondance, 39,90 euros.

 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : TOUT (et n'importe quoi)
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 16:29

 

copacabana-affiche 

 

 

UN FILM DE MARC FITOUSSI

 

Babou (Isabelle Huppert) est une femme irresponsable, une femme enfant qui n’est jamais vraiment parvenue à mener sa vie sans faire de dégâts. Elle vit aujourd’hui seule avec sa fille Esmeralda (Lolita Chammah) dans un modeste appartement. Sa petite fille est devenue une jeune femme qui a le sens des réalités, qui rêve d’une vie rangée, loin de son inconsciente de mère. Alors que Babou regrette la dégradation de leur relation, leur complicité fragilisée, Esmeralda lui annonce qu’elle va se marier…et qu’elle ne veut pas qu’elle vienne à son mariage. Car elle lui fait trop honte. Blessée, Babou décide de prendre ses distances et de tenter de lui prouver qu’elle a tort. Cette fois, c’est décidé, elle va trouver du boulot et montrer à sa fille qu’elle peut gérer sa vie toute seule. Elle accepte un poste à l’étranger, à Ostende. Son nouveau job consistera à vendre des appartements en multipropriété (bref à arnaquer des touristes). Dépaysement garanti. Cette nouvelle vie va amener Babou à rencontrer de nouvelles personnes, à se confronter au monde, à découvrir des choses sur elle-même et sur la société dans laquelle elle évolue…

 

J’étais bien curieux de découvrir le deuxième long-métrage de Marc Fitoussi après la belle surprise qu’avait été La vie d’artiste. Dans Copacabana, on retrouve son ton corrosif, son comique de situation et ses personnages attachants qu’ils aient les premiers ou les seconds rôles. Avant toute chose, ce nouveau projet offre à Isabelle Huppert une partition réjouissante et permet à cette grande actrice d’embrasser un registre plus pop et comique. Elle est parfaite dans la peau de Babou, mère larguée, maquillée comme une voiture volée, franche mais multipliant les gaffes, égoïste mais en même temps le cœur sur la main. Tout simplement maladroite.

 

 

huppert-comedie

 

 

Marc Fitoussi confirme ses grandes qualités de scénariste et dialoguiste (et joue toujours autant avec un humour singulier) et s’affirme davantage du côté de la réalisation. Copacabana est un film assez atypique qui passe d’un genre à l’autre. A la fois chronique familiale émouvante, comédie sociale, portrait de femme et feel good movie. Le réalisateur dessine un personnage irrésistible mais ne se repose jamais totalement sur les épaules d’Isabelle Huppert. Il confronte son personnage principal à une multitude de protagonistes tour à tour amusants, décalés ou touchants.

 

Copacabana dépeint avec un humour ravageur et une tendresse certaine une société où les plus faibles se laissent facilement broyer. Mais personne ici ne s’appitoie, au contraire chacun compose avec sa situation et tente d’avancer. On passe de l’absurde monde de l’entreprise avec ses prospections, la pression managériale, la compétitivité, à des passages plus « aériens », des moments suspendus, plus silencieux dans la ville d’Ostende. Là où les malchances et les malheurs individuels se rencontrent pour laisser place à une belle solidarité. Fitoussi parvient avec une aisance folle à nous faire adhérer à une flopée de bons sentiments, à nous faire rire de tout et voir la vie en rose. On ressort de Copacabana, le sourire aux lèvres, tristes de laisser les personnages mais content de les avoir accompagnés. Une comédie aussi douce que piquante, un divertissement qui a tout de la grande réussite. Bonheur.

 

Film présenté à la Semaine de la Critique à Cannes 2010

Sortie en salles le 7 juillet 2010

 

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 07:24

 

 

arlt-la langue-album

 

 

Tout a commencé lors d’une première partie d’Holden. C’est là que j’ai découvert pour la première fois Arlt, duo composé d’Eloïse Decazes et Sing Sing. Des textes français à l’écriture délicate, souvent poétique et un style assez inimitable. Un véritable coup de pied au cul de la chanson française traditionnelle, une bizarrerie assumée et des mélodies entêtantes, fragiles, qui gardent longtemps leur parfum de mystère malgré des arrangements finalement assez simples.

 

Premier titre de l’album, La rouille. Un peu leur morceau phare. Il ne faut pas plus qu’une guitare et la voix de la chanteuse pour atteindre des sommets de beauté. « Avais-tu vu venir Noël ?» demande Eloïse, à la voix magique, une « voix instrument » qui étonne aussi bien sur le disque qu’en concert. Les textes sont souvent tristes et malicieux, la voix évite de prendre parti, on navigue d’une atmosphère à l’autre même si on croit déceler directement une « signature ». Sing Sing ne se contente pas d’être à la guitare, il « soutient » sa partenaire, l'accompagne au chant voire prend le dessus (La honte, Château d’eau).

 

Le disque s’appelle La langue. Ces deux-là savent en effet rendre hommage à la langue française mais sont aussi assez forts pour nous donner le même vertige qu’un premier baiser…suivi des désillusions et de la tristesse qui vont parfois avec. Les coups de cœur s’enchainent : Après quoi nous avons ris, De haut en bas, Je voudrais être mariée, Lettre morte…Pour avoir multiplié les écoutes de l’album, pour les avoir vus plusieurs fois en live, je peux vous certifier qu’Arlt est particulièrement doué pour s’immiscer dans votre tête, pour vous ensorceler, lentement, tout en finesse, mais sûrement.

 

Leurs chansons sont intemporelles, parfaites pour les moments de spleen, pour ces dimanches pluvieux où on est un peu nostalgique ou mélancolique. Mon gros coup de cœur : Revoir la mer. Pendant 1mn40, la chanteuse répète « Son corps contre mon corps , c’était comme revoir la mer ». Curieux au départ, puis obsédant. Il fallait oser. Il fallait se dire que ça valait le coup de le répéter. Il fallait y croire. Les premières paroles qui suivent cette répétition : « Et voilà que je te reviens,  neuve. Tu es là, tu ne t'espèrais plus, et c'est bien ». A la fin de ce premier album bourré de talent, on a en effet envie d’y revenir…Page Myspace de Arlt.

 

 

Clip De haut en bas :

 

 

 

 

 

Album disponible en vente par correspondance. Pour le commander, vous pouvez envoyer un message au duo directement via leur Page Myspace.

 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog musique
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 18:34

 

 

tournee-film

 

 

UN FILM DE MATHIEU AMALRIC

 

Joachim (Mathieu Amalric) revient dans sa France natale, accompagné de sa troupe de danseuses « New Burlesque » (des femmes qui font des performances et strip-tease pour leur plaisir plus que pour celui des hommes et qui assument totalement leurs rondeurs). Il avait quitté l’Hexagone (où il était producteur de télévision) pour tenter sa chance en Amérique. Le retour n’est pas évident : malgré un accueil triomphal en Province, les danseuses n’ont qu’un mot à la bouche : « Paris ». Joachim aimerait bien leur offrir une tournée française digne de ce nom, les faire briller dans la capitale…Mais ses connexions manquent, ses anciens proches ne se sont pas remis de son départ et ne semblent pas prêts à l’aider. Show must go on ?

 

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2010, accueilli très chaleureusement par la critique française, Tournée confirme tout le bien que beaucoup pensaient de Mathieu Amalric, acteur aux choix exigeants et réalisateur inspiré. Difficile de ne pas succomber au charme immense de ces filles « New burlesque » aux formes divinement généreuses, à l’excentricité et la sensibilité exacerbées. Tout le film témoigne d’une véritable maitrise formelle, chaque plan s’apparentant à une magnifique photographie. Le travail sur la lumière est saisissant et contribue à rendre une atmosphère singulière pour une œuvre souvent hypnotique.

 

 

tournee-new-burlesque

 

 

 

Toujours subtil, souvent cocasse et tendre, Amalric réalisateur nous fait pénétrer dans cette troupe atypique, partage avec nous le quotidien d’artistes sur la route (les voyages en train, les soirées dans les hôtels, les coulisses des spectacles...). Et petit à petit se dessine le portrait d’un homme face à ses racines, ses choix, ses erreurs et ses espoirs brisés. Ou comment le rêve américain se heurte à Paris l’inaccessible… Formellement magnifique, le film témoigne tout de même de quelques petites longueurs. Et sa volonté de jouer la carte de la subtilité, d’éviter les passages trop explicatifs pourra éventuellement le rendre peu accessible à un public peu habitué à ce genres de productions. Mais de quel type de productions s’agit-il d’ailleurs ? Pas facile à dire, Tournée témoignant d’une certaine originalité, d’un style comme on en voit peu dans le cinéma français. C’est une raison suffisante au final pour se laisser tenter par ce spectacle coloré et amusé...

 

Film sorti le 30 juin 2010

 

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Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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