Plus de trois ans après leur dernier opus, The garden, Zero 7 est enfin de retour ! Il est important avant de parler de ce nouveau bébé, intitulé
Yeah Ghost, de revenir sur The Garden. C’était le troisième album de Zero 7 après Simple Things et When it Falls. The garden constituait un
virage plus pop/rock pour une formation qui jusqu’alors avait fait ses preuves dans un registre plus trip-hop/pop aérienne. Zero 7 c’est avant tout un duo : Henry Binns et Sam
Hardaker. Dans chacun de leurs albums, ils ont sû s’entourer de voix collant à merveille avec leurs compositions. Et ont ainsi révélé de véritables talents tels que
Mozez et surtout Sia qui est aujourd’hui enfin connue par le public grâce à deux
albums solos des plus réjouissants. Succès oblige, Sia n’est plus de l’aventure pour Yeah Ghost. Lui succède une certaine Eska Mtungwazi, voix black rafraichissante et pleine de
surprises.
Et justement, Yeah Ghost ne manque pas de surprises : pour leur quatrième album, les garçons de Zero 7 ont décidé d’opter pour la
liberté. Et plus question de se limiter à un genre, c’est un véritable jeu de piste musical qui nous est proposé. Tout commence avec le logiquement vaporeux et fantomatique Count Me
Out. On retrouve le trouble des deux premières œuvres de Zero 7 avec une touche qui n’est pas sans rappeler Sigur Ros. Un univers plus sombre et énigmatique où la douceur se mélange à
d’obscures sonorités. Est-on partis pour un voyage dans le brouillard ? Il semblerait que non : le deuxième titre, Mr Mc Gee, nous présente LA nouvelle voix de Zero 7,
Eska Mtungwazi. Et on est soudain pris d’une furieuse envie de danser. Electro, groove, pop : c’est la folie ! C’est aussi entrainant que recherché, ça reste dans la tête, ça donne
envie de chanter. Le voyage s’annonce alors plus turbulent que prévu. Les deux morceaux suivants sont dans la lignée de The garden et ça n’est pas pour nous déplaire. Le magnifique
Swim fera chaud au cœur de tous ceux qui avaient vibré avec The pageant of the bizarre tandis que Everything Up (Zizou) est un nouveau mélange
des genres détonnant. Un titre représentatif de la nouvelle direction de Zero 7 : l’absence de direction apparente. Comme un but de Zinedine Zidane, une chanson peut changer la couleur d’un
album, peut changer le cours des choses. Comme la vie, cet opus est imprévisible, oppose calme et nouveau souffle, souvenirs nostalgiques et nouvelles expériences.
Alors que Pop Art Blue mixe folk,pop et electro avec la voix cristalline de Martha Tilston, Medicine Man nous enlève de nos rêveries pour mieux nous donner envie de bouger. Ainsi est construit cet album fantôme aussi enivrant que dansant, aussi complexe qu’étonnamment easy listening. C’est ce dernier point qu’il faudrait peut-être le plus retenir : à quel point la finesse, la rigueur des compositions s’estompent pour laisser place à des émotions immédiates. Plus que de la musique étudiée, Zero 7 a toujours réussi à se rendre accessible. Quand des titres plus expérimentaux comme Ghost Symbol, All of us ou Solastalgia révèlent peu à peu leur mystère, une ballade comme The road nous bouleverse directement.
Yeah Ghost est donc plus qu’un nouvel opus abouti, c’est un véritable voyage musical où des sons rencontrent des voix, où des genres
se mélangent pour ne plus faire qu’un. Pour donner lieu à un disque profond, maitrisé, multiple mais étrangement cohérent. Un des albums les plus beaux et les plus ludiques de l’année 2009.
Page Myspace de Zero 7.
Zero 7 sur Tadah ! Blog : Billet rétrospective
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