Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 18:44


Crédit Photo : Diaphana


Anna M, référence à la patiente de Freud ou simple jeu de mots ? Peut-être les deux. Anna (Isabelle Carré) c'est qui ? C'est une jeune fille à priori ordinaire qui restaure des livres , qui n'a pas trop d'amis , qui a quelques difficultés avec sa mère, qui se sent terriblement seule. Un soir, elle tente de se suicider en se jetant sur la route. Mais elle échappe à la mort et se fait soigner par un docteur poli et attentionné (Gilbert Melki). Il ne lui en faudra pas plus pour voir en quelques attentions strictement professionnelles des signes d'amour qu'elle pense indiscutables. Le docteur Zanevski (c'est son nom) va alors devenir l'objet de tous ses fantasmes (le film est étrangement sensuel), le visage où elle pourra coller tous ses idéaux, le prince charmant qui la sauvera de ce monde cruel où elle n'est qu'une petite fille apeurée. Folle la demoiselle ? Au début on se dit que non, pas tant que ça. Michel Spinosa réussit à nous faire aimer cette fille perdue et rêveuse , essaie de nous amener à la comprendre. Car au fond de nous, on rêve tous du grand amour, au point parfois de se tromper. Mais le fait est qu'Anna est pour sa part vraiment dérangée. Plus la pellicule tourne, plus elle devient froide, angoissée, parano ou tout simplement méchante (scènes avec les enfants). Elle va tout faire pour rentrer dans la vie de l'homme de ses rêves , persuadée qu'en persistant elle obtiendra ce qu'elle désire. Mais les échecs se succèdent et amour et haine finissent par cohabiter dans sa tête et dans son coeur.


Une sorcière, voilà à quoi elle pourrait nous faire penser. Là à relier ses anciens bouquins, à décortiquer Le cantique des cantiques, à espèrer le mauvais sort de tous ceux qui se mettraient sur son chemin. Faible, folle, touchante, inquiétante : dur de résumer cette femme obsédée interprétée avec force par Isabelle Carré. Michel Spinosa instaure une certaine tension, traite le sujet de manière parfois clinique mais réaliste et ne tombe jamais dans le manichéisme. Pourtant, un je ne sais quoi fait que l'on n'accroche pas facilement à cette Anna M. Parfois un peu long, parfois trop froid, il n'émeut que très peu. Et puis ,sur la longueur, l'affaire semble un peu maso (peut être est-ce voulu).Le réalisateur répète encore et encore les scènes montrant la descente aux enfers de son héroine, de plus en plus désespérée, de plus en plus folle. Si un film tel que celui-ci ne mérite pas du tout d'être qualifié de raté, il n'en est pas pour autant très réussi. A tester vous-mêmes.

 

 
Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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