Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 21:12


Crédit Photo : Gemini Films


Alex (Gilbert Melki) est un honorable comptable qui mène une vie normale. Il est marié à Béatrice (Sandrine Kiberlain), chauffeur de taxi douce et banale. Rien ne prédisposait ce couple lambda à voir sa vie basculer du tout au tout, du jour au lendemain. Et pourtant, c'est ce qui va se passer. C'est un jour ensoleillé, Alex part au travail et alors qu'il s'approche de la sortie de Métro, il se grille une petite cigarette. Rien d'alarmant. Sauf que les policiers présents sur place ne l'entendent pas de la même manière. Ils lui donnent une amende , menacent d'appeler des renforts. Alex est énervé et quoi qu'on en dise ce système l'empêche de plus en plus d'être libre, cherche la petite bête et parait complètement lobotomisé. Et quand on se sent victime d'une injustice, on peut facilement tomber dans la provocation. Alex en a envie mais finit par accepter son amende. A son bureau, on licencie sans trop de raisons cohérentes. Béatrice, elle, voit de sacrés personnalités défiler dans son taxi. Reflet d'une société stressée, angoissée. On sent que progressivement la tension monte...
Alex se balade tranquillement dans la rue, il voit des policiers faire une fouille à de braves gens qui n'ont rien demandé. Il est choqué, s'interpose. On le tutoie, on l'insulte. Et là c'est trop. Alex provoque. Pour la peine, il a froissé ces gens sensés faire régner l'ordre et qui doutent surement eux-mêmes de leurs pratiques excessives. Alex se retrouve en garde à vue, traité comme un criminel. Le lendemain, il veut parler au comissaire, il n'a pas envie de laisser passer cette histoire. Mais pas de comissaire, on est de plus en plus méprisant vis-à-vis de lui. On n'a plus le droit de protester, on nous étouffe, on nous dénigre. Alex se retrouve alors contre son gré dans un centre psychiatrique ! D'un petit rien, ce brave homme un peu nerveux va vivre un véritable enfer et va voir sa vie se ruiner à cause d'un système incompétent mais qui croit pourtant tout savoir.

Confortablement assis dans son fauteuil, le spectateur est animé d'une envie de révolte profonde. Car le spectateur peut voir cela fréquemment dans la rue. Quelque chose ne va pas dans la France d'aujourd'hui et sans aucun tabou, Emmanuelle Cuau pointe cela du doigt. Une initiative courageuse et qui ,comme il le fallait pour un suje tel que celui-ci , évite tout manichéisme. Alex est ,comme dit précédemment, un peu nerveux et a le don de se retrouver dans de sales situations. Et tous ces gens qui le détruisent petit à petit ne sont pas des méchants. Ils subissent, ils obéissent à l'ordre qu'ils recoivent. C'est peut être ça le plus alarmant : on ne sait pas qui au fond est responsable de ce bordel, de ce fléau conduisant à la misère humaine. Cuau ne tombe pas non plus dans le piège de livrer un film moralisateur, pompeux:  Très bien, merci est bourré d'ironie et réserve quelques fous rires (même si on rit très jaune). Le thème est grave, le traitement est subtil, simple et efficace. Melki et Kiberlain se dechainent et offrent une interprétation des plus jubilatoires. Voilà un vrai grand film social qui a toutes ses chances de faire date. Ca vaut bien le coup de stresser pendant une heure quarante.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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