Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 22:48


Crédit Photo : Haut et Court


C'est l'histoire d'une famille banale de Jérusalem. Il y a la maman poule, le père très croyant, le fils ainé qui aimerait sortir davantage pour pouvoir gallocher sa dulcinée et le petit dernier toujours fourré dans les jupons de sa moman. Rien de troublant sous le soleil, jusqu'à ce qu'un accident de la route assez anodin ne survienne. Personne n'est grièvement blessé mais le père demande à son fils ainé d'aller chercher les secours. Il y parvient mais quand l'aide arrive , Papa n'est plus là. Disparu, envolé, peut être même mort. La religion n'autorise pas le deuil, il ne reste qu'à prier. Tehilim signifie "Les Psaumes". Des psaumes pour évacuer, pour se retrouver, espérer, des psaumes qui parfois peuvent étouffer.


Tourné en DV, le film de Raphaël Nadjari peut parfois paraitre un peu cheap. Mais son exigence à toute épreuve lui permet de nous livrer de forts jolis plans capables de saisir tout l'état d'alerte et de perte des personnages. Le personnage de Menachem (le fils ainé) sera particulièrement mis en avant, ainsi que sa relation avec son petit frère. Le regard triste et sensible , Michael Moshonov donne toute sa profondeur à son personnage. Il est habité. Menachem ,qui auparavant préférait faire la fête plutôt que de s'imprégner des paroles divines, va changer. Un changement si profond qu'il se brouillera progressivement avec tous ses proches. Chacun ici cherche sa façon d'attendre un retour de plus en plus improbable, de comprendre l'inexplicable. Etrangement ensoleillé et triste, ce long-métrage prend le parti de ne rien dévoiler, de ne rien appuyer. Durant toute sa durée il prend en otage son spectateur et nous amène à nous perdre nous aussi et à observer de nombreux paradoxes. Paradoxes relatifs à la croyance, aux sentiments, liens familiaux qui se brisent et se cicatrisent. La pudeur avant tout, Tehilim se révèle parfois trop contemplatif et lent. Son rythme empêche une adhésion totale et nous réserve malheureusement quelques baillements. Un petit nuage devant un film habité.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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