Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 22:55


Crédit Photo : Les films du Paradoxe


Dans une petite ville de Province, Fred (Isild Le Besco) mène une vie assez tristounette. En froid avec son père, pas follement amoureuse de son petit ami gendarme, elle travaille de nuit comme infirmière. C'est elle qu'on appelle pour les tâches difficiles : elle n'a pas peur des morts, elle n'a pas peur de grand chose d'ailleurs. Nature, sauvage, Fred ne va pas bien. Jadis, elle participait à des compétitions de tir, elle était championne.Elle a arrêté , se mettant plus ou moins sa famille à dos. Mais elle a toujours son fusil... Paumée, énervée, elle cherche un sens à sa vie, maladroitement. Lors d'un plan à trois improvisé, un de ses partenaires lui dit qu'elle n'est pas douce. Elle s'en fiche de ça, elle s'en fiche de tout. Car elle va partir, elle va partir loin. C'est un après midi, Fred est avec son fusil perchée sur un arbre, elle veut se suicider. Mais elle se rate et tire sur un adolescent un peu teigneux qui n'avait rien demandé. Bonjour la culpabilité ! Comble de la malchance, le jeune garçon se retrouve dans l'hôpital où elle travaille. Après une phase d'hésitation, elle va décider de s'occuper de lui. Comme elle , il hurle , il n'est pas doux. Ces deux mauvais caractères vont s'affronter puis s'apprivoiser.


Accents de villageois, décors naturels et souvent tristounets : Pas douce est un film sans artifices. C'est un premier film, il est parfois maladroit. Les excès de colère de Le Besco ou du jeune Steven Pinheiro de Almeida surprennent souvent et pourront susciter quelques rires pas forcément voulus. De même que ce suicide raté qui parait un peu grossier. Ce n'est pas une nouveauté : Isild le Besco a un jeu particulier. Fascinant pour les uns, agaçants au possible pour d'autres. Il n'empêche, force est de constater que l'actrice rien que par son petit regard véhicule tout un tas d'émotions et témoigne d'une intensité assez déroutante. On a l'impression que Jeanne Waltz voulait s'entourer de voix particulières, de gueules particulières : tout son casting est constitué d'acteurs à la voix ou à la beauté étrange. C'est ce qui surprend et qui fait rapidement le charme de son film. Car plus l'heure tourne , plus on s'attache aux deux personnages principaux. Chacun finit par trouver le ton juste et à nous émouvoir. Un suicide raté, un retour à la vie en beauté pour cette volcanique Fred, incroyablement libre. Dans le décor froid de l'hôpital, la réalisatrice filme une famille qui tente de se réconcilier, des gens qui meurent et d'autres qui retrouvent goût à la vie et la paix avec eux-mêmes. Un premier film sensible et attachant.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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