Crédit Photo : TFM Distribution
Tu es pauvre, tu vis dans un village paumé où il pleut tout le temps, la piscine tu ne la connais qu'en version municipale bondée ? Ami, tu n'es pas le seul à désespérer ! Dans
U.V. tout le monde est en proie à un profond malaise. Maison de rêve, le fric qui dégouline, la piscine, la cave à vin : la totale. Mais c'est trop dur d'être riche quoi ! Papa
(Jacques Dutronc) est à la retraite et est un peu malade, il se réconforte avec la binouse et fait des blagues douteuses. Maman (Marthe
Keller) essaie de se rendre utile mais la boniche de la maison est déjà payée pour ça, ses vieux souvenirs n'ont plus rien d'attrayant aujourd'hui. Les deux filles bronzent au
soleil. L'une (Anne Caillon) est mariée à André-Pierre (Pascal Elbé, très très bon) qui bosse pour Papa et reprend les rênes du domaine familial,
l'autre (Laura Smet) est célibataire et passe son temps à fumer, allongée dans sa chambre tout en appelant des amis pour partager son quotidien vide de sens. Et pour finir,
il y a le fils de la famille, Philip (Alexis Loret). Il n'est pas souvent là, il disparait et réapparait à loisir. Mais chaque année, il est là pour faire son feu d'artifice
perso. C'est l'été, les corps transpirent, Philip ne devrait pas tarder pour son rituel annuel...mais il a un peu de retard. De nulle part, un bel inconnu surgit. Il s'appelle Boris
(Nicolas Cazalé), il se déplace sans aucune affaire ni papier. Mais il est tellement sexy dans son costard blanc que personne n'y prête vraiment attention. Il prétend être un ami
de Philip, il est venu pour le voir mais il n'est pas là. On va lui proposer de rester, il va devenir l'attraction principale. Si tout le monde tombe sous son charme, André-Pierre reste
suspicieux et essaie de mener son enquête...
Dans U.V. tout se veut clinquant et force est de constater que du clinquant en veux tu en voilà sur ton écran ! La réalisation maladroite passe inaperçue, le spectateur
ayant devant lui une Laura Smet sculpturale et un Nicolas Cazalé en "attraction de la salle de sport, le côté PD en moins" (c'est dans le film qu'on le dit, je
n'invente rien). Les dialogues sont d'un vide à faire peur mais c'est peut être l'une des forces du film (si,si). Car si on pourra reprocher au réalisateur de nous offrir un film d'une grande
maladresse et au scénario complètement abracadabrantesque , on ne pourra nier qu'il a parfaitement réussi à reconstituer le quotidien fadasse de la jeunesse dorée d'aujourd'hui. Il ne
se passe rien de particulier sous le soleil, on s'ennuie à mourir, les conversations sont creuses, aucune perspective : c'est l'enfer. C'est peut-être pour cela que Boris remporte dès le début un
tel succès. Car quand on ne ressent et ne vit rien, on est dans le fantasme. Sujet de conversation, d'interrogations, de désir : ce brun fougueux apportre un peu de piquant chez ces riches
désespérés. Le seul à ne pas tomber dans le panneau est le personnage de André-Pierre, peut-être parce que c'est le seul à travailler et à aimer avec sincérité. Volontairement artificiel de bout
en bout, U.V. révèle quelques moments de franche rigolade (les oppositions entre le parano André-Pierre et sa belle famille) et un cynisme assez inattendu. Au final, tout le
monde est prisonnier de sa situation, bloqué dans sa cage dorée. Il y avait du potentiel dans ce film, il se révèle parfois très jouissif et il y a bel et bien une certaine ambiance. Mais la fin
est trop ridicule pour laisser le spectateur quitter la salle avec une bonne impression. On a toutefois vu bien pire dans les salles et U.V. reste un divertissement tout ce qu'il
y a de plus plaisant. Nage autorisée.
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