Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 13:07


Crédit Photo : Paramount Pictures France


Laz (Samuel L. Jackson) était un bon gars, un gars plein de vie qui faisait danser les couples le weekend et qui le soir pouvait cajoler sa petite femme. Mais lorsque cette dernière l'a quitté, Laz a attrappé le blues. On nous l'explique dès le début du film : le blues et la musique en général viennent bien souvent d'une relation amoureuse qui tourne mal. Mais est-ce que déprimer , guitare en main, arrange les choses ? Pas vraiment. Laz vit dans un village paumé du Tennessee, une bourgade où tout se sait très vite. Au milieu des habitants, on y trouve une jeune fille bien courtement vêtue. Son nom est Rae (Christina Ricci). Abusée par son père dès son plus jeune âge, notre bitchy blonde a la rage dans le corps. Cette rage s'est calmée grâce à son petit ami Ronnie (Justin Timberlake). A eux deux, ils forment un couple de désaxés , de losers qui se comprennent et s'aident pour survivre dans un monde qu'ils ne comprennent pas. Mais un jour, Ronnie doit aller faire la guerre. Il laisse Rae seule face à ses pulsions. Le chéri à peine parti, la nymphomanie de la jeune fille revient au galop. Plus rock'n roll que jamais, Rae se laisse traiter comme la dernière des catins. C'est plus fort qu'elle : il y a ce serpent noir qui la ronge et qui lui donne envie d'étreintes de plus en plus trash. Jusqu'au jour où ça dérape. Un beau matin, Lazarus trouve Rae allongée au sol, en sang. Il va décider de l'aider et la ramener dans le droit chemin. Ils auraient pu aller ensemble à l'Eglise mais non, Laz préfère la méthode forte : il va l'enchainer chez lui.


C'est une boule de feu. Christina Ricci est tout simplement hallucinante dans le rôle de cette teenager en chaleur. La mise en scène clipesque impose de suite un rythme soutenu qui nous amène parfois aux frontières de la folie. Réalisateur de Hustle&Flow, Craig Brewer replace une nouvelle fois la musique au coeur de l'intrigue. Blues quand on déprime, rock quand on désire, country pour un peu de quiétude. Dans cette spirale musicale, les personnages cherchent la rédemption mais sont plutôt du genre tenaces. Il y a une liberté qui émane de ce long métrage , un sentiment que toutes les audaces sont permises avec le personnage de Rae complètement barré et trashy. Dans ce cinéma de l'instant, compulsif, on se marre volontiers face à ce sexisme déguisé et assumé. Laz et Rae arriveront-ils à tuer le Black Snake Moan qui est en eux ? A oublier le passé et essayer de faire bien les choses pour une fois ? Choc des générations et des sexes au programme pour une oeuvre qui oscille entre folie pure et arty et guimauve chrétienne tout ce qu'il y a de plus classique. Que pense réelement le réalisateur de ses personnages ? Sa fin est-elle vraiment un happy end ? Tout en ironie, Craig Brewer signe un des films ricains indé les plus décalés et jouissifs de 2007. Si ,vous aussi, le serpent noir vous ronge et vous donne le cafard, foncez donc dans les salles : le cinéma, comme la musique, apaise l'esprit et les rancoeurs.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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