Crédit Photo : Gemini Films
Martin (Charles Berling) est un professeur de philosophie et un écrivain à ses heures perdues. Sa vie est plutôt ennuyeuse et il ne parvient pas à trouver le sujet de son
prochain livre de fiction. Mais un soir, il rencontre un homme qui l'intrigue. L'homme se fait virer violemment d'un bar car il n'a pas payé. Martin paye pour lui, l'homme lui donne en cadeau une
de ses peintures et lui donne son adresse. Quelques jours plus tard, notre ami écrivain se rend au domicile du mystérieux inconnu. Il est mort alors qu'il était en plein ébat avec sa jeune
maitresse, Cécilia (Sophie Guillemin). Par hasard, Martin la rencontre et commence à dialoguer avec elle. Ils deviennent amants. De cette liaison, Martin ne cache aucun détail à
son ex et confidente Sophie (Arielle Dombasle). Celle-ci va rapidement réaliser que son ami perd pied et plonge dans sa névrose. Le problème de Martin c'est qu'il analyse tout,
étudie sa maitresse comme un personnage de roman dont il voudrait décrypter intégralement la psychologie. Il finit par la trouver creuse, ennuyeuse. Il veut rompre , lui achète un cadeau pour
calmer le jeu et l'attend au café pour lui annoncer leur séparation. Mais Cécilia ne vient pas. Frustré, perdant le contrôle, Martin ne met pas un terme à leur relation. Il va au contraire
l'alimenter. Devenant de plus en plus distante , libertine et mystérieuse, Cécilia va l'enterrer dans une profonde dépression. Perdant tous ses moyens, Martin devient alors un animal à la
sexualité complètement frénétique. Arrivera-t-il à se stopper avant qu'il ne soit trop tard ?
C'est un film très sexuel que livre ici Cédric Kahn. Le corps de Sophie Guillemin finit par obséder à l'extrême Martin et le spectateur par la même occasion. On
nous montre comment d'une simple relation avec une inconnu on peut basculer dans la passion destructrice et incontrolable. Le personnage de Martin qui avait décidé de proner l'abstinence se
retrouve totalement soumis à des pulsions sexuelles sauvages. Nous sommes enivrés dans ces débats et l'on ressent toute cette détresse qu'éprouve l'impuissant Martin. Porté par un Charles
Berling étourdissant, L'ennui est tout sauf ennuyeux et se révèle au contraire particulièrement haletant. Le film de Kahn force le respect en rendant
une histoire anodine complètement passionante de bout en bout. Le visage du personnage de Cécilia et son air nonchalant, incernable, nous reste dans la tête. Alternant le côté dramatique du film
par des dialogues souvent drôles (notamment lors des scènes avec Arielle Dombasle, agacée des analyses sans fin et dénuée de sens de son ami) , L'ennui se révèle
être une comédie dramatique terriblement efficace.
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