Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 22:02


Crédit Photo : MGM


Jerry Mulligan (Gene Kelly) est un artiste peintre américain qui vit à Paris. Comme beaucoup de ses amis des "States" ,il voue un culte à la ville des artistes et nous ressort tous les clichés habituels sur l'architecture, l'inspiration qui émane des différentes places...Mais que l'on se rassure, cela est souvent accompagné d' un second degré savoureux. De l'humour, il y en a d'ailleurs beaucoup au début du film où Minnelli s'amuse avec le spectateur. La présentation des personnages est en effet assez inattendue et originale. On réalise rapidement que Jerry est un artiste sans le sou et pas très doué. Il expose ses toiles dans les rues de Montmartre mais ne vend rien. Il oublie ses soucis en buvant et chantant avec ses amis pianistes et chanteurs. Et puis un jour, une riche héritière jette son dévolu sur lui. Elle décide de prendre sa carrière en main, de le lancer. Tout en espérant qu'il finira par craquer pour sa dévouée mécène...Mais il n'en est rien ! Jerry a un coup de foudre pour une jeune fille dans un bar. Elle s'appelle Lise (Leslie Caron), elle travaille dans une parfumerie et au bout d'un moment elle va finir par céder à sa drague outrageuse. Mais ce que l'Américain à Paris ne sait pas, c'est que Lise n'est pas célibataire. Pire : elle sort avec son ami chanteur. Oops.


Un Américain à Paris
, comme bon nombre de comédies musicales, se veut acidulé et aérien. Gene Kelly, plus athlétique que jamais, multiplie les numéros de claquettes et nous balance son charme en pleine figure. On dit que les français sont dragueurs, apparemment les americains le sont encore plus en tenant compte de ce film. Il faut dire que Gene Kelly a tout du prince charmant et que son numéro de drague sur les Quais de Seine mérite les applaudissements. Les passages sur les quais sont au passage particulièrement touchés par la grâce et feront chaud au coeur des cinéphiles les plus blasés. Mais attention : Un Américain à Paris n'est pas aussi léger que l'on pourrait le croire. Il est même parfois assez cruel. Jerry n'hésite pas à profiter et utiliser sa mécène quand il va mal, Lise est une belle menteuse et le regard du réalisateur sur l'art de son personnage principal n'est pas dénué d'ironie. Jerry est un grand naïf qui s'émerveille face à la beauté (de la ville ou des femmes) mais peut justement se laisser aveugler par elle.


Ce qui surprend le plus dans ce film musical, c'est l'importance des dialogues et le petit quota de passages chantés ou dansés. En effet , le réalisateur a préféré creuser les rapports entre les personnages avec des dialogues. Mais que les amateurs du genre se rassure : sur la fin, Minnelli nous réserve une véritable explosion musicale. Plus de 15 mn de ballet s'affichent sur l'écran pour illustrer les rêves et fantaisies de Jerry. Un ballet riche en couleurs et références artistiques qui emporte tout sur son passage et qui se révèle être le prélude idéal avant un final grandiose. Oui, sur ses 20 dernières minutes Un Américain à Paris nous foudroie. On pensait jusque là assister à un classique fort sympathique, on réalise soudain que nous sommes face à un chef d'oeuvre. Grandiose.

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma - Communauté : critique en tout genre
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