Crédit Photo : Pyramide Distribution
Victor (Paul Blain) vit à Vienne avec Annette (Marie-Christine Friedrich) et leur fille Pamela. Poète raté, il vit aux crochets de sa compagne et
préfère passer ses journées à glander, déprimer et se défoncer qu'à se motiver et écrire. Un vrai boulet. Mais Anette l'aime et lui laisse du temps, elle le soutient. Et s'il n'est pas un
amoureux exemplaire, Victor est plutôt un bon père. Le couple se prépare à revenir à Paris où ils espèrent retrouver un quotidien sans problèmes. Notre junkie a une chance de se ressaisir. Mais
il ne saisira pas cette chance et sombrera de plus en plus dans la dope. Folle amoureuse mais détruite psychologiquement, Annete finira par mettre les voiles et empêcher Victor de voir sa fille
grandir. Plus d'une décennie plus tard, le moment des retrouvailles a sonné.
Tout est pardonné met du temps à démarrer. Ce qui bloque au début, c'est un manque d'attachement aux personnages. Ils ne sont pas très sympathiques et ancrés dans un quotidien fadasse
pas très plaisant. Mais cette âpreté est un choix de la réalisatrice et il est tout à fait respectable. Lorsque l'on voit Victor sombrer dans la coke, on a peur de tomber dans un énième
film d'auteur sur la drogue et de se refarcir les clichés habituels. Ce ne sera pas le cas. Non, il n'est vraiment pas évident de se laisser séduire par cette histoire même si l'on observe
des plans séquences d'une grande beauté. Mais petit à petit, on rentre dedans. Tout est pardonnné est en fait tout l'inverse de l'effet que procure la drogue. On est d'abord en
pleine descente puis petit à petit on se laisse aller et on plane de bonheur. Car la troisième partie du film est tout simplement formidable. On redécouvre le film face à la révélation qu'est
l'actrice Constance Rousseau. Ses subtiles retrouvailles avec son père réservent de très belles scènes et elle parvient à faire oublier la lenteur des débuts. Pour la peine, on a
envie de tout pardonner à la réalisatrice et de lui faire bien des compliments. Les deux premières partie du film ne sont plus que des souvenirs, des souvenirs difficiles que l'on choisit avec
Pamela de surmonter. Mine de rien, Tout est pardonné est un premier film très prometteur et qui ne tombe jamais dans la facilité. Il révèle une actrice mais aussi Mia
Hansen Love dans son nouveau rôle de réalisatrice. Une réalisarice qui a de la personnalité et qui semble très douée pour diriger ses acteurs.
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