Source Photo : bobtheque.com
Lili (Delphine Zentout) a 14 ans et est en vacances dans un camping à Biarritz. Elle s'ennuie à mourir dans sa caravane, à l'étroit entre son frère et ses parents. Lili
a 14 ans, et elle a envie de jouer aux grandes, de devenir une femme. Elle réussit à avoir la permission pour sortir le soir avec son frère. Mission de la soirée : rentrer en discothèque.
Pour y aller, les deux jeunes gens vont faire du stop et tomber sur Maurice (Etienne Chicot), un quadragénaire en costard. Il accepte de les amener dans un club mais Lili
s'énerve pendant le trajet et se retrouve seule au bord de la route. Elle ira a pied. Une fois arrivée, elle fait la connaissance d'un homme , Boris (Jean-Pierre Léaud), à
qui elle avoue vouloir devenir écrivain. Lili n'aime pas le conformisme, hurle facilement, est à vif. Lorsqu'elle retrouve son frère, Maurice et sa bande en boite, elle joue un jeu dangereux.
Elle séduit cet homme qui a plus de deux fois son âge, l'émoustille, le provoque. Une part d'elle a envie d'abandonner sa virginité, de céder à cet homme qu'elle désire. Mais en même temps elle a
peur, elle reste une jeune fille, peut-être craint-elle de passer pour une pute. Il ne se passe rien de concret ce soir-là mais la nuit passée dans l'hôtel marque les deux individus au fer rouge.
Le temps passe, elle continue de le voir, les choses dégénèrent. Ses parents comprennent ce qu'elle est en train de faire et voir leur enfant sombrer dans la débauche ne leur plait pas. Une
violente scène de dispute éclate, pleine de rage, de reproches, de sentiments exacerbés. C'est le drame familial...
C'est le portrait d'une jeune fille et ses paradoxes, des problèmes qui vont avec l'appréhension de la première fois. C'est un film sur le fil, avec des acteurs qui ne jouent pas toujours
forcément juste mais qui nous apparaissent terriblement réels. Lili est une fille paumée, une gamine qui a des posters de Madonna dans sa caravane, qui pense que pour être femme il suffit de
jouer un peu à la trainée. Mais le monde des adultes et l'acte sexuel sont effrayants, le regard des autres est assassin. Elle se sent incomprise, elle ne sait plus ce qu'elle veut ou bien n'est
pas apte à composer avec. Elle a envie d'en finir avec sa virginité. Face à elle, le personnage de Maurice parait tout aussi paumé. Il ne controle pas cette attirance incestueuse. Il a beau
essayer de jouer le mec baratineur et à l'aise, de faire son donneur de leçon, il ne semble plus trop savoir qui il est face à cette gamine à la grande gueule. La tension sexuelle reigne,
Breillat filme l'intimité comme jamais. Les acteurs se donnent à fond pour incarner des personnages qui n'ont pas peur de se mettre à nu dans tous les sens du terme. Choquant
pour les uns, audacieux pour beaucoup, 36 fillette est un film qui brille par sa sincérité. Il confirme que Catherine Breillat a sa vision des choses (et des
rapports homme/femme en particulier), une vraie personnalité, peu importe que cela plaise ou non. Le plan final, tout en paradoxes, est une pure merveille. Un portrait de jeune fille coup de
poing, porté avec force par la jeune Delphine Zentout.
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