Crédit Photo : Flach Film
Jeanne (Anne Parillaud) tourne un film intitulé Scènes intimes. Pour ce long-métrage, elle a choisi deux jeunes comédiens parce qu'elles les aiment. Lors du casting, elle
avait le pouvoir de choisir. Mais maintenant que le tournage a commencé et que les interprètes de ses personnages brillent par leurs caprices, elle n'est plus vraiment en position de force.
Le problème : les deux recrues (interprétées par Roxane Mesquida et Grégoire Colin) ont bien du mal avec les scènes d'intimités. L'acteur embrasse comme un nul, ne se sent
pas à l'aise, les corps bougent maladroitement, la vérité des sentiments et l'émotion ne passe pas à l'écran. Jeanne va devoir redoubler d'efforts et de patience pour obtenir ce qu'elle veut pour
son film. Récit d'un tournage compliqué.
Le film tourné s'appelle Scènes intimes, ce n'est pas un hasard. Les scènes d'intimités, Catherine Breillat ça la connait. C'est pour ces scènes qu'on l'aime ou qu'on la déteste.
Pour ce voyeurisme, ces instants de vérité volés. Sex is Comedy c'est d'abord les coulisses d'un tournage. Les rapports entre réalisateur et acteurs, tour à tour dominants et
dominés. Occasion rêvée pour remettre le couvert sur les rapports entre hommes et femmes. La confrontation des sexes et des statuts a lieu, le narcissisme, l'égoisme éclatent partout. La
réalisatrice nous montre l'envers du décor, les studios, les fausses plages ensoleillées, les fausses alchimies entre les interprètes. Sex is Comedy c'est aussi et surtout un
portrait de Breillat par Breillat, de ce qu'elle aime, ce qu'elle veut et attend de son propre cinéma. Anne Parillaud se glisse dans sa peau et sa
tête, nous fait découvrir les coulisses de différentes scènes clé du film A ma soeur. Nous sommes face à une femme de pouvoir, respectée, mais qui a aussi des doutes, qui
peut perdre le contrôle. Réalisatrice souvent maternelle, parfois solitaire, Jeanne touche beaucoup. Ceux qui accuse la cinéaste de ne faire du cinéma que par provocation devraient voir ce film
pour comprendre une fois pour toute qu'ils se sont trompés. Car Breillat jouée par Parillaud se montre sensible, vulnérable, pleine de paradoxes et de ce fait
toujours touchante. Avec sérieux et humour, la réalisatrice parle d'elle et du cinéma, d'elle et de son cinéma. Cet autoportrait particulier est une belle réussite, très bien joué, entre
subtilité et grossièreté. Tourner c'est être éprouvé, c'est aussi de grand moments d'émotions et de liberté. L'amour du 7e art s'affiche, et ça fait plaisir.
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