Crédit Photo : MK2 Diffusion
Paul Andrew Williams ne prend pas de pincettes et nous plonge directement dans l'action. Il est 3h07 à Londres et on voit deux personnages féminins en pleine crise dans les
toilettes. L'une a tout l'air d'une prostituée et a le visage défoncé, l'autre est une fillette complètement flippée. Les présentations sont faites avec Kelly (Lorraine
Stanley) et Joanne (Georgia Groome). Que s'est il passé ? Les deux filles veulent partir, prendre le premier train pour Brighton. Pas d'argent sous la main, Kelly
va faire un tour dehors, se prostitue et ramène de quoi payer le voyage. Un lien s'est créé entre ces deux personnages que tout devait opposer : la tragédie qu'elles ont vécu les a rapproché. Du
train, elles observent la campagne de Brighton, vénère cette tranquilité à des kilomètres de la ville de Londres source de tant de problèmes. A Londres justement, un mec louche qui s'appelle
Derek (Johnny Harris) pète petit à petit les plombs. Un fils à Papa l'a menacé de le tuer et lui a coupé un bout de jambe. Pourquoi tant de haine ? On comprend vite que
Derek et les deux filles sont liés. Une affaire de prostitution qui a dérapée. Si Derek veut sauver sa peau, il doit les retrouver et les livrer au golden boy. La poursuite commence tandis qu'à
Brighton, Kelly et Joanne vivent des moments simples en espérant de ne pas se faire attrapper.
Encore une histoire de prostituées désespérées ? Oui, London to Brighton nous offre un portrait brutal de deux vendeuses de plaisir. La plus agée est blasée et n'attend plus
grand chose de la vie. Mais elle a peut être trouvé un sens à celle-ci en s'occupant de Joanne. Elle culpabilise d'avoir amené cette enfant à se prostituer et veut la mettre hors de danger,
essayer de lui permettre de reprendre une vie normale tant qu'il en est temps. "La réinsertion est parfois possible" semble vouloir nous dire ce film moins violent et trash qu'il n'y parait. Si
on devine assez rapidement le fin mot de l'histoire et du drame, London to Brighton fonctionne grace à des personnages attachants et un refus de tout manichéisme. Chacun a des
circonstances atténuantes et la pire horreur que l'on peut faire pourrait alors être pardonnée. Mais certaines fautes sont plus graves que d'autre et ne trouveront peut être aucune grâce.
Paul Andrew Williams creuse les rapports paternels et maternels entre les personnages. Kelly est un peu la maman de substitution de Joanne, une sorte d'ange gardien tâché par la
culpabilité. Le film nous montre que le quotidien routinier est parfois une chance inespérée. Du côté de la réalisation , l'action et les flashbacks se mélangent sans artificialité. Si
London to Brighton ne marque pas par son originalité ou son audace, il a le mérite d'être un thriller efficace et attachant, sombre et plein d'espoirs.
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