Source Photo : mediafilm.ca
François est un petit garçon tout mignon. Sa mère l'a abandonné et le voilà dans une famille d'accueil. Ses parents adoptifs n'en peuvent plus : derrière sa petite bouille se cache un vrai
diablotin. Il casse tous les objets qu'il trouve, il créé des conflits à l'école, essaie de tuer des chats et est incontrôlable globalement. Lassés, les parents abandonnent et c'est le retour à
la case "marché des petits" pour lui. Vernis, le jeune garçon va trouver une nouvelle famille d'accueil. Une bande de petits vieux (soit l'exact opposé de l'enfance) habitués à élever des
gosses délaissés. Mais s'il a un vrai coeur dans le fond, ce sale gosse va leur en faire baver à eux aussi.
La colère est sur la pellicule, celle d'un petit garçon sans repères qui ne parvient pas à s'intégrer dans des familles qu'il n'a pas choisi. Pialat dès son premier film
montre qu'il aime le cinéma vérité, qu'il aime parler de choses qui sonnent vraies, qui sont vraies. Aspect documentaire, personnages filmés dans leur plus banale intimité et quotidien. Si
Pialat refuse de souligner tout propos, les images et les situations parlent d'elles-mêmes. On place des enfants dans des familles d'accueil tels des produits. Chacun à sa propre
caractéristique qui pourra peut être l'amener à être choisi par une âme charitable. Les adultes tentent de faire ce qu'ils peuvent, semblent désespérer face à la situation de ces pauvres bambins.
Mais ils oublient une chose, et c'est pourtant la plus essentielle : essayer de comprendre et faire preuve de patience. Comme de petits chiots que l'on recueille, ces enfants ont
l'obligation de bien se fondre dans la masse sinon ils pourront être expulsés. On le voit bien : François est un brave petit...mais il a une rage incontrôlable qu'il ne semble pas apte
à canaliser. Bourré de bonnes intentions (lorsqu'il est expulsé de sa première famille il achète un cadeau d'adieu à la vilaine mère qui le rejette alors qu'il aurait pu s'acheter des BD, à la
fin du film il écrit une lettre pleine de tendresse à sa nouvelle ex famille) mais maladroit, ne se retrouvant pas dans un système et dans les attentes qu'on exige de lui, ce jeune homme doit
faire face à un monde d'adulte involontairement cruel. C'est bien le pire : gâcher des vies sans même s'en rendre compte. Comment fabrique-t-on des délinquants ? La recette se trouve peut
être dans L'enfance nue...
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