Crédit Photo : MK2 Diffusion
Dans un coin perdu de l'Argentine, au milieu de ruisseaux et autres rivières, se balade le solitaire Alvaro. Il n'est pas comme les autres habitants du village, il aime rester seul, travailler
sur des reliures de livres, pêcher du poisson ou pêcher tout court. Car Alvaro est homosexuel. Il ne trouve de l'amitié et du respect qu'auprès d'un vieil homme qu'il considère comme son père.
Pour se déplacer d'un bout à l'autre de la jungle labyrinthique que constitue son lieu de vie, il emprunte le bateau La Leon. Un petit bateau souvent vide que conduit El Turu, un homme
viril,beauf et médisant. Alvaro et El Turu sont complètement opposés et l'heure de l'affrontement ne tardera pas (de façon inattendue, quoique...). Pendant qu'Alvaro s'égare dans les plaisirs
homosexuels en pleine forêt, El Turu picole et maudit les misioneros, qui selon lui vont piller les terres de tous les habitants. La quiétude de la rivière est là mais les tensions intérieures de
chaque personnages vont éclabousser cette fausse tranquilité.
La Leon impressionne par son esthétique. Noir et blanc splendide , la nature filmée avec une rare intensité. Un remarquable travail sur le son est aussi identifiable. Il y a aussi le jeu
tout en retenue des acteurs. Les décors sont posés et séduisent, une ambiance envoutante émane de l'écran. Voilà un film qui fait du bien à l'esprit, dont on s'imprègne et dans lequel on a envie
de se perdre. La sensualité est de mise, le réalisateur aime ce qui est beau et nous fait partager ce bon goût. Les dialogues sont peu nombreux, les personnages un peu caricaturaux... mais tout
fonctionne à merveille. La Leon apparait alors comme une sorte de fable étrange sur la tolérance, l'acceptation de soi et des autres. Un moment de cinéma magique qui joue
avec nos sens.
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