Crédit Photo : EuropaCorp Distribution
Mme Krüger (Monica Bleibtreu) est une vieille prof de piano presque comme les autres. Presque parce qu' elle donne des cours...dans une prison de femmes. Pouvant compter ses
élèves sur les doigts d'une main, elle subit des pressions de l'administration qui ne croit pas vraiment à l'utilité de son enseignement. Et voilà qu'un jour débarque en prison la jeune Jenny
(Hannah Herzsprung). Mal élevée, colérique, violente, elle n'est pas du genre à faire bonne impression. Et pourtant bien que la première tentative de cours se
passe très mal, Mme Krüger croit déceler en elle un véritable don pour le piano. C'est ainsi que cette fille et cette femme que tout oppose vont se retrouver à faire équipe pour un concours de
piano. Mais la collaboration sera loin d'être évidente, Jenny vivant mal son quotidien en prison et les raisons qui l'y ont amenée.
4 minutes a tout du film et du scénario casse-gueule : à lire le synopsis on imagine déjà les scènes super mélo entre
les murs de la prison. Pauvre petite délinquante si douée...Que l'on se rassure : Chris Kraus joue certes avec la fragilité de ses personnages et de leur situation mais il
parvient toujours à éviter le surplus de pathos. Et pour l'y aider, il peut compter sur une jeune actrice tout simplement extraordinaire : Hannah Herzsprung qui apporte toute sa
force et sa rage au personnage de Jenny. Ce personnage complètement imprévisible effraie autant qu'il émeut. C'est le portrait d'une fille à qui la vie n'a vraiment pas fait de cadeau (père
violeur, petit ami irresponsable) et qui a appris malgré elle à réagir par une extrême violence. Hystérique et nerveuse, la petite Jenny semble mal partie pour réussir le concours de piano,
discipline qui demande rigueur et bonne tenue. Face à elle, il y a cette vieille prof qui ne lâche rien et qui est rongée par d'étranges souvenirs lesbiens...
La réalisation est parfois académique, certains effets de style paraissent parfois comme complètement inutiles et pourtant 4 minutes ne peut
s'empêcher de nous séduire. Car c'est un film qui a la rage. A l'image du personnage de Jenny qui n'hésite pas à se cogner contre une vitre au risque de la briser et tomber au sol, le
long-métrage de Chris Kraus semble n'avoir rien à perdre. Guidé par la passion, il se permet parfois bien des audaces (le final est assez inattendu et se révèle être une bonne
claque) et montre que si sa réalisation est légèrement sage, son scénario l'est nettement moins. Au final on assiste à un très beau face à face de femmes, entre sensibilité et férocité.
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