Crédit Photo : MK2 Diffusion
Poppy (Sally Hawkins) voit la vie du bon côté. Trébucher dans un métro bondé, la mauvaise humeur des gens, les reproches familiaux : elle passe au dessus de tout ça ou
bien essaie d’apporter un peu de gaieté dans une société sinistre. Habillée comme une gamine, cette trentenaire complètement atypique officie comme professeur des écoles. En même temps, difficile
de la voir dans un autre contexte, elle qui a gardé fraicheur et naïveté. Mais cela ne l’empêche pas d’être une femme pour autant. Elle boit, elle fait la fête, elle séduit, elle aime, elle
observe. Sur sa route vont arriver une prof de flamenco aussi déprimée que surexcitée, un professeur d’auto école agressif et blasé et un charmant célibataire avec qui il y a comme un coup de
foudre dans l’air. La joie de vivre de Poppy restera-t-elle intacte ?
Sous ses airs de sous Amélie Poulain et de comédie faussement niaise, Be Happy se révèle être un
portrait subtil d’une société où l’on a éradiqué la joie de vivre. La majorité des gens que Poppy croise sont des écorchés vifs, des gens qui ont perdu le sourire suite à un ou des évènements
plus ou moins graves. Les temps sont durs : rupture sociale, stress, société de consommation…Mais est-ce une raison pour complètement se renfermer ? Mike Leigh a le bon
goût de ne pas faire de Poppy une sainte qui viendrait changer le destin des malheureux. Que ce soit avec son imbuvable prof de conduite ou un clochard désespéré, Poppy écoute, observe. Elle
essaie de ne pas juger, donne quelques conseils…puis repart. Elle ne fait pas de miracles, sa bonne humeur n’est qu’un contraste présent pour montrer aux autres que oui, c’est possible de se
sentir bien dans ce monde difficile. Reste à positiver, même si ce n’est pas toujours évident. Le message peut paraître simplet présenté ainsi mais dans le film il est amené avec une subtilité
assez réjouissante.
Sans prétention, le scénario de Be Happy se contente de suivre Poppy dans une période particulière de sa vie. Celle où elle est amenée à grandir.
Elle apprend à conduire, elle sera bientôt sur la route et elle a choisi le chemin du bonheur. Ca tombe bien puisque l’amour se profile à l’horizon. Pas aussi aseptisé que prévu, ce long-métrage,
qui souffre quand même de quelques petites longueurs, montre surtout les travers de l’humain pour mieux faire briller une héroïne finalement assez banale et donc constituant d’autant plus un
exemple. Parfois lourdingue, souvent drôle et fantaisiste, majoritairement douce et attachante : Poppy nous rappelle qu'aller vers l’autre n’est pas si facile (à l’image de cette dernière
scène où elle rame) mais que quand on y met du sien ça fait du bien. Prenez vous aussi les choses du bon côté.
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