Crédits Photos : Mars Distribution
Deux enfants s’amusent au bord de l’eau. La petite fille se retrouve prisonnière d’un ponton qui vient de se briser, le petit garçon court pour aller chercher de l’aide…et se fait renverser par
une voiture. Alors que la conductrice pleure toutes les larmes de son corps face au tragique accident, on remarque qu’un halo de lumière encercle le pauvre bambin. Vingt ans plus tard, nous
découvrons que le garçon a survécu mystérieusement. Il est comme revenu d’entre les morts. Il s’appelle Nathan (Romain Duris) et travaille dans un prestigieux cabinet
d’avocats à New York. Nathan est froid, renfermé sur lui-même. Il vit seul et a régulièrement au téléphone son ex-femme, Claire (Evangeline Lily) et sa petite fille qui vivent
désormais au Nouveau-Mexique. L’existence de Nathan va être bouleversée par l’incursion dans sa vie du mystérieux docteur Kay (John Malkovitch), un homme qui déclare être un
messager de Dieu. Il voit à l’avance qui va mourir et essaie de faire son maximum pour que les futurs défunts trouvent la paix intérieure. D’abord sceptique, Nathan va progressivement réaliser
que le docteur Kay ne plaisantait pas…et sentir qu’il pourrait être le prochain mort sur la liste. L’occasion où jamais de redécouvrir la vie.
Adaptation du roman de Guillaume Musso, Et après dispose de nombreux atouts de départ : un casting inattendu et fort séduisant (le charme de la coqueluche Romain Duris associé à la sensibilité de Evangeline Lily, reconnue mondialement pour son rôle dans la série Lost) , un directeur de la photo particulièrement doué (Mark Ping Bing Lee, qui a collaboré sur de nombreux films de Hou Hsiao Hsien) et la participation de Michel Spinosa (réalisateur de Anna M) à l’écriture du scénario. On a franchement envie d’y croire. Mais,dès les premières minutes, l’excitation laisse place à de nombreuses craintes. Petit garçon renversé, pathos, utilisation maladroite de la voix off…
Il ne faut pas se tromper sur la marchandise : Gilles Bourdos nous sert un film très guimauve avec en fond des questions existentielles assez rabattues. Les spectateurs les
plus sensibles pourront surement adhérer au projet même s’il est indéniable que celui-ci reste très téléphoné (la scène de cloture est d’un cliché !). Quant au jeu des acteurs, on ne peut
malheureusement pas clamer qu’il est stupéfiant. Romain Duris fait tout ce qu’il peut et ne perd rien de son aura mais son anglais semble être une barrière à un jeu vraiment
juste. La plupart du temps, on ne croit pas à ce que son personnage dit, ou bien on voit l’acteur derrière le personnage (dans ce sens, il serait intéressant de découvrir le film en VF si
Romain Duris s’est doublé lui-même). Malkovitch doit faire avec un rôle mystique assez cliché mais s’en tire bien et Evangeline Lily semble
ramer un peu. Bref, pas trop ça la direction d’acteurs. Reste la photographie du film : c’est franchement joli à regarder, il y a quelques plans bien inspirés et le contraste entre la
froideur et la modernité de la ville de New York et la pureté des décors du Nouveau Mexique était une excellente idée. Malheureusement, parfois on se croirait dans un spot publicitaire.
Oublions donc la technique pour revenir sur le fond. Et après est le portrait d’un homme brisé par différents drames
qui ont jalonné sa vie. Face à la peur de mourir il va essayer de tout reconstruire. Le sujet est universel et les questions relatives à ce qui se passe avant ou après la mort nous ont tous
touché au moins une fois. On signalera des seconds rôles plutôt bien amenés (la serveuse russe et l’adolescent condamné à l’hôpital) et un suspense qui fonctionne relativement bien. La relation
de Nathan et Claire, âmes sœurs séparées suite à un drame, est pour sa part assez touchante. Il n’y a donc pas que du mauvais dans ce long-métrage sirupeux et étrangement hollywoodien. C’est bien
le problème. Entre beauté et mauvais goût, entre justesse et maladresse, entre sincérité et discours formaté : on ressort de la salle sans trop savoir quoi penser et pas très convaincu. Une
certaine déception.
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