Crédit Photo : Warner Bros
Lorsque Benjamin Button (Brad Pitt) vient au monde, ce n’est pas dans de merveilleuses conditions. Sa mère meurt en couche et son père est effrayé. Car Benjamin n’est pas un bébé
comme les autres : il nait en ayant l’apparence d'une personne de 80 ans. L’étrange histoire de Benjamin Button c’est donc le récit d’une vie à rebours, celle d’un
homme qui au fil du temps ne cessera de rajeunir. S’ouvrant sur la fin de la première guerre mondiale, le film parcourt 80 années de l’Histoire. Au fil des années, des époques, Benjamin rencontre
des gens, voyage. Mais s’il ne devait retenir qu’une seule rencontre ce serait celle avec Daisy (Cate Blanchett) qu’il a connu petite fille et qu’il retrouvera plus tard, devenue
une danseuse de talent. Mais comment s’aimer, quand on ne va pas dans la même direction (elle va vieillir, lui l’inverse) ?
David Fincher signe avec L’étrange histoire de Benjamin Button un divertissement grand public et très soigné comme seul Hollywood sait les faire. De l’adoption de Benjamin par la black au grand cœur Queenie à sa romance avec la sublime Daisy, le spectateur voyage, se questionne sur son existence, croise toute une galerie de personnages attachants et souvent émouvants. Les ambitions sont grandes et les effets spéciaux sont assez sidérants : Brad Pitt tenait à jouer Benjamin Button du début à la fin de son existence et lors de la première partie on le découvre en vieillard minuscule et autant dire que c’est diablement bien fichu. En marchant sur les traces de Forrest Gump, le scénario (adapté d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald) mêle histoire intime et grande Histoire. L’intime l’emporte au final, les évènements historiques servant essentiellement de décor à l’intrigue.
Si la réalisation se révèle souvent académique, le spectacle se suit avec plaisir et intérêt, ponctué de passages tragi-comiques (le
fameux homme victime sept fois de la foudre). La durée de l’œuvre (2h45) est un obstacle certain, il y a quelques longueurs et on retiendra quelques lourdeurs même (les passages avec Cate
Blanchett à l’hôpital sont assez surfaits). Mais ce qui finit par remporter l’adhésion c’est l’histoire d’amour Benjamin/Daisy. Une sorte de coup de foudre problématique. Ils se plaisent
instantanément mais quand ils se rencontrent lui est un vieillard et elle une petite fille et la situation s’inversera peu à peu. Doté d’une belle bande originale, servi par des acteurs (dans les
premiers comme dans les seconds rôles) inspirés et une écriture cohérente et majoritairement subtile (tous les personnages existent vraiment à l’écran) , Benjamin Button se
révèle être une œuvre plaisante, bien fichue, souvent émouvante. Seul vrai bémol : l’idée de base est originale, décalée, audacieuse, mais Fincher semble parfois un peu trop
se reposer sur elle. Finalement nous sommes devant un spectacle très linéaire. Si pour ma part je ne crierai pas au chef d’œuvre, nul doute que ce film à l’ambiance curieuse, toute particulière,
deviendra culte pour certains cinéphiles. Car on croit à l’histoire de bout en bout. En tout cas, un beau compromis entre blockbuster et film d’auteur.
Film sorti le 04 février 2009
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