Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /2009 15:00


Crédits Photos : Carlotta Films


Brooklyn, années 50. Joey (Richie Andrusco), 7 ans, et son grand-frère sont laissés sans surveillance par leur mère pendant un peu plus d’un jour. Cette dernière va rendre visite à leur grand-mère, souffrante. Le grand-frère de Joey est chargé de prendre soin de lui. Mais il en a marre de devoir toujours s’occuper de son cadet et aimerait bien s’en débarasser. Il lui fait alors une blague : il met entre les mains de Joey une carabine et simule sa propre mort. Persuadé d’avoir tué son frère, Joey prend la fuite. Il se dirige vers Coney Island, une plage new-yorkaise où son frère rêvait d’aller avec ses amis. Le soleil, des gens qui prennent du bon temps, une énorme fête foraine : en 24 heures, Joey va découvrir la vie et ses règles, entre craintes et amusement.

 

« Notre Nouvelle Vague n’aurait jamais eu lieu si le jeune américain Morris Engel ne nous avait pas montré la voie de la production indépendante avec son beau film, Le Petit Fugitif ». Ces paroles viennent de François Truffaut qui cinq ans après Le Petit Fugitif sortira les 400 coups, autre histoire d’un enfant en fuite. Si c’est surtout le travail de Morris Engel qui a été retenu, ce long-métrage est le fruit du travail de trois réalisateurs : Ruth Orkin, Ray Ashley et Morris Engel. Et en effet, difficile de ne pas penser à la Nouvelle Vague en le découvrant aujourd’hui. Un film qui sent bon la liberté, qui explose le cliché de la famille américaine parfaite et unie comme on la montrait dans les publicités de l’époque. Ici la mère élève seule ses deux enfants, fuit quelque peu ses responsabilités.



Parcours initiatique d’un petit bout de chou, Le petit fugitif a quelque chose d’à la fois inquiétant et de magique. Joey est d’abord guidé par la peur : il est en cavale, porte le poids d’un crime qui n’est en fait qu’une farce. Quand il arrive à Coney Island il se sent menacé, à peur que l’on découvre son secret. Seul face à une foule imposante qui ne pense qu’au divertissement. Puis, petit à petit, Joey s’émerveille de cette place qui ressemble à une fête foraine sans fin. Les jeux divers, les miroirs déformants, les manèges, la plage, les poneys : autant de plaisirs à la portée du garçon heureux qui a à  sa disposition quelques centimes. L’argent qu’il a sur lui, Joey l’a « volé » dans l’appartement de sa mère. Il le dépense spontanément, suivant ses envies. Puis il découvre que la vie a un prix, que s’il veut monter à cheval il va devoir trouver de l’argent. Alors il collecte des bouteilles vides. Ou l’apprentissage des règles élémentaires de la vie avec les yeux d’un enfant.

 

Des plans inspirés qui jouent sur les ombres, un beau noir et blanc, filmé à hauteur d’enfant, Le petit fugitif est une œuvre excellente à montrer aux plus jeunes et qui comblera (ah, nostalgie !) les plus âgés. Assis sur son fauteuil, on redécouvre des émotions enfantines, on a l’impression d’assister à notre première fête foraine. Universel, intemporel, ce petit chef d’œuvre trop méconnu est vivement conseillé à tous les amoureux du cinéma.

Film sorti en 1953
Reprise en salles le 11 février 2009


Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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