Crédits Photos : Sony Pictures Television International
L’affaire Frobisher bouclée, nous avions laissé Ellen Parsons (Rose Byrne) en piteux état. En une saison sa vie entière avait été détruite, ce qui lui restait de naïveté
s’était envolé. La saison 1 de Damages était une merveille de divertissement et se suffisait
largement à elle-même. Nous pouvions donc, légitimement, avoir quelques réserves sur une saison 2 qu’on craignait un poil rébarbative. Bonne nouvelle : il n’en est rien. Passionnants de bout
en bout avec un montage jouant sur la temporalité et des machiavéliques flash forwards, servis par une réalisation plus sobre qu’auparavant, les 13 nouveaux épisodes de ce deuxième chapitre sont
un régal.
Nouvelle saison, nouvelle affaire à résoudre. Cette fois Patty Hewes (Glenn Close, toujours impériale) a dans son
collimateur la société UNR et son dirigeant Walter Kendrick. Une société qui véhicule des produits toxiques, pollue et détruit sans vergogne la Virginie occidentale. Un vieil ami de Patty, Daniel
Purcell détient des éléments clés pour faire avancer l’affaire mais on sent bien qu’il est loin d’être clean…Ce cas complexe qui implique de nombreuses personnes va s’avérer aller au-delà de tout
ce que l’on pouvait imaginer avec un trafic du marché de l’énergie qui mouillerait une partie du gouvernement et du FBI…Inutile de préciser qu’encore une fois les retournements de situations, les
manigances perverses et les destins brisés se succèderont à la vitesse éclair devant nos petits yeux ébahis.
Les scénaristes ont donc réussi à installer une nouvelle intrigue puissante et captivante mais ils ont surtout réussi un fabuleux pont entre les deux saisons, un suspense qui s’instaure dans la continuité. Nous découvrons ce que devient Arthur Frobisher, nous suivons la thérapie d’Ellen Parsons qui doit composer avec l’assassinat de son compagnon…La saison 2 est celle de la colère, du désir de vengeance et de la quête de rédemption. Chaque personnage est hanté par des actes, frustré par l’absence de certaines vérités. Ellen Parsons est définitivement passée au noir, le regard désespéré, le look de poupée fatale, elle ne désire plus qu’une chose : faire tomber sa boss Patty Hewes. Car elle est persuadée que cette dernière a tenté de l’assassiner.
Comment couler sa boss ? Ellen collabore avec le FBI, elle est leur informatrice privilégiée. Au bureau ou ailleurs, elle fait
tout pour gagner la confiance de Patty pour mieux tenter de la poignarder dans le dos par la suite. Le combat de poules s’étendra sur treize épisodes. Les deux femmes sont brillantes,
calculatrices et impitoyables, mais comme on le sait Patty a l’expérience en plus et elle ne se laissera pas duper si facilement. Enorme partie d’échecs où le spectateur, même le plus malin, aura
du mal à anticiper les coups de maitre, Damages explore les pires recoins de l’âme humaine.
On dépasse largement le cadre de la série sur un cabinet d’avocats. Les personnages bénéficient tous d’une psychologie, d’une écriture aussi subtile que complexe. La famille, le travail, l’amour, l’amitié, la justice : en qui et en quoi peut-on avoir confiance aujourd’hui ? Qu’est-ce que la vérité ? N’est-ce pas un leurre que de vouloir à tout prix la chercher, vouloir la faire éclater ? Damages, en plus d’être un divertissement extrêmement bien rythmé, pose des questions universelles et essentielles, refuse tout manichéisme et montre la complexité de la société et des êtres qui la composent.
Le season finale est tout simplement incroyable. Une heure de montée d’adrénaline, ça ne s’arrête plus et tout se résout
sous nos yeux avec une virtuosité, une intelligence qui forcent le respect. Damages est une série monstrueuse, brillante, cynique, jouissive. Avec un duel irrésistible de deux actrices
complémentaires et au sommet : Glenn Close et Rose Byrne. Bluffant.
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