Fabrizio (Martin Loeb alias le petit garçon de Mes petites amoureuses) et Laura (Lara Wendel) se retrouvent chaque été pendant les vacances pour
jouer dans la forêt. Mais cette année, les choses vont changer. Les deux enfants sont devenus adolescents et ont leurs hormones en pleine ébullition. Surtout Fabrizio qui exige de plus en plus de
choses de Laura et se plait à l’humilier. Un petit sadique ? Assurément. Laura, pour sa part, est amoureuse et est prête à tout pour rester aux côtés de son ami. Ils font ainsi leurs
premières expériences sexuelles ensemble. Mais alors que leur relation se détruit peu à peu passant de l’affection à la haine, ils découvrent qu’une petite fille vit près de la forêt. Elle
s’appelle Silvia (Eva Ionesco) et elle refuse dans un premier temps de venir jouer avec eux. Mais alors qu’elle change d’avis, cette petite poupée va devenir l’objet de
l’affection de Fabrizio. Laissée de côté, Laura devient alors leur bouc émissaire et subit de multiples humiliations. Jusqu’où iront ces jeux pervers ?
Maladolescenza (au titre français légèrement érotique : « Jeux interdits de
l’adolescence ») est une œuvre troublante. Il ne pouvait en être autrement puisque le réalisateur Pier Giuseppe Murgia filme les ébats sexuels souvent non simulés
de jeunes adolescents. Si Martin Loeb approchait de la majorité lors du tournage, Eva Ionesco avait pour sa part à peine 12 ans (mais était déjà habituée à poser nue devant l’objectif de sa mère,
photographe sulfureuse) ! Et la voir en train de se faire faire un cunnilingus a quelque chose d’assez malsain. On a la sensation parfois d’être à la frontière de la pédophilie. De mémoire
je n’avais rien vu d’aussi déroutant sur le thème de l’adolescence. Souvent les teen movies relatent de la montée du désir et des frustrations, Maladolescenza va jusqu’au bout de son propos et
ose montrer au risque de tomber dans une certaine perversité.
Facsinant personnage que celui de Fabrizio, enfant de la forêt qui fait sa loi, qui fait de la forêt et de la ville abandonnée voisine son territoire. Des territoires vierges comme ceux de ses deux partenaires de jeux qui vont se laisser aller dans ses frêles bras. Ces jeux interdits de l’adolescence jouent constamment avec les limites des personnages et des spectateurs. La pauvre Laura va se retrouver attachée alors qu’un serpent s’agitera sur elle. Ce serpent c’est bien sur l’image de Fabrizio qui se frotte à elle avant de l’agresser, de la rabaisser. Ce long-métrage montre l’extrême cruauté dont peuvent témoigner les adolescents. Pas tout à fait sortis de l’enfance, ils ont du mal à mesurer la portée de leurs gestes, la gravité de leur cruauté.
Passant d’une partie de cache cache à une séance de préliminaires, les jeux d’enfants et les jeux d’adultes se succèdent dans une certaine naïveté. Les personnages évoluent au cœur de la nature qui renforce le côté de sauvage de chacun. L’ouverture du film nous présente Fabrizio nu comme un objet de désir face à son chien agressif. Dès le départ on nous annonce la naissance de désirs sauvages. Loin des parents, des normes, les trois adolescents expérimentent, testent leurs limites. Si Maladolescenza ne plaira certainement pas à tout le monde étant donné son côté subversif, il s’agit là d’une œuvre unique, qui laisse une trace et dont la crudité, l’honnêteté, sont aussi troublantes qu’honorables.
Film produit en 1977
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