Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /2009 20:30







UN FILM DE ANDREA ARNOLD

 

Mia, 15 ans, est une adolescente qui s’ennuie. Alors elle traine dans sa bourgade et se prend la tête avec ses copines du coin. Quand elle n’est pas en train de s’énerver, elle picole seule ou se rêve en danseuse RNB. Son quotidien un poil sordide est rythmé par sa relation chaotique avec sa mère (célibataire) et sa jeune sœur aussi vulgaire qu’elle. Les choses vont changer lorsque la mère va ramener à la maison son nouveau petit ami, Connor (Michael Fassbender). Ce dernier est un homme délicat, sexy et qui ne manque pas d’attentions envers Mia. La jeune fille s’adoucit alors et développe une complexe attirance vis à vis de cet homme trouble. Premiers désirs, désillusions supplémentaires ?

 

Andrea Arnold avait fait une entrée remarquée dans le monde du cinéma avec son premier long métrage Red Road (primé à Cannes). On retrouve ici toute l’inspiration de sa mise en scène. Fish Tank est une tranche de vie, un portrait d’adolescente très maitrisé formellement, sensoriel. Un curieux mélange entre un film indé américain, une coolitude MTV, le réalisme d’un film social anglais à la Loach…Si son scénario évoque un certain Towelhead (film pas encore sorti en France lors de l’écriture de ces lignes), le long-métrage d’Andrea Arnold emprunte des chemins plus tortueux. Et le résultat est plus que plaisant (bien que pafois dérangeant moralement), surtout dans sa première partie.

 




Doté d’un casting d’une justesse sidérante (la jeune Katie Jarvis ou la confirmée Kierston Wareing – l’actrice de It’s a free world), Fish tank joue aussi beaucoup avec la sensualité de son acteur principal, Michael Fassbender. Filmé dès le début comme un redoutable objet de désir, l’acteur délivre toute l’ambivalence qu’il fallait à son personnage. Mia n’a pas de liens avec son père et la présence de Connor vient déjà pallier à ce manque affectif. Un homme, un adulte, l’écoute et mieux encore semble la comprendre. Mais à la figure paternelle se mêle aussi le désir, une sorte d’idéal masculin. Si l’adolescente ne sait pas trop où elle va, en face l’homme pourrait bien mener le jeu vers des territoires sombres.

 

Les poissons meurent quand on les sort de leur élément. Les humains, eux, parfois ont besoin de s’évader pour s’en sortir. Si Fish Tank ne témoigne pas d’une profonde originalité de par son scénario (qui ose quand même), sa sensibilité, son casting et surtout sa réalisation sensible et personnelle en font un film fort qui ne laissera pas indifférent.

 

FILM VU AU FESTIVAL DE CANNES – COMPETITION OFFICIELLE 2009


 

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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