Entre la Corée et les Philippines, les conséquences de l’industrialisation se font sentir. Les déchets toxiques ont ravagé bien des terres, la pollution emporte tout sur son passage et même les aliments sont intoxiqués. Dans cet univers chaotique, nous suivons les itinéraires de différents personnages. Une femme qui se travestit clame qu’elle était un homme auparavant mais que les hormones ont eu raison d’elle. « Elle » se fait quitter par sa copine et retrouve du réconfort dans les bras d’une jeune fille qui rêve de quitter les Philippines pour se marier en Corée. Cette dernière ne se doute pas de l’identité de sa compagne, persuadée qu’il s’agit d’un homme. Enfin, il y a un garçon qui cherche ses origines .Ayant grandi sur le sol coréen, il cherche à retrouver son père philippin. Des destins qui se croisent dans un monde où la solidarité ne semble plus exister, des lueurs d’espoir dans un territoire étouffé…
Comme on ne peut cerner quelqu’un dès le premier regard, à partir de la première impression, les personnages de Land of Scarecrows se dévoilent peu à peu. Œuvre intimiste qui nous plonge dans la solitude d’âmes en peine à la recherche d’une présence, ce long-métrage s’avère être un brillant portrait de la solitude moderne et une habile variation sur le thème de l’identité (ou comment chercher un père, un mari ou sa sexualité pour exister). Quand le monde est dévasté, quand l’immobilité s’empare de nous, que reste-t-il ? Faut-il s’accrocher à l’autre pour se découvrir soi-même ? Entre pessimisme et lueurs d’espoirs, Land of Scarecrows ne vole pas son titre de poème visuel. Un petit bijou dont le mystère et les violences sourdes résisteront et même s’amplifieront au fil des visions.
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