6 décembre 1989, école Polytechnique de Montréal. Un drame se prépare. Un jeune garçon décide de mettre fin à ses jours mais avant il réalisera ce qui est pour lui un acte politique : assassiner les filles de son école et en priorité les féministes qu’il a en horreur. Du sang va couler, restera-t-il des rescapés ? Peut-on survivre à pareil drame ?
Panique au bahut, travellings stylés, acte de violence pouvant paraître gratuit et désespéré…Ca ne vous rappelle rien ? Qu’on le veuille ou non, même s’il est toujours préférable de prendre chaque oeuvre individuellement pour ce qu’elle est vraiment, on ne pourra s’empêcher de penser à Elephant à la vision de Polytechnique. Le réalisateur, Denis Villeneuve, avoue lui-même que la filiation avec cette œuvre est difficilement évitable pour tout cinéphile.
On est pourtant loin de la copie conforme : noir et blanc classieux, réflexions sur l’inégalité des sexes, rage mais aussi malaise du jeune « tueur ». Pourtant Polytechnique est un film inégal, qui ne parvient pas à faire preuve d’originalité et qui se veut malheureusement souvent trop explicatif. Malgré cela c’est une œuvre que l’on a envie d’aimer. Pour son jeune casting irréprochable (le très charismatique Maxim Gaudette en tête), pour sa réalisation virtuose, son ambiance oppressante.
Il y a bel et bien de la grâce dans ce projet, une élégance, un style. Denis Villeneuve est donc un réalisateur dont on attendra les nouvelles avec, on l’espère, la prochaine fois un scénario plus personnel et plus ambitieux.
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