UN FILM DE JOAO PEDRO RODRIGUES
Le film s’ouvre sur une guerre, des soldats se pourchassent. Alors que deux ennemis sont face à face, plutôt que de s’entretuer ils s’adonnent à une sodomie des plus torrides. Un des deux soldats est le fils de Tonia, un transsexuel qui vit à Lisbonne et qui l’a plus ou moins abandonné. Tonia gagne sa vie en faisant des spectacles mais doit composer avec le fait qu’elle vieillit. Son compagnon, le jeune Rosario qui essaie de se sortir de ses problèmes de drogues, aimerait bien qu’il se fasse opérer pour devenir enfin la femme qu’il désire. Mais Tonia hésite. Très croyant, il/elle n’est pas persuadé de pouvoir aller jusqu’au bout de cette démarche…
Joao Pedro Rodrigues avait déjà marqué les esprits avec son premier long O fantasma (qui suivait les errances nocturnes torrides d’un jeune éboueur gay épris de latex) et Odete (déjà présenté à Cannes). Le voilà de retour avec ce portrait très attachant d’un transsexuel vieillissant perdu entre ses croyances, ses amours et son amour propre. Cinéaste attaché à la question de l’identité, de la sexualité, du genre, Rodrigues se plait également à déployer une réalisation entre réalisme parfois glauque et fantastique intrigant. Mourir comme un homme connaît un début un peu laborieux, flou. Mais au fil du récit nous pénétrons dans un univers aussi atypique que personnel et donc réjouissant.
Tonia et Rosario vont se retrouver dans une forêt aux côtés de travestis hauts en couleurs. Ces moments poétiques et légèrement kitsch permettent au film de décoller et de se faire souvent émouvant. Le réalisateur aime ses personnages, ne les juge pas ou quand il le fait c’est pour mieux nous montrer par la suite que les choses les plus belles et les plus fortes ne sont pas décelables dès le premier regard. La relation sentimentale entre Tonia et Rosario pourra ainsi paraître bizarre au départ. Tonia trouve en Rosario l’étalon dont il fantasmait mais aussi un fils de substitution. Ce rapport qui aurait pu être malsain se révèle au final être une magnifique histoire d’amour.
Histoire de gens perdus face aux autres et face à eux-mêmes, entre parenthèse enchantée, regrets déchirants et aveux impossibles : Mourir comme un homme est une œuvre maîtrisée et souvent poignante.
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