Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 10:42



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UN FILM DE CARLOS SORIN

 

Au nord de la Patagonie, dans son hacienda, Antonio (Antonio Larreta) vit ses derniers instants. Des images lui reviennent en tête, lui rappellent sa délicate enfance. Le temps a passé. Il n’est désormais plus qu’un vieillard cloué au lit pour qui la vie ne tient plus à grand-chose. Nous suivons son quotidien et celui des gens qui traversent sa demeure. Il y a Maria del Carmen (Maria del Carmen Jimenez) et Emilse (Emilse Roldan), ses gouvernantes et infirmières qui veillent (un peu trop) sur sa santé, il y a le docteur Thomas, un accordeur de piano…Mais Antonio attend surtout une visite, celle de son fils. Il aimerait pouvoir l’accueillir debout, boire avec lui une bonne bouteille de champagne. Il aimerait aussi qu’on lui fiche la paix et qu’on le laisse faire ce qu’il veut, qu’on arrête de le traiter comme un bébé. Portrait des derniers instants de la vie d’un homme.

 

Réalisateur notamment de Bombon el perro et El camino de San Diego, Carlos Sorin aime les gens aux désirs simples et parvient toujours à nous faire partager leurs points de vues et émotions. Gagner une course de chien, rencontrer Maradona, prenaient dans ses œuvres précédentes des proportions insensées, mises en scène avec beaucoup de tendresse et de poésie. La fenêtre n’échappe pas à la règle : le personnage d’Antonio demande juste un dernier moment dans la dignité avec son fils, un dernier élan de liberté pour sortir dehors, ne plus se contenter de voir le monde par sa fenêtre.



Le réalisateur tient à célébrer la beauté des petits riens, à magnifier les instants les plus simples. L’ensemble est très doux et subtil et nous avons même droit à des moments très touchants. La fuite de la maison d’Antonio est un passage sensitif, un grand bol d’air frais et de poésie. Un homme retrouve la beauté de la nature, savoure peut-être pour la dernière fois un moment simple de la vie. Chaque pas qu’Antonio parvient à faire est une victoire. On a peur qu’il tombe, qu’il se brise. Alors qu’il essaie de faire pipi debout, tout seul, Carlos Sorin parvient à donner à cet instant des enjeux incroyables.

 

La fenêtre est ce que l’on appelle un « beau film », une histoire simple et touchante. Si le tout reste relativement balisé, sans surprise, on se laisse volontiers portés par ce récit modeste et humaniste qui est aussi avant tout une réflexion sur les images. Les images que nous voyons sur l’écran sont-elles celles d’un rêve ou de la réalité ? L’image que l’on a d’un proche n’est-elle pas toujours erronée ? Magnifier les souvenirs est-il finalement une nécessité quand on a plus grand-chose à quoi se raccrocher ? Le portrait de cet homme, sans aucune prétention, s’avère bien être universel et émouvant.

 

Film sorti le 03 juin 2009

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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