Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /2009 12:48



Copyright : Rezo Films


UN FILM DE KEREN YEDAYA

 

Bienvenue dans la famille Reuven, propriétaire d’un garage. Le père est le patron, la fille Mali (Dana Ivgy) donne un coup de main et le fils Meir (Roy Assaf) est sensé prendre la relève. Mais Meir est loin de coller aux attentes de son paternel : un peu feignant, colérique, il ne parvient pas à briller par son travail. Dans le garage travaillent également Hassan et son fils Toufik (Mahmud Shalaby). Ce dernier, doux et travailleur, fait de l’ombre à Meir et l’exaspère de plus en plus. Ce que Meir ne sait pas, c’est qu’en cachette Toufik vit une romance intense avec Mali. Le jeune couple envisage de se marier et fonder une famille : Mali est enceinte et prépare à lui dire oui dans le plus grand des secrets. Ou comment s’aimer loin de ce terrible conflit israélo-palestinien. Malheureusement, le destin va se charger de les rattraper…

 

Jaffa ou la ville que l’on ne quitte pas ? Ce qui anime le couple de Mali et Toufik, eux qui travaillent dans un garage –donc des voitures incapables de bouger- , c’est l’idée de partir et mener une vie paisible, sans avoir à supporter les jugements. Et des jugements, il y en a beaucoup dans la famille de la jeune fille. Personnage très antipathique que celui de son frère Meir qui passe son temps à provoquer le tendre Toufik. Mais on comprend Meir pourtant : son père ne l’estime pas, ses parents l’ont définitivement étiqueté comme le vilain canard de la famille. Sa mère Osnat pense qu’il est « une plaie ». Pour la peine, Meir se rebelle de plus en plus, instaurant un quotidien de plus en plus tendu, douloureux. Au milieu des conflits, Mali reste discrète, fait bonne figure tout en songeant à sa fuite…



 

Keren Yedaya livre avec Jaffa un drame familial assez tragique et efficace. Les scènes de règlements de comptes fonctionnent bien, souvent portées par une Ronit Elkabetz plus bitch et enragée que jamais. Formellement nous avons droit à des plans parfaitement composés, une très belle photographie et une utilisation cohérente du zoom. Les gens ne sont jamais ceux que l’on pensent. Il suffit de se rapprocher du visage de Meir pour y voir la douleur du mal-aimé loin de l’agitateur. Il suffit de regarder autour de Mali pour comprendre que la jeune fille est amoureuse et déjà dans un autre monde. Alors que les zooms avant offrent au spectateur des émotions de par les visages des interprètes, les zooms arrières nous montrent leur environnement.

 

Flirtant avec le pathos pour instaurer une intensité dramatique, Keren Yedaya n’est pas toujours hyper subtile. Mais il semblerait qu’elle ait voulu Jaffa comme une œuvre à fleur de peau, qui bouillonne et éclate. Le pari est réussi et nous sommes là devant un habile portrait de famille brisée, d’un amour interdit et donc irrésistible. Souvent percutant.

 

Film sorti le 10 juin 2009

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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