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UN FILM DE JACQUES DEMY
Un homme, désespéré d’avoir eu une fille plutôt qu’un fils, décide d’élever son enfant malgré tout comme un garçon et l’appelle Oscar. La petite fille s’habille alors en jeune homme et connaît une enfance heureuse en compagnie de son ami André (Barry Stokes). De 1955 à 1989, nous allons suivre l’évolution de ces deux jeunes gens alors que la France s’apprête à vivre (c’est le cas de le dire) une révolution. Issu d’un milieu populaire, André sait que les gens dans les rues n’en peuvent plus de leur vie de misère. Ce n’est pas le cas d’Oscar (Catriona Mac Coll) qui a grandi dans un environnement bourgeois et qui va devenir officier dans la garde personnelle de la reine Marie-Antoinette (Christina Bohm). Aux caprices de la Cour se mêlent la révolte de la rue, à la quête d’émancipation d’Oscar et son rapport à sa féminité se présentent divers sentiments flous…
Curieux projet que Lady Oscar, film de commande qu’a volontiers accepté Jacques Demy. Adaptation
d’un manga culte, produit par un japonais, tourné en Anglais mais majoritairement en France…C’est aussi l’occasion de voir le cinéaste se frotter à un film historique. L’Histoire de la France se
mêle aux interrogations personnelles et sentimentales d’Oscar. Une femme qui s’est habillée en homme pour faire plaisir à son père, qui intrigue les hommes comme les femmes et qui ne sait plus
vraiment qui elle est et quel rapport avoir au monde, à ses proches. Fille ou garçon ? Amitié ou amour ? Milieu bourgeois ou populaire ? Oscar a de quoi s’interroger sur son
identité tout le long de ce récit souvent passionnant.
Jacques Demy se permet moins de fantaisies que d’habitude dans les costumes et les décors, il s’adapte à l’époque et nous présente un univers réaliste. La fantaisie vient plutôt des
personnages eux-mêmes (Oscar, personnage fascinant en quête de féminité ; Marie-Antoinette, reine fantasque objet de toutes les conversations). L’ensemble est beaucoup plus sérieux que
d’habitude aussi. La chute des uns fait le bonheur des autres. La vie et la mort se croisent dans une scène finale assez terrible où l’Histoire fait un pas et la vie personnelle d’Oscar est
anéantie.
Qu’est-ce qui nous définit ? Notre milieu, notre tenue, notre fonction, nos relations ? Aux côtés d’Oscar nous nous posons ces questions et nous demandons aussi si ce qui nous constitue ne nous sépare pas aussi parfois de ceux que l’on aime. Une fresque bien pensée.
Produit en 1978
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