Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 14:14



UN FILM DE RICHARD GLATZER ET WASH WESTMORELAND

 

Sean (Michael Cunio) est passionné de cinéma et rêve parfois de devenir réalisateur. Il adore louer de vieux classiques au vidéoclub du coin. Mais voilà qu’un soir, alors qu’il s’apprête à visionner Citizen Kane, il se retrouve devant « Citizen Cum », un porno gay ! Immédiatement, Sean est perturbé par la star du film, Johnny Rebel (Scott Gurney). Il ose ainsi envoyer une lettre à la production du film et obtient un entretien. En quelques jours, la vie de Sean bascule et il se retrouve à filmer des scènes de porno gay au bord d’une piscine devant son idole. Le fantasme se poursuit alors que les besoins d’un « Fluffer » se font sentir. Un « Fluffer » est une personne qui aide une pornstar entre deux prises à se « remettre en forme ». Une petite pipe et ça repart…Sean se retrouve ainsi à genoux en train d’essayer de requinquer l’homme de tous ses désirs. Mais, c’est bien connu, les coulisses du monde de porno sont loin de s’apparenter au rêve de luxure, de plaisir constant que les films peuvent laisser imaginer. Dans la vie, Johnny Rebel s’appelle Mike, il est hétérosexuel et en couple avec une stripteaseuse, la sensible Julie (Roxanne Day) qui rêve d’un nouveau départ. Alors que Sean ne sait plus trop où il en est par rapport à ses envies et à la réalité qui l’entoure, il va assister sans le vouloir au déclin de la carrière de Johnny qui, à force de caprices, est en train de se mettre tout le monde à dos…

 

The Fluffer débute comme une sorte de comédie lubrique, alors que Sean découvre et débarque dans l’univers ô combien fantasmé du porno gay. Il y a tout le film durant une ambiance très 90’s, un peu désenchantée et qui nous guide progressivement vers des émotions plus dramatiques. A l’instar de Boogie Nights (qui se passait dans l’univers du porno hétéro), The Fluffer nous montre des personnages qui derrière leurs apparences de sex machine ont un passé parfois douloureux, des problèmes, une certaine sensibilité. Sur les plateaux de tournage, les acteurs ne prennent quasiment aucun plaisir à s’envoyer en l’air et tout ce qui importe c’est le plaisir anticipé du spectateur. Pas de place pour la fantaisie, le réalisme, il faut jouer avec les clichés, le montage rapide et trompeur, tout ce qui provoque l’excitation le plus vite possible. D’abord émerveillé par tous les gens qu’il côtoie,  Sean va peu à peu découvrir que la pornographie est loin d’être une carrière enviable. Quand on y sort, dur de rebondir et passé un âge on ne peut plus rien faire…




 

La réalisation est un mélange étrange de film arty sous influence gay culture avec quelques kitscheries dispersées ça et là. Ce qui nous tient en haleine c’est bien entendu la relation entre Sean et Johnny, on se demande bien si le jeune homme finira à obtenir plus que de pomper son idole entre deux prises. La partie n’est pas gagnée quand on sait que l’acteur ne fait du sexe gay que pour l’argent, qu’il n’a jamais embrassé un garçon. L’œuvre fait un portrait de l’acteur porno pas toujours flatteur mais globalement attachant. Johnny est un monstre de narcissisme (belle scène où il embrasse son miroir, une scène de film mêlée à un fantasme de Sean) mais surtout une petite brute capricieuse qui ne supporte pas que tout ne se passe pas comme il l’avait prévu. Malheureusement pour lui, il a dépassé la trentaine, la fin de sa carrière approche et beaucoup de choses sont en train de changer dans sa vie personnelle.

 

Si ce long-métrage méconnu mais relativement culte auprès d’un certain public gay fonctionne très bien dans sa première partie, il peine un peu à trouver sa voie par la suite. Une obscure histoire de pédophilie presque consentie vient se greffer à un récit qui n’en avait pas besoin et c’est assez regrettable. Pour autant il serait dommage de se priver de ce film indépendant sans grande prétention qui au final est une histoire de passage. Celui de Sean qui va vivre ses premières grandes désillusions, subir le poids d’une première passion (plus érotique qu’autre chose certes) et laisser derrière lui sa naïveté. The Fluffer est un long-métrage parfois drôle, souvent sexy et toujours attachant. A tenter.

 

Film produit en 2001, disponible en DVD.



 

L’univers du porno sur Tadah ! Blog : Boogie Nights, Hard

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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