Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 16:20




UN FILM DE MARIA BEATTY

 

Il était une fois, il y a très longtemps, une jeune fille qui rêvait d’aller à l’université pour étudier la poésie. Elle s’appelait Lucille (Janna Lisa Dombrowsky). Son médecin de père (Hans Piesbergen) n’approuvait pas son intérêt pour l’art et comptait bien tout faire pour la pousser à s’intéresser aux Mathématiques, à la Science. A l’idée de décevoir constamment son père et de ne jamais pouvoir suivre sa passion, Lucille tenta de mettre fin à ses jours. Raté : la jeune fille se retrouva avec le visage brulé, condamnée à rester alitée avec un bandage sur la tête. On lui trouva une infirmière, la sensuelle et mystérieuse Ingrid (Martine Erhel). La rencontre entre les deux femmes redonna foi en la vie à Lucille, fit naitre en elle des désirs insoupçonnés. Mais cette liaison interdite pouvait-elle donner lieu à un happy end ?

 

Maria Beatty est une cinéaste underground dont la réputation n’est plus à faire. On la connaît pour son exploration des fantasmes féminins, ses œuvres entre fiction et porno avec toujours un soupçon de fétichisme. Bandaged, même s’il est souvent sensuel en diable, est un long-métrage dit traditionnel. Produit par Abel Ferrara, tourné avec des moyens dérisoires, ce projet semble parfois souffrir de son budget réduit. Si certains plans sont inspirés, si le scénario aux allures de conte ne manque pas d’intérêt, l’ensemble manque tout de même de souffle.




 

On retiendra donc surtout la charge érotique du film et cet étrange fétichisme autour du bandage. Si elle est un peu fadasse avant son accident, Janna Lisa Dombrowsky se révèle fascinante avec son bandage sur le visage. Les meilleures scènes de Bandaged sont sans aucun doute celles où l’infirmière et sa jeune patiente se lient l’une à l’autre par la force des regards, des gestes, du corps. Des scènes muettes, troublantes, aussi érotiques que romantiques.

 

Le fétichisme du bandage se mêle au fétichisme morbide du père qui voit en sa fille le double de sa défunte femme (dont il contemple le portrait alors que le visage de sa fille se détériore - plusieurs fois le film fait référence au Portrait de Dorian Gray). Un père aux airs de savant fou qui va tout essayer pour éviter à sa petite d’être défigurée. On peut facilement avoir envie de pardonner au film ses maladresses, le côté décalé de l’entreprise ne manquant vraiment pas de charme. Inabouti mais loin d'être déplaisant.
 

Film vu au Festival Gay, Lesbien, Trans+++ de Paris : Chéris-Chéries 2009

Disponible en dvd aux éditions Outplay

Par Voisin Blogueur - Publié dans : Le blog cinéma
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