UN FILM / DOCUMENTAIRE DE JOSEPH F.LOVETT
Alors que pour la majorité des pays occidentaux la révolution sexuelle est apparue au milieu des années 60, pour la communauté gay cette révolution eut lieu de 1969 à 1981. Après les émeutes de Stonewall. Le documentaire de Joseph F. Lovett nous offre de multiples témoignages d’hommes ayant connu cet âge d’or. Après des années passées dans le placard, à baiser clandestinement dans des camions ( !), les gays de New York ont finalement pu jouir d’une immense liberté sexuelle. Des discothèques, des saunas ont ouvert, permettant de trouver des compagnons de jeu sans avoir systématiquement peur de se faire agresser.
Le grand intérêt de Gay Sex in the 70’s est de découvrir des témoignages de ces anciens éphèbes qui couchaient
partout et n’importe quand et qui aujourd’hui sont des vieillards qui nous racontent leurs histoires de cul d’un œil amusé. On rigole ainsi souvent face aux révélations qui se succèdent :
ces hommes baisaient dès que l’occasion se présentait, enchainait à un rythme frénétique les amants, étaient ouvert aux nouvelles expérimentations, prenaient des tas de drogues folles, ne
savaient même plus qui étaient leurs partenaires. Bref c’était l’orgie, pas d’engagement, c’était fou. Ils étaient comme des gosses lâchés dans une énorme fête forraine après des années
d'emprisonnement.
Aux témoignages face caméra s’opposent de belles photographies en noir et blanc qui nous montre la vie gay des années 60 à 80. On voit aussi des spots, images d’archives qui nous entrainent dans les bars emblématiques de l’époque. Le montage est efficace, la bande originale disco et kitsch, les intervenants tous très attachants. Gay Sex in the 70’s nous rappelle qu’il fut un temps où l’on pouvait avoir des relations sexuelles en toute insouciance, où l’on se laissait juste guider par les évènements. Tout était spontané, possible.
Tout cela nous parait bien loin et on découvre vers la fin que beaucoup de personnes ayant profité de cette période de sexe illimité ont fini par le payer trop cher : le sida fit son apparition, on connaît les conséquences. Plutôt que de se focaliser sur le drame de l’épidémie, Gay Sex in the 70’s préfère se consacrer majoritairement à le période qui l’a précédé, sorte d’eden gay (on exagère car à l’époque la discrimination était carrément de mise) où seul le plaisir importait. Et certains se mettent à rêver qu’un jour le sida ne soit plus d’actualité et qu’une nouvelle ère de sexe libre nous envahisse tous. Un jour, peut-être…
Film vu lors du Festival Gay, Lesbien, Trans +++ : Chéris-Chéries 2009
Ras le bol de cet angle d'attaque de l'hécatombe qui suit.
Je trouve que c'est finalement un sujet assez inédit qui semble pris par un biais finalement assez original.
Bon évidemment je n'ai pas vu le film et je ne me base que sur ce que tu en écris ici.