UN FILM DE GEORGE A. ROMERO
Barbra (Judith O’Dea) et son frère Johnny ont fait un long voyage pour poser une gerbe de fleurs sur la tombe de leur défunt père. Si Barbra se recueille avec émotion, Johnny n’a qu’une hâte : rentrer chez lui. Il s’amuse à faire peur à sa sœur alors qu’un inconnu se dirige vers eux. Mais l’inconnu en question est un mort vivant qui saute rapidement sur Johnny. Paniquée, Barbra laisse son frère derrière elle et fuit le plus vite et le plus loin possible. Elle se réfugie dans une maison inhabitée où traîne un cadavre. Puis elle fait la rencontre d’un jeune black, lui aussi en fuite : Ben (Duane Jones). Alors que ce dernier s’active à barricader les lieux et à tenter de trouver des solutions pour survivre aux morts vivants qui s’accumulent à l’extérieur, Barbra perd peu à peu la tête. D’autres personnes sont présentes dans la maison : un certain Harry Cooper (Karl Hardman) sort de la cave où il s’était réfugié avec sa femme, sa petite fille blessée et un jeune couple du coin. Alors que la menace des morts vivants est de plus en plus imposante, les tensions entre les survivants se multiplient…
Film culte absolu, tourné avec peu de moyens, La nuit des morts vivants s’est imposé avec le temps comme un chef d’œuvre du
film de genre. Si les effets de l’époque ne terrorisent pas forcément comme auparavant, l’ambiance reste intacte. Une ambiance curieuse, avec un noir et blanc qui capte toute la fureur de la nuit
et donne à l’œuvre un côté étrangement fantomatique. On trouve de nombreux gros plans, aussi esthétiques que terrorisants, qui s’impriment dans les mémoires à jamais. Très vite, le film tourne au
huis clos, et la tension sera aussi forte à l’extérieur qu’à l’intérieur de la maison.

Contraints de cohabiter ensemble le temps d’une nuit, des inconnus vont espérer survivre. Mais dans un climat considérablement tendu, chacun révèle ses propres failles. Barbra aurait pu être l’héroïne du film : c’est elle que l’on suit dès le départ, c’est avec elle qu’on plonge dans cette nuit cauchemardesque. Mais plutôt que de dompter sa peur, elle se laisse tomber dans la folie, devient un véritable légume. C’est plutôt Ben qui va s’imposer comme le héros inattendu de l’histoire. Pour l’époque (la fin des 60’s), désigner un black comme héros est un acte assez politique de la part de Romero. Les rapports entre Ben et les autres seront d’ailleurs toujours plus ou moins teintés d’un racisme latent. La confrontation entre Ben et Monsieur Cooper (qui représente en quelque sorte l’américain beauf de base) aura bien lieu. Et plutôt que de s’entraider pour leur survie, les deux hommes ne cesseront de se provoquer et de se détester.
A quel point une situation de crise peut modifier le comportement humain ? Quelles conséquences désastreuses peut avoir la peur de la mort ? Chacun réagit à sa façon (folie, maladresse fatale, excès d’autoritarisme, égoïsme). En plus d’être un film de genre palpitant et très réfléchi dans sa mise en scène, La nuit des morts vivants est également un film social assez impitoyable, un point de vue très pessimiste sur la société américaine. En témoigne la fin injuste au possible où les humains sont dépeints dans le générique comme des monstres semblables aux morts affamés qu’ils combattent.
Film sorti en 1968
Disponible en dvd dans la collection Vintage Classics éditée par Wild Side.
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Il continue même de faire peur alors qu'on le connais par coeur.
Un des plus grands films d'horreur de tous les temps !