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Aujourd’hui sort dans les salles le premier film de Warwick Thornton, lauréat de la Caméra d’or à Cannes cette année : Samson &
Delilah. Vu que j’ai bossé sur les relations presse du film, je ne peux donc éthiquement pas vous en faire une critique. Mais puisque la chance a mis sur mon chemin un certain
Roschdy Zem (qui présidait le jury de la Caméra d’or 2009) et qu’il a accepté de répondre à trois questions pour la page Facebook
du film, je lui laisse la parole concernant cette histoire qui nous plonge dans le quotidien des aborigènes d’Australie.
3 QUESTIONS A ROSCHDY ZEM
01.Comment s’est passé la délibération pour attribuer la Caméra d’or ? Samson & Delilah s’est il rapidement imposé comme le favori ?
R.Z. Pour une majorité, Samson&Delilah a été une évidence. Pourtant on l’a vu en début de festival, ce qui peut souvent être un handicap. Les films que nous avons vus par la suite n’ont pas réussi à s’imposer face au souvenir du film de Warwick Thornton. C’est une œuvre qui marque quand on la voit mais qui reste en tête bien après sa vision. J’y pensais même la nuit ! Même si nous avons vu d’autres films de qualité, il était difficile d’oublier ce film-là. Les projections s’enchainaient, on se demandait à chaque fois s’il était possible de trouver quelque chose d’encore plus fort…mais non. Je me souviens que le film a eu en particulier un fort impact sur les membres féminins du jury. Le choix pour le lauréat de la Caméra d’or n’a donc pas été très difficile.
02.Connaissiez-vous la situation des aborigènes d’Australie avant de voir le film ? Vous a-t-il amené à une prise de conscience ?
R.Z. J’en avais entendu parler. Mais avec Samson & Delilah, on plonge vraiment dans leur quotidien. On les voit, les observe, on découvre leurs coutumes…Et puis ils essaient de s’intégrer à la société, on réalise alors qu’on ne leur laisse aucune place. J’ai trouvé ça très judicieux de mêler ce sujet avec une histoire d’amour. C’est une façon très subtile de présenter les choses.
03. Vous avez déclaré, au nom du jury, que Samson & Delilah était « le plus grand film d’amour qui nous a été donné de voir depuis plusieurs années ». Pouvez-vous nous en dire plus sur votre ressenti ?
R.Z. C’est une histoire d’amour magnifique car elle se passe de mots, de phrases. Tout est dit sans fioritures.
Enormément de choses, d’émotions, sont transmises par les silences. C’est gonflé de proposer ça en 2009 ! Et puis tout cela va avec une mise en scène de grande qualité. C’est incroyable tout
ce qui passe rien qu’avec des regards, de simples attitudes. Une scène m’a particulièrement marqué, il s’agit pour moi d’une des plus belles scènes de séduction au cinéma depuis longtemps :
pour montrer à Delilah qu’il l’aime, Samson lui jette une pierre ! C’est quelque chose de très animal, qui pourrait apparaitre comme une agression. Une agression de séduction, pas une
provocation. Et on sent que Delilah le comprend, elle ne s’en offusque pas. J’ai trouvé ça beau et surprenant, comme le film.
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