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UN FILM DE RICHARD KELLY
Norma (Cameron Diaz) et Arthur (James Marsden) sont réveillés à 5h45 du matin par la sonnette de leur maison. Un inconnu vient de déposer un mystérieux paquet devant leur porte. A l’intérieur du paquet, une boite. Un petit mot indique que son propriétaire passera le lendemain. La journée qui précède sa visite n’est pas de tout repos pour le couple qui a donné naissance à un charmant petit garçon. Nora est humiliée en classe alors qu’un élève remarque qu’elle a le pied détruit suite à un accident. Et elle apprend aussi que la réduction dont elle bénéficie pour payer les études de son fils n’est plus à l'ordre du jour. Pendant ce temps, Arthur apprend qu’il n’aura pas sa promotion d’astronaute suite à un test psychologique jugé insatisfaisant. Personne autour de lui ne comprend pourquoi, lui qui semblait avoir franchi toutes les étapes avec succès. Pour Arthur, c’est la fin de sa vie rêvée et le début d’une vie plus terne où les galères financières ne seront pas forcément évitées. Avant qu’il ait le temps de rentrer au foyer, Norma reçoit la visite du propriétaire de la boite, un certain Arlington Steward (Frank Langella). Il lui donne la clé pour activer l’objet et lui explique son fonctionnement en forme de dilemme. Quand la boite s’ouvre, elle présente un gros bouton. Si Norma appuie dessus, quelqu’un qu’elle ne connaît pas mourra…et elle recevra un million de dollars. Elle n’a le droit de parler de cela qu’à son mari. Et quand ce dernier arrive, Norma est plongée dans le doute. Ils sont dans une période financièrement difficile, elle va peut-être même devoir repousser l’opération pour son pied. Arthur ne prend pas vraiment parti, il démonte la boite, se rend compte qu’elle est vide. Il en rit même : cette histoire n’est pas crédible. Finalement le couple se retrouve devant la boite et Norma, tout en fermant les yeux, de façon impulsive, appuie sur le bouton. Un acte qui ne sera pas sans conséquences…
Réalisateur culte de Donnie Darko, ayant pris une douche froide à Cannes avec Southland Tales, Richard Kelly revient avec un film en apparence plus hollywoodien. Ca commence de façon traditionnelle, on nous présente le couple d’Arthur et Norma. Un couple extrêmement attachant, qui s’aime. Arthur semble se ficher du handicap de sa compagne, au contraire il fait tout pour lui rendre la vie plus belle. De son côté la femme apparaît comme très courageuse et sensible. Un beau couple qui a formé une famille unie. Et puis le dilemme de la boite vient tout chambouler. Après que Norma ait appuyé sur le bouton, le cinéaste nous entraine dans un trip qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Lynch (en plus accessible tout de même). Le spectateur a alors le choix entre plonger dans cet univers fascinant et inquiétant sans filets ou bien rester sur le bas côté. Chacun aura l’occasion de trouver des explications, de se confronter à sa propre vision de la vie, du monde, de soi-même. The box prend alors des allures de film miroir, introspectif, pouvant toucher très fort et personnellement son spectateur en suscitant des interrogations existentielles, essentielles.
Cameron Diaz trouve là un des plus beaux rôles de sa carrière et nous revient enfin avec un film digne de ce nom. La mise en scène est chargée de détails, de symboles, de
mystères. On est en plein cœur d’une aventure labyrinthique dont l’étrangeté amuse ou terrasse. L’ensemble témoigne d’une certaine sobriété et Kelly évite globalement toute kitscherie pour un
mélange de réalité et de surnaturel absolument saisissant. On ressort du film sonné, le souffle coupé, avec une envie folle d’en parler. Je dois avouer que c’est un des films qui m’a le plus
touché, secoué, en cette année 2009 et il rentre directement pour moi au rayon des chefs d’œuvres. Voilà l’essentiel est dit. Mais puisque j’ai une envie folle d’en parler, je vais poursuivre
ci-dessous en partageant mon ressenti. Attention spoilers.
Avant que Norma appuie sur le bouton de la boite, les mots qu’elle échange avec son mari semblent cruciaux. The Box est avant tout une
œuvre sur la croyance. La croyance est quelque chose qui jalonne nos vies à tous. Y a-t-il quelque chose après la mort ? Un paradis, un enfer ? Si tout cela existe vraiment, le fait
d’appuyer sur ce bouton ne sera forcément pas sans conséquences. La foi en quelque chose après la mort s’accompagne ici de la foi en un ailleurs, Arthur évoluant au sein de la Nasa et étant
passionné par Mars voire la question extraterrestre. Il y a aussi la foi en l’autre, la foi face à son destin. Norma appuie dans un moment de faiblesse, alors que son confort personnel est en
péril. Ne croyait-elle pas assez en elle pour se dire que les choses allaient s’arranger ? Ou bien avait-elle juste envie de choisir la solution la plus simple ? Ou bien , autre
possibilité, cela la démangeait quelque part de voir ce qui allait se produire si elle appuyait sur le bouton. La boite peut alors prendre des airs de fruit défendu (à noter aussi que les
évènements se passent à l'aube de Noël).
Autre clé essentielle donnée dans cette conversation qui précède l’élément perturbateur du film, les interrogations sur la personne qui sera tuée en échange de ce million de dollars. On a garanti à Norma que la personne qui mourra ne sera pas quelqu’un qu’elle connaît. Et c’est bien connu, on a beaucoup moins de scrupules à faire le mal des autres quand on ne les a pas en face de soi. C’est toujours quand on est face à l’étendu du problème que la culpabilité arrive. Mais finalement imaginer la mort d’un inconnu n’a rien de plus perturbant que ça pour Norma. Son mari lui lance une petite pique concernant ses voisins qu’elle connaît finalement à peine. Ils pourraient être une des victimes, peu importe. Bienvenue dans notre monde bouffé par l’individualisme et le capitalisme. Pour satisfaire ses rêves, mener une vie plus simple, plus belle, on serait bien tentés d’écraser (et ici de liquider) son voisin. A bas l’altruisme ! Ce qui est génial dans cette fiction adaptée d’une nouvelle de Richard Matheson, c’est que l’on est nous-mêmes confrontés à ce choix. Et on s’identifie très bien à Norma. Même si c’est honteux, j’avoue que j’aurais moi aussi appuyé sur le bouton. Sous l’impulsion, emporté par mes rêves matérialistes et par la curiosité de connaître le « et après », je l’aurais fait.
Une fois que Norma a appuyé sur le bouton, Arlington Steward revient. Cet homme est flippant, il en impose. Il est même terrifiant,
défiguré. L’expression de Norma quand elle le voit pour la première fois est d’ailleurs très forte. On sent qu’elle se projette en lui, elle qui est aussi victime d’un handicap, moins voyant. Le
couple recoit sa malette avec un million de dollars et cherche tant bien que mal à en savoir plus. Et là, Steward confirme qu’il va passer la boite à d’autres avant de balancer la réplique qui
tue : il la donnera à des inconnus du couple. Norma et Arthur comprennent alors qu’ils ont tout pour être les prochaines cibles de la boite et que leurs jours sont peut-être comptés.
Maintenant que la possibilité d’une mort imminente se présente à eux, ils sont renvoyés à leurs paradoxes, leur égoisme. Ils ont commis une belle erreur. Ils essaient de rendre l’argent mais il
est trop tard.
A partir de là on bascule dans un trip barré et sensoriel, souvent cauchemardesque, où la réalité se déforme. On cogite alors sévère, on essaie de comprendre et en fait c’est à ce moment là qu’on se projette le plus, qu’on va se confronter à notre miroir. C’est d’ailleurs ce qui est dit à Arthur : il trouvera la vérité, peut-être une solution en regardant dans le miroir. Le scénario s’amuse à nous perdre, à opter pour une certaine abstraction. On apprend que Arlington Steward a été terrassé par la foudre, qu’il a ressuscité et que désormais il est l’intermédiaire privilégié avec un autre monde. La foudre qui lui est tombée dessus est liée à un accident de la Nasa. Peu importe le sort de certains malheureux quand il y va de l’évolution de la science. Cette chose qui veut tout expliquer…
Au destin tragique d’Arthur et Norma se mêle celui d’un homme dont la femme a été assassinée. Il parait qu’il est l’auteur du crime.
Cette femme morte est désignée comme la victime de la boite, soit la victime de Norma. Le point commun du veuf avec Arthur, c’est qu’il est lui aussi de la Nasa. Encore un homme de science,
fasciné par l’ailleurs, l’inexplicable, mais qui quelque part refuse la magie pour ne se laisser guider que par la raison. Un homme coupable donc aux yeux de l’autre monde. Voilà qui nous ramène
encore à la croyance. Et quand on y réfléchit bien, dès les premières minutes on nous tend la perche. L’enfant d’Arthur et Norma avoue qu’il ne croit plus au Père Noël, que de toute façon c’est
improbable. Un Père Noël qu’on recroisera d’ailleurs bien plus tard, en clin d’œil. Je me souviens m’être déjà interrogé sur ce point. Quand on est petit, on croit au Père Noël. Parce qu’on nous
dit que c’est possible, parce qu’on veut croire à la magie. On croit au Père Noël comme on croit en Dieu. Sauf que pour l’un à un moment on nous dit qu’il n’existe pas et pour l’autre on ne sait
jamais vraiment le fin mot de l’histoire.
Quand Arthur démonte la boite, elle est vide. Du coup il ne croit pas en ses éventuels pouvoirs. Cette boite peut représenter tout un tas de choses. Comme il est dit dans le film elle représente assez bien notre vie : on vit dans une maison, on prend des rôles dans nos vies personnelles, on travaille, on se pose devant la boite à images qu’est la télé, on reste dans nos cases jusqu’à la mort où on finit dans une boite justement. La boite ca peut aussi être la boite de Pandore, celle d’où jaillissent toutes les vérités. C’est aussi la boite du cinéma (« c’est dans la boite" qu’ils disent pendant un tournage ), cette boite qui nous fait rêver, qui nous apporte de la magie.
On peut percevoir dans l’œuvre un certain discours sur le conditionnement des êtres humains. Le livre phare d’Arlington Steward est
intitulé « Ressources Humaines ». Plusieurs significations, dont celle liée au travail, l’homme appelant les gens de l’autre dimension ses « employés ». On peut alors avoir
l’idée de The Box comme un énorme film social. Avec tous ces employés de l’autre monde obéissant comme des pantins, et finalement pas si éloignés de la majorité des êtres humains. Des humains
rongés par leurs envies matérialistes, leur égoïsme, qui se bouffent les uns les autres. On cite Sartres : "l'enfer, c'est les autres".
Le mot « test » revient plusieurs fois et propose une alternative à la fin explicative du film. La vie d’Arthur est brisée alors qu’il apprend qu’il ne sera pas astronaute à cause de son échec au test psychologique. Et si tout le film était ce test ? Et s’il échouait vers la fin ? L’erreur viendrait de son comportement, c’est un homme incapable d’affronter son destin. Il laisse Norma appuyer sur le bouton, toucher à l’objet défendu. Quand on lui propose de choisir parmi trois portes (une le guidera au salut, les autres à la damnation), il choisit la deuxième car on lui a indiqué avec insistance le signe « deux ». Et à la toute fin on lui demande de choisir entre une vie avec sa compagne , son million mais avec un enfant sourd et aveugle ou à laisser son enfant indemne mais pour cela il devra tuer sa femme. Deux choix ? Il y avait pourtant trois portes. Et que serait-il arrivé si Arthur s’était sacrifié lui-même ? L’idée ne lui est même pas passée par la tête. S’il avait eu vraiment foi en l’autre monde, au destin, en la magie, il n’aurait pas agit ainsi. Il aurait refuser qu'on lui impose un choix. Résultat : il tue sa femme, est arrêté et condamne son enfant à une vie loin de ses parents.
C’est bel et bien là l’énorme tour de force de The box. De proposer en plus d’une fin linéaire, des lectures alternatives qui changent complètement notre perception. Une œuvre de cinéma qui stimule, qui exulte notre imaginaire. Le tout avec des personnages merveilleusement écrits, une ambiance singulière, un univers fou, une reconstitution d’époque parfaite (l’action se passe dans les 70’s). Un film extrêmement fort, passionnant (les 1h55 me sont parues trop courtes, c’est dire !). Un chef d’œuvre.
Film sorti le 4 novembre 2009
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Mais j'ai lu les spoilers, donc je verrais tout ça en DVD.
C'est le genre de film ou tu tiens ou tu tiens pas.
Tu va dans un monde qui t'es ouvert ou par peur tu laisse tomber et t'essaye pas d'être transporté.
Le film à l'air génial, j'aime beaucoup Cameron Diaz surtout dans Vanilla Sky. Quel film magnifique !
Certains trouve que c'est un navet, moi je l'ai trouvé très bien mise en scène, c'est un film qui porte sur le même thème, la démence et l'égoïsme. Je te le conseille s tu ne l'a pas vu. :)
En tout cas j'ai bien envie de le voir. La critique ma donné envie. Je l'ai trouvé super bien écrite, j'étais dedans, c'était vivant, j'ai hâte de lire la prochaine ! :)
Et puis même avec spoilers, ce que je mets est ce que j'ai vu, tu trouveras probablement d'autres lectures avec tes propres obsessions et ton regard. Ne te prive pas de cette séance. C'est un film à voir en salles.
Et vraiment formidable !
J'ai adoré ça aussi !!!
je suis tenté d'aller le revoir ^^
Et d'ailleurs, au passage, message perso pour Aurélien:
J'ai A-DO-Ré laurent Lafitte !
Hilarant !!!
Et le fist au "Dépotoir"... je comprends mieux, maintenant... J'ai bien cru que j'allais mourir pendant ce sketch !!!
film agréable. J'y ai adoré le jeu de Cameron Diaz qui semble limiter à 3 expressions: la grace, le doute et l'effondrement ! Mais voir son visage completement décomposé était à chaque fois un grand moment, ses traits complètements déformés une étrange expérience.
Je me suis un peu perdu avec plaisir dans la reconstitution de l'époque aussi, j'y ai retrouvé le papier peint de mon enfance :)
Après sur le film lui même un peu long à mon goût. a mon sens une version moderne de l'histoire du péché originel. Les références ne manquent pas... la plus évidente et omniprésente restant cette eau à la fois "passage", rédemptrice...
D'emblée le film commence sur l'image de la box vu parfaitement de face: cet énorme bouton rouge ne peut pas ne pas faire penser à un sein et son téton rouge.
Après se déroule l'histoire de la condamnation éternelle. Et de la possible rédemption mais jamais trouvée.
une chose un peu gênante, intrigante... pourquoi le handicap de Norma ? suivant un symbolisme basique cinématographique, le personnage handicapé n'est pas humain. donc d'emblée on voit Steward (comme son nom l'indique il va les accompagner pendant leur voyage !) n'est pas humain...
Mais l'infirmité de Norma ? la femme dans le film et ce theme est toujours la coupable: ce sont toujours elles qui appuient sur le bouton. sacrés coquines :)
Mais justement comme Steward leur dit, il regrette ce qu'ils leur arrivent car ils sont le couple le plus admirable rencontré...
Du peu lu de Matheson, on pourrait interpréter que l'infirmité de Norma vient rattraper sa condition de femme et d'etre humain, parvient en partie à l'en extraire...
A ce sujet l'adaptation cinématographique de je suis une légende était une catastrophe. j'en suis sorti choqué car la fin hollywoodienne, grand guignolesque, était une réelle trahison au texte original qui au contraire finissait sur un beau retournement. Je pense que c'est la seule fois ou j'ai vu une telle licence p/ à une oeuvre. on y avait vidé toute idée pour n'y laisser que des images fortes d'un will smith dans un new york retourné à la nature.
bon écrire dans un encart de 5 cm n'est pas facile :D je ne sais plus ce que j'ai pu raconter, j'abandonne et arrete ici !
Rassuré foxart que tu es apprécié Lafitte... C'est vrai que le sketch où il fourre la dinde n'est pas des plus classiques et je peux comprendre que certains n'accrochent pas.
comme moi je pense que la fin estun piège car tout le film est un "test psychologique" pour le mari, qui est le vrai pecheur de l'histoire.
Le fils n'est pas innocent non plus. la caméra insiste qu'il voit et entend ce qui se passe dans la maison. Là où finalement il risque sa condamnation.
Michel Polac dans son délicat journal intime filmé, espionnait un oisillon insupportable et sa mère. devant ce spectacle il concluait que finalement l'amour d'une mère pour son enfant était la dernière chose qui lui faisait croire en l amour et l'humanité !
C'est pour moi le film le plus facile à comprendre qu'il est réalisé. Il le dis dailleurs dans les bonus qu'après son incompris (et pourtant magnifique) souuthland tales, il voulait faire quelque chose de plus accessible. Bien entendu, The Box ne vaut pas Donnie Darko (aucun film ne le vaut d'ailleurs :D), mais c'est vraiment un film très bon !
Concernant le commentaire au dessus sur l'infirmité de Cameron Diaz, faut pas chercher très loin. Le couple du film est en faite la retranscription des parents de Richard Kelly : son père bossait à la nasa, sa mère a eu un soucis au pied, et son père lui a fait une prothèse, tout comme dans le film. Il a juste accentué cette infirmité avec le blessure de la foudre de l'homme employé par les 'intelligences supérieurs' qui n'était pas blessé dans la nouvelle (que je n'ai pas lu d'ailleurs)
Enfin tout est dis pour la part autobiographie dans les bonus du Blu Ray (je pense que ce sont les même que ceux du dvd ;))
un film qu'y nous pose pleins de questions!
battons nous pour notre monde bien que l'on soit mal parti pour celà , la nature nous le rappelle souvent!
encore merci à Richard Kelly
tres bon film; the box ou la boite pour moi cela fait reference a une chose, le matérialisme et altruisme. le signe deux avec les deux doigts correspond a moi et moi ( i and i ) et pointe directement le symbole capitalisme c 'est a dire les deux tours du world trade center (hazard ou pas a vous de me dire) etrange
Merci pour votre interprétation !