
UN FILM DE LONE SCHERFIG
Angleterre, 1961. Jenny (Carey Mulligan) a 16 ans et est une élève brillante, en passe d’intégrer l’université d’Oxford. La jeune fille est sage et fait son maximum pour satisfaire les rêves de réussite que son père de condition modeste (Alfred Molina) a pour elle. Mais voilà qu’un jour de pluie, Jenny rencontre David (Peter Sarsgaard), un séduisant trentenaire. L’homme est élégant, raffiné, séducteur. Il va lui faire connaître un monde inconnu : celui des adultes, entre night clubs et ventes d’art. Très vite, une relation tendre s’instaure entre eux. David finit par en demander de plus en plus : il parvient à négocier avec les parents de l’adolescente qu’ils la laissent passer une soirée avec lui, puis un week end…et peut être une vie. Jenny finira par se retrouver confrontée à un choix important : choisir entre ses études ou l’homme dont elle est en train de tomber amoureuse. Et si justement ce dernier n’était pas exactement le prince charmant qu’il prétend être ?
Générique pop, jeunes filles au début des 60’s…Une éducation commence comme une énième production rétro sur les premiers amours
d’une adolescente. Sauf que Jenny l’héroïne va s’amouracher d' un homme de deux fois son âge. Dès le départ on ne pourra s’empêcher de remarquer à quel point le gaillard est entreprenant,
séducteur, manipulateur aussi. Mais son charme l’emporte sur les craintes et on s’envole avec Jenny vers des moments de grâce, ceux des sentiments ô combien vertigineux ressentis alors qu’un
premier amour arrive dans une vie. Le film séduira sans peine les jeunes filles comme les autres avec son mélange habile de candeur et de perversité.

Jenny est une fille sympathique, mignonne, le visage encore un peu poupon. Elle qui fut pendant tant d’années la bonne élève, va finir par découvrir qu’il y a une vie en dehors de ses cahiers. Plus que ça : elle va avoir la sensation de se sentir véritablement vivre pour la première fois. Elle le dira elle-même : sa première soirée passée avec David sera ni plus ni moins la plus belle de toute sa vie. Emportée par cet amour naissant, elle se voilera la face quand des détails intrigants, gênants, viendront menacer sa nouvelle vie de carte postale. Comme le titre l’indique, il sera avant tout ici question d’éducation. Car dans les années 60, une élève brillante promise à un bel avenir, ça n’avait pas la même signification qu’aujourd’hui. Nombreuses étaient celles à se contenter d’attendre de trouver un mari pour les entretenir. Jenny ne fait pas partie de ces filles-là, du moins c’est ce que l’on pense au départ. Car progressivement, son histoire d’amour va avoir des conséquences sur sa scolarité et elle devra finir par faire un choix. Peut-elle vraiment faire confiance à l’homme qui lui demande d’abandonner sa carrière pour lui ?
Une éducation, c’est cette belle éducation que Jenny a eu de ses parents modestes qui l’ont toujours poussé à se dépasser. C’est tout ce chemin qu’elle a parcouru pour être la jeune fille intelligente qui fait craquer David. Mais Une éducation, c’est aussi l’éducation sentimentale via cette rencontre décisive. Jenny va découvrir l’amour et aussi ses désillusions. Elle va vouloir grandir trop vite, passant de l’écolière en jupe à une petite femme à chignon, stylé Audrey Hepburn, en robe du soir. La grande force du film de Lone Scherfig est de toujours jouer la carte de la subtilité. Cette petite va morfler, va vivre des choses terribles, peut-être perdre à jamais son innocence mais tout cela sera montré à l’écran avec une belle pudeur. Les pires moments se résumant à un regard, une larme, un silence, une voiture qui s’en va. Discrètement, cette œuvre se mue en un portrait touchant de la féminité, montrant avec finesse à quel point ce sexe que certains disaient faible est d’une force et d’une grâce à toute épreuve.
Film sorti le 24 février 2010
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