Mercredi 8 avril 2009
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Originaire de Kalispell, dans le Montana, Michelle Williams a très tôt quitté le cocon familial pour gagner son indépendance. Actrice dès le plus jeune âge dans des productions
plus ou moins oubliables (Lassie, La Mutante…), elle apprend la vie devant les caméras. La majorité qui pointe à peine le bout de son nez, elle connaît une
notoriété subite en jouant le rôle de Jen Lindley dans la série adolescente Dawson. Un personnage de blonde fragile au passé trouble qui lui vaut l’animosité de
nombreux fans (certains l’attendaient à la fin du tournage pour lui jeter des bombes d’eau). Mise dans l’ombre face à une Katie Holmes que tout le monde considère alors comme la
grande révélation de la série, Michelle continue son parcours au cinéma en s’illustrant dans des œuvres un peu débiles (Dick) ou un peu scary (Halloween 20 ans
après qui lui donnera l’occasion de vivre une brève passion avec Josh Hartnett). Alors que certains tabloïds la coursent pour l’avoir vu embrasser une amie sur la bouche en plein New
York, la blonde au charme peu commun joue dans le téléfilm lesbien militant If these walls could talk 2 (Sex révélations en VF) aux côtés de Chloé
Sevigny.
Alors qu'à la télévision Jen Lindley multiplie les frasques avant de trouver la rédemption grâce à son amitié avec le gay Jack
McPhee, son interprète passe beaucoup de temps dans sa chambre à lire et à regarder des films. Une révélation ? Probablement puisqu’à partir de ce moment Michelle Williams ne s’illustrera
que dans de modestes productions. L’attachant Me without you sur l'amitié contrariée de deux jeunes adolescentes, des apparitions dans Prozac Nation, The
United States of Leland et The station agent. Tête d’affiche du film fauché et surréaliste The Hole in One, elle décroche également le premier rôle de
Land of Plenty de Wim Wenders sur l’amérique parano post 11 septembre. On remarquera une palette de jeu dense : la miss passe d’un rôle de jeune fille
débauchée et plantureuse à un rôle de femme catho et apaisée. Pas du tout narcissique, Michelle accepte la plupart du temps de se laisser filmer sans maquillage ou d’aborder un look résolument
butch.
2003 marque la fin du tournage de Dawson. Alors qu’elle persiste à participer à des films indépendants qui la
touchent (le mélo Imaginary Heroes et la comédie acidulée The Baxter où elle pousse la chansonnette lors de la scène finale), Michelle Williams avance,
discrètement. 2005 est définitivement l’année où tout bascule pour elle : le film Brokeback Mountain sort sur les écrans. C’est un choc, un film qui marque et qui restera.
L’actrice y joue avec beaucoup de sensibilité un second rôle de femme délaissée. Sur le tournage, c’est le coup de foudre avec Heath Ledger. Et 2006 lui amène une nomination aux
Golden Globes et aux Oscars ainsi que l’annonce d’un heureux évènement : une petite fille, Matilda.
Tout va très vite, les scénarios arrivent en nombre. Pas vraiment habituée à la notoriété , ou pire la célébrité, Michelle vit très
mal sa médiatisation. Elle a beaucoup de mal à faire le tri entre tous les projets qu’on lui propose. Elle s’affichera ainsi dans des projets de qualité variable : le mignon The
Hottest State, le brillant I’m not there où elle fait une apparition en muse warholienne, le raté thriller sexy Deception (Manipulation en VF) qui lui
offre enfin un rôle de blonde fatale et désirable, le déstabilisant Incendiary…
2008 est une année qui la marquera à jamais. Heath Ledger, dont elle était depuis peu séparée, décède dans de mystérieuses conditions
alors qu’elle s’apprêtait à finir le tournage du film Mammoth. Les médias se déchainent alors qu’elle est en deuil. Un calvaire pour cette artiste discrète et fragile, qui n’a
jamais été attirée par les paillettes. Ce sont pourtant bien des paillettes qui viendront la consoler au mois de Mai de la même année. Deux des films
dans lesquels elle a tourné, Synecdoche New York et Wendy and Lucy, sont sélectionnés à Cannes. Le premier en sélection officielle, le second dans la section Un certain
Regard. Lors de la projection du film de Kelly Reichardt, Michelle fait sa première apparition publique depuis la mort de son ancien amoureux. Alors que la lumière se rallume, le
public lui fait une standing ovation. Elle est gênée et bouleversée, c’est un grand moment d’émotion (et moi qui ait eu la chance de me trouver trois places juste devant elle, je peux vous dire
que l’envie de sortir mon mouchoir se faisait amplement sentir).
Après avoir été dirigée par Martin Scorcese dans Shutter Island (film attendu cette année à Cannes
où elle joue la femme de Leonardo Di Caprio), Michelle Williams décide de faire une pause d’un an. Pour s’occuper de sa fille, se reposer, bouquiner, voir les
copines, profiter de son nouvel amour (le réalisateur Spike Jonze)…De ce petit bout de femme dont la carrière s’avère des plus prometteuses, on retiendra une justesse et une
fragilité rares. Une présence discrète mais souvent bouleversante. Elle peut tout jouer. A savourer dès aujourd’hui dans les salles avec le très beau et modeste Wendy and Lucy.
Crédits Photos : Nylon Magazine et Imdb
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