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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries,gay) et futilités.

Crédit Photo : Memento Films
Toby (Michael Pitt) est un SDF qui dort dans des bacs à ordures et pioche dedans pour se restaurer quand il a faim. Comme tout le monde, le milieu du show bizz le
fait rêver et il est le premier à fantasmer sur la pop star du moment : la pulpeuse Kharma (Alison Lohman). Un jour, il tombe par hasard sur une bande de paparazzis hystériques
tentant de prendre la star en photo. N'ayant rien à perdre, il accoste un des mitrailleurs et lui demande de l'héberger le temps d'une nuit. A son aise, Toby demande à son nouvel ami , le barré
Les (Steve Buscemi), de faire de lui son assistant. Les accepte et voilà que Toby devient son homme à tout faire pour pas un rond. C'est parti pour une vie où surprendre un
people sortant d'une oppération au sexe est un bonheur, où les soirées VIP sont inaccessibles, où voler les paquets cadeaux est un devoir, où les attachés de presse hystériques sont prêts à tout
pour faire la une des magazines. Rapidement, une amitié se tisse entre Les, loser avec un grand "L" qui rêve d'être photographe mais se contente d'une "presse poubelle", et Toby, SDF fasciné par
ce milieux artificiel. La chance tourne, Toby va être remarqué par un agent. L'amitié des deux hommes va alors être compromise...
La photographie est arty, les artifices ne manquent pas et parfois le film de Tom Dicillo vire au kitsch et tombe dans le mauvais goût. Mais quelque part, cette surenchère
d'effets tocs colle bien avec son sujet. C'est la critique d'un milieu superficiel où les plus petites choses prennent des proportions énormes, où la starisation immédiate de la real Tv changent
des vies et lobotomise les spectateurs. Doté d'un cynisme réjouissant, Delirious trouve sa force dans des dialogues mordants et surtout grâce à un casting impeccable.
Steve Buscemi est parfait en vieux raté donneur de leçons alors que lui-même redevient un gosse face au strass et aux paillettes. Pitt et Lohman
jouent leur rôle stéréotypé parfois jusqu'à outrance et avec un savoureux second degré. Voilà donc une comédie intelligente et lucide qui ne marquera surement pas son temps mais qui s'inscrit
parfaitement comme un agréable divertissement indé.
Publié le 19/12/2008 à 17h30 dans Le blog cinéma