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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries,gay) et futilités.

Copyright : Diaphana Films
UN FILM DE BONG JOON-HO
Do-joon (Won Bin) est un jeune homme pas comme les autres. C’est un attardé. Il passe son temps à trainer avec un ami, un mec à problèmes. Ce qui n’est pas pour plaire à sa mère (Kim Hye-Ja). Cette dernière est du genre surprotectrice, toujours après son fils. Comme si son léger handicap l’empêchait de grandir, elle le voit toujours tel un petit garçon dépendant. Mais voilà qu’après une nuit d’ivresse, les choses dérapent pour Do-joon. Une fille est retrouvée morte et on l’accuse d’être l’auteur du crime. Le garçon est trop bête pour se défendre et risque de passer de nombreuses années en prison. Sa mère va alors tout faire pour prouver son innocence, pour retrouver le véritable auteur du meurtre. Elle sera seule dans cette quête, son avocat ne pensant qu’au fric et les gens ne s’intéressant guère au sort de son « petit »…
Après le film de monstres The Host, Bong Joon-Ho revient à un genre proche d’un de ses premiers
films, Memories of murder : le thriller. Tout le long de cette nouvelle production, nous suivrons une enquête trépidante. L’originalité tient en un habile
mélange de fiction au suspense bien dosé (réelle tension , l’envie de plus en plus forte de connaître le dénouement) et de drame familial (une relation mère-fils très forte, assez malsaine
même). Le tout saupoudré d’une bonne d’humour décalé. Il est toujours réjouissant de voir un film qui n’emprunte pas des chemins balisés, qui est souvent là où on ne l’attend pas, qui surprend.
L’originalité est ici partout (un scénario stupéfiant, des personnages singuliers, un mélange des genres décomplexé) . Le projet témoigne d’une belle maitrise et multiplie les plans et effets
d’une grande beauté sans jamais tomber dans l’artificiel.
Bien plus qu’un thriller haletant, Mother est comme son titre l’indique avant tout le portrait d’une mère. Une mère interprétée brillamment par Kim Hye-Ja qui nous offre un jeu à la fois fantaisiste, sensiblement à vif et parfois carrément au bord de la folie. On effleure avec intelligence le rapport particulier qui peut se nouer entre un fils attardé, différent, et une maman seule. Son fils, c’est toute sa vie, elle ferait tout pour lui, même l'impensable. Le tour de force de Bong Joon-Ho est de rendre cette relation très affective particulièrement émouvante sans jamais sortir la carte du mélo. La figure de la mère est ainsi passée au crible et génère des émotions multiples : on rit d’abord face à son côté envahissant, on est un peu troublé par son rapport étrange à son petit garçon avec lequel elle continue à dormir (!), on est enfin submergé face à son combat pour rétablir la vérité et sa façon de composer avec.
Avec élégance et intelligence, le réalisateur nous offre un divertissement d’excellente tenue, surprenant et universel…et bien plus sombre et profond qu’on ne pouvait l’envisager. Jouissif et particulièrement habile.
Publié le 05/12/2009 à 17h17 dans Le blog cinéma